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	<title>Harrystaut &#187; Deadlines</title>
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		<title>DupliCité</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 14:33:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Jean-Pierre ATTAL
2001-2011 &#8211; 10 ans de recherche
15 septembre au 15 octobre 2011
galerieolivierwaltman
Paris &#124; Miami
74, rue Mazarine 75006 Paris
galeriewaltman.com t : + 33 1 43 54 76 14
contact : Olivier Waltman/ Mathias Coullaud
http://www.galeriewaltman.com/menu.html
ouvert du lundi au samedi de 10h30 à 19h30
Depuis 2004, une proportion non négligeable d’élèves de terminale, en filière générale, utilise au quotidien un [...]]]></description>
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<p style="text-align: right">Jean-Pierre ATTAL<br />
2001-2011 &#8211; 10 ans de recherche<br />
15 septembre au 15 octobre 2011</p>
<p style="text-align: right">galerieolivierwaltman<br />
Paris | Miami<br />
74, rue Mazarine 75006 Paris<br />
galeriewaltman.com t : + 33 1 43 54 76 14<br />
contact : Olivier Waltman/ Mathias Coullaud<br />
<a href="http://www.galeriewaltman.com/menu.html" target="_blank">http://www.galeriewaltman.com/menu.html<br />
</a>ouvert du lundi au samedi de 10h30 à 19h30</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://www.harrystaut.fr/files/2011/10/labyrinthe3.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2048" src="http://www.harrystaut.fr/files/2011/10/labyrinthe3.jpg" alt="" width="494" height="201" /></a>Depuis 2004, une proportion non négligeable d’élèves de terminale, en filière générale, utilise au quotidien un manuel de philosophie (le &laquo;&nbsp;<em>Hatier</em>&laquo;&nbsp;, réalisé sous la coordination de Michel Delattre et Chantal Demonque) dont la couverture un peu hypnotique est illustrée par une photographie de Jean-Pierre Attal, intitulée <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Labyrinthe</strong></em></span> (2004).</p>
<p style="text-align: justify">Jusqu’au 15 Octobre, ces élèves seront peut être heureux de pouvoir redécouvrir la couverture de leur manuel accrochée, dans un format bien plus respectueux du tirage originel, sur lesmurs de la galerie Olivier Waltman, à Paris.</p>
<p style="text-align: justify">Le travail de Jean-Pierre Attal s’occupe des territoires qui servent de théâtre à nos opérations financières : façades d’immeubles de bureaux, banlieues pavillonnaires, grilles urbaines quadrillant comme sur un repère orthonormé la place de chacun la superficie à laquelle on peut prétendre, les amas qu’il faut bien accepter d’intégrer, comme le feraient, au sein de leurs alvéoles, des abeilles. Les photographies d’Attal pourraient tout à fait évoquer l’insociable sociabilité des hommes telle que Kant la décrit : cette nécessité dans laquelle ils sont de s’associer, tout en aspirant à la solitude. Les open-spaces soigneusement délimités, sans être pour autant cloisonnés, témoignent de cette double nécessité, dès lors qu’elle se plie aux lois du management qui semblent ne conserver du projet de co-développement humain que la rationalisation technique. Le monde fixé par Attal est hyper rationnel. Il n’est d’ailleurs pas naturel puisqu’un travail numérique de duplication, de juxtaposition de cases saisies individuellement produit ce monde à la manière dont lui-même produit les biens et les services qu’il répand, à la chaine, sur les marchés. Pour autant, de cette interaction humaine poussée à la pointe de sa rentabilité, il n’émane aucune humanité. L’homme en semble étrangement absent, tout comme les œuvres sembleraient pouvoir être le fruit d’une production mécanisée, infomatique.</p>
<p style="text-align: justify">Il est intéressant qu’une couverture de manuel de philosophie donne à voir l’encadrement contre lequel la philosophie elle-même pourrait être un des outils d’émancipation.</p>
<p style="text-align: justify">On peut donc, jusqu’au 15 Octobre 2011, aller se perdre dans le dédale de nos propres superstructures.</p>
<p style="text-align: justify">Le dossier de presse de l&#8217;exposition est consultable ici : <a href="http://www.galeriewaltman.com/comunnique-de-presse/Communique_de_presse_Attal-%20septembre-octobre_2011.pdf" target="_blank">Communique_de_presse_Attal-20septembre-octobre_2011.pdf</a></p>
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		<title>Nyctalopie passagère</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Sep 2011 14:38:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Paris ne vit plus la nuit, paraît-il. Exception faite, peut-être de la nuit blanche à laquelle les parisiens et franciliens sont conviés, chaque année depuis dix ans, lors du premier week-end d’Octobre.
