Aimer totalement

Pour compléter l’article précédent. Rien que pour la musique de Georges Delerue, les filtres rouge, puis bleu, le parcours à double sens sur le corps de Brigitte Bardot, les mots si importants, qui s’approchent au plus près, font dans le détail et mettent à distance à la fois, parlent du corps, puis de son reflet, ne sont eux mêmes que reflet d’un corps à jamais image, inaccessible, qu’on ne pourra aimer que totalement, tendrement, tragiquement cependant, parce qu’il s’agit là

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Initier B.B.

Récemment, j’ai eu le plaisir de travailler, en l’approfondissant « un peu », la fameuse séquence qui ouvre presque le Mépris de Godard, celle qui se situe juste après le juste-un-peu-moins-fameux – aux yeux du grand public, mais pas des cinéphiles – générique parlé mettant en scène le chef opérateur de Godard, Raoul Coutard, aux commandes de sa caméra. Ça m’a donné l’occasion de lire pas mal de choses au sujet de Godard, dont la fameuse biographie signée par Antoine de Baecque.

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Roadrunner

J’ai récemment travaillé avec mes élèves sur l’observation approfondie de Stylo, un clip de Gorillaz, une course poursuite entre pony-cars animée par un Bruce Willis livré à lui-même. Leur boulot consistait à montrer qu’on retrouvait dans ce concentré de road-movie quelques uns des gènes essentiels du western. Mon boulot, c’était de les corriger, et de les inviter à pousser le plus loin possible l’observation et le propos.  Alors voici :  2D est le membre principal de Gorillaz qui incarne le

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Negan

Finalement, il se passe dans The Walking Dead un peu ce qui s’est peu à peu passé dans le western : peu à peu, l’ennemi se fait plus proche. Si au départ, pour les colons, l’ennemi c’était les indiens, peu à peu, ceux-ci disparaissent du paysage, pour ne laisser parfois d’eux-mêmes que quelques vestiges ou un souvenir des temps sauvages (Dans L’Homme qui tua Liberty Valance, à Capitol City, Peabody évoque en termes peu valorisants les indiens comme un équivalent

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Law and Order

A l’Ouest, à la fin du 19ème siècle, c’est en diligence que Ramson Stoddart rejoint une première fois Shinbone, . A l’Est, c’est à cheval que Rick Grimes rejoint sur une autoroute à moitié déserte la ville d’Atlanta. Le premier vient apporter une loi qu’il pense pouvoir se suffire à elle-même, afin de mettre fin au règne de la force. Le second est l’incarnation de la force légale, et ne sait pas encore à quel point il va devoir fermer

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Eurythmics

  Il y a quelque chose de curieux à faire du film de Chaplin, Les Temps modernes, une référence automatique dans les dissertations portant sur le travail. Qu’un film qui envoie le personnage de Charlot à l’usine comme on verserait du sable dans les rouges des mécanismes d’une horloge, fasse à son tour l’objet d’une telle mécanique argumentative, ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Et à vrai dire, si cette illustration est encore possible, c’est qu’elle n’en est

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Rewind

En 1963, Jacques Demy ouvre son second film, La Baie des anges, sur une femme marchant sur la Promenade des anglais. Le regard de la caméra s’en éloigne aussitôt, instaurant avec elle la distance que le héros du film ne cessera, dès lors, de parcourir à l’endroit, le mouvement initial du cinématographe faisant, lui, le chemin à l’envers. C’est donc un travelling arrière qui ouvre La Baie des anges. Comme si on pouvait remonter le temps. Toute image porte en elle

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Vortex

L’un des premiers gestes de cinéastes de Maurice Pialat fût un court métrage, réalisé sous la forme d’un magnifique essai visuel, intitulé L’Amour existe [http://www.harrystaut.fr/2016/01/filmer-ou-faire-lamour/]. Les derniers mots du texte écrit par Pialat affirmaient qu' »un simple changement d’angle suffit« , ouvrant une perspective qu’on aurait pu croire, jusqu’à cet instant, impossible. Alors, trouant le désespoir, on se disait que oui, peut-être, l’amour pourrait exister, et qu’il consisterait en ce décalage, en ce mouvement circulaire qui consiste à contourner tout ce qui

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Quelques kilomètres de trop à l’écart

Pour compléter l’article précédent, et offrir à ceux qui le désirent la possibilité de lire le texte de Pialat, dont le film n’est cependant pas une illustration, en voici la retranscription. Mais il ne prend véritablement son sens qu’accompagné par sa mise en image, et la musique de Georges Delerue : « Longtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire

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Filmer ou faire l’amour

De Maurice Pialat, on connait surtout les longs métrages, réputés pour engager entre fiction et réalité une relation complexe qui serait comme un dévoilement, dévoilement progressif de ce dont le film est l’image, mais aussi dévoilement de ce qu’est le film, lui-même, et de ce que sont tous ceux qui y participent; on connait moins ses courts métrages, réalisés alors qu’il passe progressivement de la peinture, son premier art, au cinéma. On retrouve, dans le premier court qu’il réalisera professionnellement le rapport

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