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	<title>Harrystaut &#187; Jacqueline de Romilly</title>
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		<title>Rendre justice aux sophistes</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 16:29:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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Classiquement, parce qu&#8217;il faut bien au mois de Septembre, en terminale, positionner nettement Socrate par rapport aux penseurs de son temps, on l&#8217;oppose à tout ce que l&#8217;Athènes d&#8217;alors peut compter d&#8217;autorités culturelles : politiques désireux de sauver la démocratie de l&#8217;ironie socratique, religieux soucieux de voir la croyance devenue superstition servir encore quelques temps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: justify;">Classiquement, parce qu&#8217;il faut bien au mois de Septembre, en terminale, positionner nettement Socrate par rapport aux penseurs de son temps, on l&#8217;oppose à tout ce que l&#8217;Athènes d&#8217;alors peut compter d&#8217;autorités culturelles : politiques désireux de sauver la démocratie de l&#8217;ironie socratique, religieux soucieux de voir la croyance devenue superstition servir encore quelques temps d&#8217;opium à un peuple de plus en plus sevré, et sophistes.<br />
Sophistes surtout, en fait. Parce qu&#8217;il est commode d&#8217;opposer le désintéressement socratique, l&#8217;errance dans les rues à la recherche d&#8217;une discussion à la faveur de laquelle un notable du savoir du moment, un équivalent de nos Zemmour, de nos Julliard, va se trouver soudainement tout dégonflé, son vide révélé à des spectateurs souvent hilares, voyant dans cette mise à nu des &laquo;&nbsp;rois&nbsp;&raquo; de la sagesse un spectacle réjouissant, il est aisé, disais-je, d&#8217;opposer ce vagabondage de Socrate à l&#8217;allure des sophistes, ayant pignon sur rue, vendant leur savoir à qui voulait l&#8217;acheter, oeuvrant comme mercenaires de la rhétorique pour défendre les idées du plus offrant. Le peuple des rues contres les marchands du temple.<br />
Pourtant, derrière les sophistes se posent des questions bien plus importantes que celle du commerce qu&#8217;ils osent faire de leur art (après tout, les professeurs de philosophie ne viennent pas tout à fait gratuitement faire cours, et si celui qui tient ce blog distribue à tout va ce contenu sur le net, c&#8217;est bien parce que son salaire de fonctionnaire lui offre le loisir de cette distribution, après tout, il faut bien vivre, comme on dit). Souvent réduits à être les dindons de la farce socratique, on ne peut pourtant que difficilement oublier que les méthodes de Socrate lui-même doivent énormément aux techniques de combat oratoire dans lesquelles les sophistes excellent, et qu&#8217;il peut être considéré comme un champion dans leur propre championnat. D&#8217;autre part, les sophistes sont au coeur d&#8217;un débat qui secoue le monde intellectuel de ce temps là, car ils affirment pouvoir apprendre, contre salaire, rien moins que d&#8217;être sage. Un tel projet scandalise beaucoup, et accompagne pourtant le mouvement démocratique : enseigner la sagesse, c&#8217;est affirmer que n&#8217;importe qui peut y accéder, qu&#8217;elle n&#8217;est plus réservée à une aristocratie qui la conserverait comme un bien précieux inaccessible aux classes inférieures. D&#8217;une certaine manière, on peut affirmer que la promesse sophiste d&#8217;apprendre à qui le veut la sagesse peut être considérée comme la condition nécessaire pour que la démocratie ne tourne pas à la tyrannie de ceux qui, justement, ne seraient pas sages. A strictement parler, cela aurait du rassurer Socrate quant à ses inquiétudes vis à vis de la démocratie.<br />
Reste pourtant que pour enseigner la sagesse, encore faut il la posséder. Et c&#8217;est sur ce point que Socrate pourra le plus efficacement attaquer ses frères ennemis, qui feront l&#8217;objet de multiples attaques dans les dialogues platoniciens, censées démontrer le caractère mensonger de leur prétendue sagesse, ce qui participe à l&#8217;ironie de l&#8217;histoire, puisque c&#8217;est précisément un des chefs d&#8217;accusations lancés contre Socrate, que d&#8217;avoir remis en question l&#8217;autorité des sages et avoir prétendu l&#8217;être lui-même davantage.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est bon, pour que l&#8217;histoire soit juste, de redonner aux sophistes leur juste place dans une Athènes qui ne se reconnaît pas tant que ça dans la condamnation à mort de Socrate. C&#8217;est la mission que se donne Jacqueline de Romilly dans ce cours donné au Collège de France. Jacqueline de Romilly est ce qu&#8217;on pourrait appeler une Dame; cela peut parfois donner un style un peu désuet qui pourrait donner à sourire si on oubliait qu&#8217;elle fut l&#8217;une des premières femmes latinistes et helléniste en France. Elle passa sa vie à cotoyer les anciens à travers les textes et fragments qui nous sont parvenus. On sens d&#8217;ailleurs à travers son cours qu&#8217;elle partage littéralement sa vie avec ces penseurs dont elle parvient non seulement à transmettre mais aussi à rendre vivante la pensée. certains feront peut être la fine bouche, considérant que les recherches en histoire de la philosophie ont aujourd&#8217;hui poussé les investigations plus loin. Certes. Il n&#8217;en demeure pas moins que pour dresser un paysage culturel, et placer Socrate dans l&#8217;univers intellectuel qui fut le sien, ce cours demeure très indiqué. Ajoutons qu&#8217;il présente quelques récréations bienvenues, entre autres la lecture d&#8217;extraits tout à fait étonnants de la pièce d&#8217;Aristophane, Les Nuées, qui permet de saisir à quel point l&#8217;Athènes de ce temps était déjà chargée de polémiques, confrontations d&#8217;attitudes, de pensée.</p>
<p style="text-align: justify;"> <br /><img src="http://medias.harrystaut.fr/Romilly.jpg" alt="media" /><br />
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<p style="text-align: justify;">pour le lire directement sur Windows Media Player :<br />
 <a href="http://medias.harrystaut.fr/Sophistes.mp3">http://medias.harrystaut.fr/Sophistes.mp3</a></p>
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