Tous les ans, j’encourage mes élèves et lecteurs à profiter de cette nuit pour aller à la rencontre de l’art contemporain sans s’embarrasser du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: justify">Paris ne vit plus la nuit, paraît-il. Exception faite, peut-être de la nuit blanche à laquelle les parisiens et franciliens sont conviés, chaque année depuis dix ans, lors du premier week-end d’Octobre.</p>
<p style="text-align: justify">Tous les ans, j’encourage mes élèves et lecteurs à profiter de cette nuit pour aller à la rencontre de l’art contemporain sans s’embarrasser du cérémonial parfois intimidant des musées, dans <a href="http://www.harrystaut.fr/2011/09/nyctalopie-passagere/nuit-blanche/" rel="attachment wp-att-2010"><img class="alignright size-medium wp-image-2010" src="http://www.harrystaut.fr/files/2011/09/nuit-blanche-300x257.jpg" alt="" width="300" height="257" /></a>une ambiance qui installe l’art à portée de tous, en développe le caractère « partagé » sans interdire pour autant telle ou telle rencontre appelant au recueillement ou à la contemplation. Les oeuvres sont lâchées dans la nature et c&#8217;est l&#8217;occasion ou jamais de les rencontrer sans intermédiaire et de leur permettre de produire leurs effets. Ou pas.</p>
<p style="text-align: justify">Il y a tellement de propositions qu’on aurait du mal à en sélectionner quelques unes. L’idée de la nuit blanche semble plutôt de susciter des errances urbaines sans véritable programme établi. Il s’agit de rencontres, de hasards, d’heureux croisements de trajectoires, tant avec les œuvres, les artistes qu’avec les autres noctambules. Pour une nuit, la ville est plutôt conviviale, preuve que soigner l’espace public, rassembler des inconnus autour de biens communs installés là gratuitement, partager des expériences participe à constituer un « vivre ensemble » (parce que pour une fois, on propose une réponse ouverte à la question « vivre ensemble, d’accord, mais quoi ?)</p>
<p style="text-align: justify">Il y en a pour tous les goûts, du politique (<span style="text-decoration: underline"><em><strong>Trackers</strong></em></span>, installation de Rafaël Lozano-Hemmer à la Gaieté lyrique (un lieu qu’on conseillerait ardemment aux élèves d’aller découvrir), <span style="text-decoration: underline"><em><strong>The Grand Finale</strong></em></span>, video de Karmelo Bermejo articulée autour du mot « récession » (la crise s’invite dans l’art) au lycée Chaptal, <span style="text-decoration: underline"><em><strong>La concentration des services</strong></em></span>, installation de Julien Berthier sur le Terre-plein du métro Anvers), du portrait (<span style="text-decoration: underline"><em><strong>Le Réveil de la fille</strong></em></span>, projection de Jean-Christophe Choblet, Thierry Payet et Valérie Thomas à la galerie W), de l’exploration urbaine (<span style="text-decoration: underline"><em><strong>Fermé au public</strong></em></span>, installations d’Elisatbeth Czihak, Florimond Dupont et Ben Sandler à la galerie Jeune Création), des stars (<span style="text-decoration: underline"><em><strong>Girls Tricky</strong></em></span>, video de Steve McQueen à la Cigale, <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Demain le ciel sera rouge</strong></em></span>, installation de Christian Boltanski au Théâtre de l’Atelier, <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Henry Rebel Drawing</strong></em></span>, installation video de Douglas Gordon mettant en scène henry Hooper (que connaissent ceux qui ont vu <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Restless</strong></em></span>, de Gus Van Sant) à la Machine), des propositions plastiques (<span style="text-decoration: underline"><em><strong>Caténaires</strong></em></span>, sculpture en parpaings de Vincent Gavinet à la Bibliothèque historique de la ville de Paris,<span style="text-decoration: underline"><em><strong> Chaos</strong></em></span>, installation de Szajner, au Square du Temple) ou musicales (le Cabaret contemporain à la mairie du 3ème arrondissement, <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Solitude-Silence</strong></em></span>, video et performance musicale de Thomas Bjelkeborn et Michael Larsson à l’Institut suédois, <span style="text-decoration: underline"><em><strong>Minimal mix</strong></em></span>, performance musicale de Rhys Chatham et Joseph Ghosn au collège des Bernardins), etc.</p>
<p style="text-align: justify">Aucune promesse de satisfaction, aucune garantie de faire, cette nuit là, une rencontre essentielle. Mais des pistes qui s’ouvrent, sans doute, des portes à entrouvrir, des univers à scruter sous les étoiles, et un retour au petit matin, pour se coucher à l’heure où, d’habitude Paris, s’éveille.</p>
<p style="text-align: justify">Le programme de la Nuit blanche se trouve ici :<br />
<a href="http://nuitblanche.paris.fr/pdf/NuitBlanche_Programme_2011.pdf" target="_blank">http://nuitblanche.paris.fr/pdf/NuitBlanche_Programme_2011.pdf</a></p>
<p style="text-align: justify">Le site présentant le dispositif est à cette adresse :<br />
<a href="http://nuitblanche.paris.fr/" target="_blank">http://nuitblanche.paris.fr/</a></p>
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		<title>Oiseux de nuit</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Oct 2010 04:41:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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Dans sa célèbre expression qui pourrait sembler relever du documentaire animalier, Hegel affirmait que la chouette de Minerve ne prend son envol qu&#8217;à la tombée de la nuit. Voila qui est de bon augure pour la nuit blanche qui est, comme tous les ans, proposée aux parisiens et franciliens amateurs d&#8217;art (pour certains) et simples [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa célèbre expression qui pourrait sembler relever du documentaire animalier, Hegel affirmait que la chouette de Minerve ne prend son envol qu&#8217;à la tombée de la nuit. Voila qui est de bon augure pour la nuit blanche qui est, comme tous les ans, proposée aux parisiens et franciliens amateurs d&#8217;art (pour certains) et simples noctambules (pour d&#8217;autres).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la neuvième fois, les rues de Paris sont, ce soir et pour la nuit entière, investies par de nombreux artistes et par un public composé pour partie d&#8217;amateurs d&#8217;art contemporain, pour partie de franciliens qui profitent d&#8217;une des dernières nuits automnales où l&#8217;on peut déambuler dans un Paris qui devient, pour une nuit, un territoire à explorer.</p>
<p style="text-align: justify;">Les propositions sont si nombreuses qu&#8217;il semble difficile de conseiller tel ou tel parcours, et ce d&#8217;autant plus qu&#8217;à la différence de ce que peut proposer un <a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/10/P1100169.jpg"></a><a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/10/P1100169.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1670" title="P1100169" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/10/P1100169.jpg" alt="" width="350" height="280" /></a>musée, dans lesquelles les oeuvres sont établies et installées, cette nuit ne propose sans doute pas ce qu&#8217;on appelle des chefs d&#8217;oeuvre. Il s&#8217;agit plutôt d&#8217;une multitude de propositions, jouant sur un spectre large la gamme de ce que l&#8217;art peut, de nos jours, proposer. Mieux vaut dès lors déambuler sans préjugés, sans s&#8217;attendre à des expériences déjà répertoriées, et c&#8217;est peut être là une condition nécessaire pour éprouver une véritable expérience esthétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, sous les auspices de l&#8217;enseigne lumineuse &laquo;&nbsp;RESPUBLICA&nbsp;&raquo; de l&#8217;artiste Nicolas Milhé, dont les lettres éblouissantes sont plantées dans l&#8217;obscurité dans le parking de l&#8217;Alma, on pourra indiquer, pour les amateurs de sagesse que nous sommes, au collège des Bernardins (Paris 5è), la lecture de textes extraits des <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Confessions</span></em></strong> de Saint Augustin, choisis parmi les passages qui s&#8217;intéressent au Visage, alternant avec des intermèdes musicaux joués à la Kora par Jacques Bertin, ou bien la Nuit Blanche Soufie, toujours avec Saint Augustin, mais cette fois ci croisé avec des lectures puisées dans les oeuvres mystiques soufie, à l&#8217;Institut du monde arabe (Paris 5).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si on devait faire une sélection spécifique pour les élèves de Terminale littéraire, on les enverrais volontiers vers les jardins du Trocadéro, où le collectif Soundwalk propose une installation sonore inspirée de <strong><em><span style="text-decoration: underline;">l&#8217;Iliade</span></em></strong> et de <strong><em><span style="text-decoration: underline;">l&#8217;Odyssée</span></em></strong>, intitulée <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Ulysse&#8217;s Syndrome</span></em></strong>. S&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;une illustration sonore des tribulations d&#8217;Ulysse et de ses compagnons, le déplacement ne serait sans doute pas indispensable. Mais la proposition est plus fine que cela : il s&#8217;agit plutôt de retrouver des codes sonores qui permettent de restituer cette espèce de &laquo;&nbsp;sentiment océanique&nbsp;&raquo; qui peut nous prendre lorsqu&#8217;on plonge dans ce poème, et ainsi de toucher à cette ambition de saisir dans ses bras le monde dans sa totalité, comme si soudainement, on était connecté à cet univers par delà ce que nos sens permettent. Le collectif de designers sonores a voulu restituer cet impression méditerranéenne en s&#8217;appuyant sur les sons transmis par les marins naviguant au beau milieu de ces terres si diverses, pourtant toutes tournées vers cet espace commun, la mer pouvant être envisagée comme une espèce particulièrement vaste de place du village. Conversations de pêcheurs libyens, communications en morse entre ports et cargos, langues inconnues, ce sont des pièces sonores, qu&#8217;on a bien envie de désigner comme musicales qui, faisant escale dans les grands ports méditerranéens, forment mises bout à bout, un ensemble de 24 heures d&#8217;immersion sonore qui ravira ceux qui écoutant les météos marines seulement parce qu&#8217;elles constituent un voyage dans un vocabulaire étranger, promesse de départs sans retour programmé, petite tranche de nomadisme dans des vies installées, un périple sonore qui convoque la mémoire des textes antiques en prenant soin de ne surtout pas les citer. Pour ceux qui ont envie de saisir le texte d&#8217;Homère sous un tout autre angle, les jardins du Trocadéro émettent donc cette nuit un chant des sirènes par lequel il est peut être bon de se laisser séduire.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour se faire une idée, le site de Soundwalk propose quelques extraits en écoute, mais ces sont de courtes séquences, qui ne peuvent constituer que des amuse-tympans. E, revanche, on pourra naviguer dans le site lui-même, qui permet de découvrir les autres installations de ces sound-designers, qui sont un bon point de départ pour découvrir tout ce pan de la musique contemporaine qu&#8217;est le montage effectué à partir de field-recording, qui semble être l&#8217;équivalent actuel de la citation des cultures sonores populaires dans la musique savante du passé.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui suivraient ce parcours, et qui erreraient dans Paris jusqu&#8217;au petit matin, on ne peut que conseiller de se tourner vers l&#8217;Est, alors que Paris verra de nouveau le jour, portant ses regards inquiets vers les rayons du soleil levant, et d&#8217;avoir une pensée pour les mots de Victor Hugo à propos d&#8217;Homère :</p>
<p style="text-align: justify;"> « Le monde naît, Homère chante. C&#8217;est l&#8217;oiseau de cette aurore »</p>
<p style="text-align: justify;">Les oiseaux de nuit devront alors se mettre à l&#8217;abri de la lumière trop crue du soleil. La chouette de Miverve se couche au lever du jour.</p>
<p style="text-align: justify;">On ajoutera que, toujours dans les jardins du Trocadéro, le duo d&#8217;artistes Radiomentale propose des projections vidéo directement dans les arbres, qui n&#8217;ont pas encore perdu leurs feuilles, et fournissent donc un écran mobile, forcément flou, d&#8217;images tirées du cinéma muet fantastique. Ce jeu avec la mémoire cinématographique, aussi évanescent que peut l&#8217;être la mémoire cinématographique devrait plonger les cinéphiles dans une douce nostalgie.</p>
<p style="text-align: justify;">Suppléments :</p>
<p style="text-align: justify;">pour <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Ulysse&#8217;s Syndrome</span></em></strong>, de Soudwalk : <a href="http://www.soundwalk.com/#/INSTALLATIONS/ulysses/">http://www.soundwalk.com/#/INSTALLATIONS/ulysses/</a><br />
pour Radiomentale : <a href="http://radiomentale.wordpress.com/">http://radiomentale.wordpress.com/</a><br />
pour Nicolas Milhé : <a href="http://www.nicolasmilhe.com/nicolasmilhe.pdf">http://www.nicolasmilhe.com</a></p>
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		<title>Foinction</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Aug 2010 13:23:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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Lieu : Le Lieu du design
74 rue du Faubourg Saint-Antoine
75012 Paris
Dates : jusqu&#8217;au 21 Août.
Renseignements : www.lelieududesign.com
Coût : Gratuit
On a appris à reconnaître les objets d’art à ceci : ils sont inutiles, ne répondant à aucun besoin. Ainsi, sur les pas de Kant, on distingue d’un côté les objets issus d’un déterminisme qui conduit l’homme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: right;">Lieu : Le Lieu du design<br />
74 rue du Faubourg Saint-Antoine<br />
75012 Paris</p>
<p style="text-align: right;">Dates : jusqu&#8217;au 21 Août.</p>
<p style="text-align: right;">Renseignements : <a href="http://www.lelieududesign.com" target="_blank">www.lelieududesign.com</a></p>
<p style="text-align: right;">Coût : Gratuit</p>
<p style="text-align: justify;">On a appris à reconnaître les objets d’art à ceci : ils sont inutiles, ne répondant à aucun besoin. Ainsi, sur les pas de Kant, on distingue d’un côté les objets issus d’un déterminisme qui conduit l’homme à les produire (un besoin, un système économique qui réclame en permanence de la nouveauté pour alimenter le marché et renouveler <a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/08/67.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1615" title="67" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/08/67-300x172.jpg" alt="" width="300" height="172" /></a>artificiellement les envies, ou la simple possibilité technique de faire quelque chose), et de l’autre les ouvres d’art, celles dont Kant écrit : « <em>En toute rectitude, on ne devrait appeler art que la production qui fait intervenir la liberté, c’est à dire un libre arbitre dont les actions ont pour principe la raison</em>. », condition à laquelle ne répond pas un téléphone portable, une voiture ou un disque d’Amel Bent.<br />
Le critère permet de créer des catégories d’objets ; il autorise aussi la séparation des rôles : quand certains peuvent prétendre être artistes, d’autres doivent se contenter d’être, au mieux, designers, vendus qu’ils sont au monde des objets utiles et rentables. Mais évidemment, en dehors de ceux qui aiment entrer dans les formats officiels, ni les uns ni les autres ne se contentent de ce genre de catégorie. Que penser par exemple des performances de Made in Eric qui brisait la frontière qui sépare habituellement le corps humain des objets, en transformant le corps de l’artiste lui-même un quelque chose qu’on peut louer et utiliser comme une table, un pique-fleur, un fauteuil ou un pied de micro (pour le groupe les Tétines noires, rebaptisé depuis LTNO, et recourant aux services de Made in Marco, qui est une déclinaison de Made in Eric dans un autre corps (comme s’il s’agissait d’une production) ? Et que dire du processus inverse, qui consiste pour un designer à proposer des objets coupés de leur utilité théorique ? Dès lors que la fonction des objets utiles croise le pouvoir fictionnel des œuvres, les cartes sont brouillées. Mais c’est peut être aussi l’occasion de penser, puisque les catégories ne sont plus données comme des évidences.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce genre d’effet que peuvent produire les œuvres de Noam Toran, dont la galerie Le Lieu du design propose pour encore quelques jours, quelques pièces importantes. Si on devait caractériser la démarche de Noam Toran, c’est sans doute au fameux MacGuffin hitchcockien qu’il faudrait se référer. Le MacGuffin, c’est par excellence un objet fictionnel : il n’a de sens qu’en tant qu’il génère du récit, mais en tant qu’objet, on peut totalement s’en désintéresser. Ainsi, dans <strong><em><span style="text-decoration: underline;">La Mort aux trousses</span></em></strong>, Hitchcock s’amuse t-il à enfoncer le clou de son principe en rendant inaudible l’explication du trafic de statuettes et de microfilms, couverte par le bruit d’un moteur d’avion. C’est que tomber dans l’explication des fonctions, dans le déterminisme des objets, ce serait sortir de la fiction, qui tend ici à être, le plus possible, un pur jeu de formes. Et si Hitchcock fut considéré comme le maître du suspens, c’est précisément parce qu’il savait comme personne manier le pouvoir fictionnel d’un objet, pour concentrer sur lui toute la charge narrative dont son récit avait besoin.<br />
Le MacGuffin est précisément le point de départ d’une série d’objets créés par Noam Toran spécifiquement autour de leur pouvoir fictionnel. Il peut s’agir d’un volant de Porsche attribué à James Dean, d’une cassette Betacam ou bien, plus drôle, du moule des sculptures de Jeff Koons ; tous ces objets sont fictifs, et visuellement présentés comme tels puisque non réalistes, réalisés dans une fragile résine noire, non peinte. Ils sont de plus accompagnés d’un synopsis qui les introduit dans un espace</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les MacGuffins eux-mêmes sont tirés de récits collectifs, déjà partagés et fonctionnent comme référents permettant de replonger dans la dimension autre qu’est le récit.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir de cette proposition, il serait alors intéressant de passer aux objets du quotidien, ceux qui n’ont a priori pas d’histoire. Mais ce serait oublier, et nous le savons bien, qu’avec les objets qui peuplent notre quotidien, comme on dit, « on se la joue ». Loin de les réduire à leur usage supposé, nous les chargeons à leur tour d’un potentiel narratif qui fait de la vie une fiction dont ils constituent la panoplie. Noam Toran les met en scène dans des très courts métrages qui font penser, par la qualité de leur réalisation, aux images léchées des publicités ou aux réalisations d’un Matthew Barney qui serait revenu vers le monde tel qu’on le connaît. Ou presque, puisque c’est du côté de nos fantasmes, de nos rapports non avoués avec les « choses », du détournement de leur usage, bref, de notre aptitude à créer des comportements qui racontent des histoires que Noam Toran nous entraine, se contentant d’ouvrir brièvement une porte sur les us et coutumes de ses personnages, frôlant le voyeurisme, ne permettant jamais d’aller jusqu’à l’intimité de leur récit, qu’on poursuivra soi même, en y injectant nos propres fictions. <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Desire Management</span></em></strong>, puisque c’est le titre de cette suite de très courts films quasi promotionnels, met en relation, sous forme cinématographique (la forme fictionnelle par excellence, c&#8217;est-à-dire celle sous laquelle nous mettons en scène nos vies) des humains qui rêvent avec des objets. C’est d’ailleurs là ce qui distingue ces séquences des spots publicitaires : le spectateur n’est pas incité à envier l’objet possédé par autrui, il est simplement confronté à des individus qui ont élu un objet pour s’évader, qui un chariot qui fait osciller des verres de vin, qui un aspirateur auquel il s’abandonne, qui une théière permettant de faire infuser les larmes de son conjoint. Ces dispositifs sont d’autant plus uniques qu’ils intègrent celui qui les vit, n’invitant le spectateur qu’à une entrevue de trop courte durée pour partager l’expérience, coupant à leur racine les processus de production de l’envie.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourra alors revenir vers l’hommage au cinéma de Jean-Luc Godard qu’est <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Object for lonely men</span></em></strong>, sorte de nécessaire inclus dans une table à compartiments préformés, contenant les objets emblématiques du personnage joué par Jean-Paul Belmondo dans <strong><em><span style="text-decoration: underline;">A bout de souffle</span></em></strong>  (les lunettes de soleil, le revolver, la tête de Jean Seberg, le paquet de Gauloises, etc.). Ici encore, il n’y a pas d’usage répertorié qu’on puisse associer à cet objet, il ne fait que renvoyer à l’univers auquel il est associé, appelant davantage à la contemplation qu’à l’action.</p>
<p style="text-align: justify;">On retombera alors sur nos pieds, confirmant la distinction qui inaugurait notre courte réflexion. Mais on remarquera qu’il n’est pas tout à fait anodin que ce soit un designer (c’est ainsi que se désigne Noam Toran) qui permette de valider cette séparation, en explorant les limites de son propre domaine, en le poussant simplement du côté du véritable loisir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces « objets » sont encore visibles pour quatre jours (en comptant aujourd’hui) au Lieu du Design. Si on est pris de court, on pourra tout de même aller faire un tour sur le site de Noam Toran, qui répertorie ses principaux travaux : <a href="http://noamtoran.com" target="_blank">http://noamtoran.com</a></p>
<p style="text-align: justify;">En complément, la vidéo <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Desire Management</span></em></strong>, dont on parlait un peu plus haut, mais on invitera celles et ceux qui la regarderont à tenter d&#8217;aller voir l&#8217;exposition dans sa totalité, sans se contenter de cette petite fenêtre sur le travail de ce designer :</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/x547r0_desire-management_shortfilms?additionalInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/x547r0_desire-management_shortfilms?additionalInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x547r0_desire-management_shortfilms">Desire Management</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/RaindanceTV">RaindanceTV</a>. &#8211; <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/shortfilms">Regardez plus de films, séries et bandes annonces.</a></em></p>
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		<title>Il est né le divan enfin</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 21:31:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[L'inconscient]]></category>
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Ses écrits étant désormais libres de droits, on croule cette année sous les éditions des ouvrages de Freud. Parallèlement, un certain nombre d&#8217;initiatives sont prises pour faire découvrir l&#8217;un des pères fondateurs de la psychanalyse à un public qui le connaît encore peu, ou mal. Poursuivant l&#8217;intéressant dossier qu&#8217;il a publié, en hors série (Freud, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/04/Freud.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1178" title="Freud" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/04/Freud-219x300.jpg" alt="" width="219" height="300" /></a>Ses écrits étant désormais libres de droits, on croule cette année sous les éditions des ouvrages de Freud. Parallèlement, un certain nombre d&#8217;initiatives sont prises pour faire découvrir l&#8217;un des pères fondateurs de la psychanalyse à un public qui le connaît encore peu, ou mal. Poursuivant l&#8217;intéressant dossier qu&#8217;il a publié, en hors série (<strong><em><span style="text-decoration: underline;">Freud, la révolution de l&#8217;intime</span></em></strong>), le journal <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Le Monde</span></em></strong> organise en collaboration avec la Fnac une série de conférences autour de l&#8217;oeuvre de Freud, et de sa descendance. Abordant aussi bien les principes généraux de la psychanalyse, que ses rapports avec le cinéma, ou avec la religion, ces conférences semblent pouvoir permettre d&#8217;effectuer une première plongée dans ces travaux qui eurent, au vingtième siècle, un tel retentissement et une telle influence. Voici donc le programme de ces rencontres, qui devraient susciter une envie irrépressible de lire Freud (qu&#8217;on ne sera pas obligé, néanmoins, d&#8217;acheter chez l&#8217;agitateur d&#8217;idées, reconverti en agitateur de curiosités (ça sonne plus anodin, tout de suite), de nombreuses autres librairies vous ouvriront leur portes pour ce genre de projet). Avec un peu de chance, certains des ouvrages un peu moins connus du maître des divans seront évoqués, afin d&#8217;élargir les lectures à des pages moins courues que celles des <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Cinq leçons</span></em></strong> ou de <strong><em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Introduction à la psychanalyse</span></em></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les publications actuelles, on peut ardemment conseiller à des élèves de terminale de se procurer le numéro hors série du Monde consacré à Freud évoqué ci-dessus. Il ne s&#8217;agit que d&#8217;une présentation à vocation très généraliste, mais celle ci a le mérite d&#8217;inciter en permanence à aller vers d&#8217;autres lectures, tant de Freud que de ses contradicteurs. C&#8217;est donc un bon point de départ.</p>
<p style="text-align: justify;">Le programme de ces conférences se trouve ici :<br />
<a href="http://multimedia.fnac.com/multimedia/fnacdirect/pdf/programme_freud.pdf" target="_blank">http://multimedia.fnac.com/multimedia/fnacdirect/pdf/programme_freud.pdf</a><br />
 et ici :<br />
<a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=346594692956&amp;ref=nf" target="_blank">http://www.facebook.com/event.php?eid=346594692956&amp;ref=nf</a></p>
<p style="text-align: justify;">Et, promis, pour compenser cette publicité gratuite pour les autoroutes de la culture, nous ferons prochainement la promotion de lieux un peu plus secrets dans lesquels on peut trouver, de manière plus humaine, des livres.</p>
<p style="text-align: justify;">Illustration : Freud, devant son propre buste, tel qu&#8217;on pouvait le découvrir en couverture du magazine <strong><em>Vu</em></strong>, n° 227, de Juillet 1932.</p>
<p></span></p>
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		<title>Vinyl</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 18:40:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Où : La Maison Rouge
10 boulevard de la bastille
75012 paris
Quand : jusqu&#8217;au 16 Mai 2010
Combien ça coûte : 7€ en plein tarif, 5€ pour les étudiants et moins de 18 ans.
Site de la Maison Rouge : http://www.lamaisonrouge.org
La relégation de la musique &#171;&#160;pop&#160;&#187; du côté obscur de la culture, particulièrement en France, a pour effet de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: right;">Où : La Maison Rouge<br />
10 boulevard de la bastille<br />
75012 paris<br />
Quand : jusqu&#8217;au 16 Mai 2010<br />
Combien ça coûte : 7€ en plein tarif, 5€ pour les étudiants et moins de 18 ans.<br />
Site de la Maison Rouge : <a href="http://www.lamaisonrouge.org" target="_blank">http://www.lamaisonrouge.org</a></p>
<p style="text-align: justify;">La relégation de la musique &laquo;&nbsp;pop&nbsp;&raquo; du côté obscur de la culture, particulièrement en France, a pour effet de gommer, jusqu&#8217;à le faire disparaître, le lien pourtant étroit qui a toujours été maintenu entre cette sphère réputée futile, et l&#8217;art contemporain dans ce qu&#8217;il a de plus sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/sonic-youth-dirty-1992.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1127" title="sonic-youth-dirty-1992" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/sonic-youth-dirty-1992-300x300.jpg" alt="" width="174" height="174" /></a>L&#8217;exposition <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Vinyl</span></em></strong>, organisée à la Maison Rouge, tente de remettre ce lien en lumière, en proposant au public une collection de disques vinyl (ou, comme on en faisait au vingtième siècle), rassemblée par Guy Schraenen, un collectionneur passionné de tout ce qui concerne, justement, le son et l&#8217;art.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exposition aborde plusieurs dimensions de ce lien entre musique pop et art contemporain, qui vont de l&#8217;intervention des artistes eux mêmes sur les pochettes (et ça va du plus connu, Warhol et les pochettes du Velvet Underground, Hamilton et la géniale pochette du double blanc des Beatles, aux plus récentes collaborations entre Sonic Youth et des noms vivants de l&#8217;art contemporain, tels que Richard Kern, Gerhard Richter, Mike Kelley, Richard Prince ou, même, William Burroughs (et là, normalement, si tu es un lecteur un tout petit peu curieux, les noms cités doivent susciter chez toi une envie irrésistible d&#8217;aller taper tous ces patronymes dans le premier moteur de recherche venu, ou de courir voir cette exposition)), aux intrusions de ces mêmes artistes dans le domaine même du disque, quand ils décident d&#8217;appliquer leurs principes à la mise en scène de sons, ce qui est toujours passionnant.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, pour ceux qui ont un peu de mal à se repérer dans les courants de l&#8217;art contemporains, c&#8217;est là une porte d&#8217;entrée idéale, car en lien avec une culture tout de <a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/sonic.jpg"></a><a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/ole-829_the_eternal.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1129" title="ole-829_the_eternal" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/ole-829_the_eternal-300x300.jpg" alt="" width="169" height="174" /></a>même préexistante, et il n&#8217;est jamais inutile de disposer soi même d&#8217;une plateforme de lancement personnelle, depuis laquelle on pourra déployer son savoir. Alors, l’avant-garde des années 1920 , le Dadaïsme et le Futurisme, les mouvements plus récents comme Fluxus, le Nouveau Réalisme, le Pop Art, le groupe Zaj ou l’art conceptuel trouveront sans doute une place un peu plus précise dans les mémoires. On leur redonnera surtout, à travers ces performances sonores (qui souvent, accompagnaient des performances plastiques qu&#8217;on aura alors l&#8217;occasion de découvrir), leur énergie propre, car c&#8217;est bien de cela qu&#8217;il s&#8217;agit le plus souvent dans ces mouvements qui avaient tiré toutes les conséquences du trajet déjà effectué par la peinture, qui avait rompu les amarres avec le réel et sa représentation.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne saurait trop dire, dès lors, à quel point cette exposition est une occasion, rare, de rencontrer les oeuvres sur le terrain de la vie, hors des lieux funéraires où leur officialisation a trop tendance à les enterrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Illustrations : Deux pochettes de Sonic Youth (pour échapper aux sempiternelles références aux grands pochettes du Velvet, ou des Rolling Stones): <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Dirty</span></em></strong> (1992), avec la poupée tricotée de Mike Kelley; et <strong><em><span style="text-decoration: underline;">The Eternal</span></em></strong> (2009), et sa toile de John Fahey en guise de pochette.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui ont envie de constater qu&#8217;en fait, ils ont déjà croisé l&#8217;art contemporain de près, voici une page qui recense quelques unes des collaborations les plus connues (<a href="http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.sfrjeunestalents.fr/media/amf/JT/images/music/covers-art-musique/sonic.jpg&amp;imgrefurl=http://www.sfrjeunestalents.fr/mag/quand-d-art-rencontre-la-musique-les-pochettes-de-disques&amp;usg=__LkZY--V3a03bqB62kAnB51F6a2w=&amp;h=300&amp;w=300&amp;sz=77&amp;hl=fr&amp;start=93&amp;itbs=1&amp;tbnid=OLLGx-Q8I9Y4nM:&amp;tbnh=116&amp;tbnw=116&amp;prev=/images%3Fq%3Dsonic%2Byouth%26start%3D90%26hl%3Dfr%26safe%3Doff%26sa%3DN%26gbv%3D2%26ndsp%3D18%26tbs%3Disch:1" target="_blank">cliquez ici</a>), mais franchement, l&#8217;exposition de la Maison Rouge va beaucoup, BEAUCOUP plus loin dans cette relation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le site de l&#8217;exposition : <a href="http://www.lamaisonrouge.org/spip.php?article155&amp;date=cours" target="_blank">http://www.lamaisonrouge.org/spip.php?article155&amp;date=cours</a></p>
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		<title>Justice, exemplaire</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 17:29:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Où : Musée d&#8217;Orsay
Jusqu&#8217;au 27 Juin 2010
Combien ça coûte : 9,50€ en plein tarif,  1,50€ pour les 18-25 ans et les enseignants.
Informations :
http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&#38;L=&#38;tx_ttnews%5Btt_news%5D=23387&#38;no_cache=1
Musée d&#8217;Orsay : http://www.musee-orsay.fr
Au musée d&#8217;Orsay  se tient une exposition intitulée Crime et châtiment, initiée par Robert Badinter, dont on sait ce qu&#8217;il fit pour l&#8217;abolition de la peine de mort [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: right;">Où : Musée d&#8217;Orsay<br />
Jusqu&#8217;au 27 Juin 2010<br />
Combien ça coûte : 9,50€ en plein tarif,  1,50€ pour les 18-25 ans et les enseignants.<br />
Informations :<br />
<a href="http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&amp;L=&amp;tx_ttnews%5Btt_news%5D=23387&amp;no_cache=1" target="_blank">http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&amp;L=&amp;tx_ttnews%5Btt_news%5D=23387&amp;no_cache=1</a><br />
Musée d&#8217;Orsay :<a href="http://www.musee-orsay.fr" target="_blank"> http://www.musee-orsay.fr</a></p>
<p style="text-align: justify;">Au musée d&#8217;Orsay  se tient une exposition intitulée <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Crime et châtiment</span></em></strong>, initiée par Robert Badinter, dont on sait ce qu&#8217;il fit pour l&#8217;abolition de la peine de mort en France, proposant un parcours, de la révolution française jusqu&#8217;à 1981, parmi des centaines d&#8217;oeuvres qui toutes, ont quelque chose à voir avec l&#8217;élimination de l&#8217;homme par l&#8217;homme en général, et la peine de mort en particulier.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il semble acquis que les oeuvres d&#8217;art ne sont pas destinées à reproduire ce qui, dans la nature, apparaît comme beau, et si nous sommes désormais habitués à voir les artistes nous confronter à ce à quoi nous ne devrions pas pouvoir nous habituer, on peut considérer qu&#8217;il existe une marge de ce qui est représentable, qui <a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/murder.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1123" title="murder'" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/murder.jpg" alt="" width="409" height="557" /></a>pourrait constituer un territoire sacré, auquel les oeuvres n&#8217;auraient pas accès, et on établirait volontiers que la part la plus sombre de l&#8217;être humain doive appartenir à ces obscurs territoires, trop peu éclairés pour qu&#8217;on puisse en fournir une quelconque image.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, si déjà, on peut être pris de malaise en apprenant la manière dont Géricault fit installer, dans son atelier, de véritables cadavres afin de peindre son célèbre <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Radeau de la Méduse</span></em></strong>, tout en comprenant que la méthode est mise au service d&#8217;une oeuvre qui dépasse la simple représentation macabre, on aura l&#8217;impression de franchir une frontière interdite lorsqu&#8217;on sera confronté, chez le même peintre, à des études représentant pour eux-mêmes des membres sectionnés, des natures mortes composées à l&#8217;aide de pièces humaines amputées. Ainsi, il ne fallut pas attendre les expositions à sensations fortes de Gunther von Hagens  pour que l&#8217;art, poussant toujours plus loin les limites de la mise à distance, nous pose devant ce en face de quoi nous ne pouvons éprouver que le vertige : notre propre anéantissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, dans le cas de la peine capitale, l&#8217;anéantissement humain est double, car il s&#8217;agit d&#8217;une défaite face au mal, dont les comptes se clôturent par une mise en pratique du mal lui même. Au sens le plus fort, c&#8217;est plus qu&#8217;une retraite, c&#8217;est une abdication. Lorsque l&#8217;humanité a recours à la peine de mort, elle signe l&#8217;armistice avec le mal, en lui donnant le pouvoir des affaires humaines, acceptant d&#8217;obéir à son commandement. C&#8217;est le vertige au carré de l&#8217;homme donnant la mort à l&#8217;homme, precisément pour éradiquer le mal qu&#8217;il a en lui, sans jamais y parvenir tout à fait, puisque jamais la peine de mort ne fit baisser les taux de criminalité. Et si les artistes sont ceux qui se tiennent à la pointe de l&#8217;extrémité du monde, penchés au dessus de l&#8217;abîme qui nous sépare des &laquo;&nbsp;autres&nbsp;&raquo; mondes, alors il est peu étonnant de voir les artistes rencontrer, à intervalles parfois réguliers, ces moments où l&#8217;homme s&#8217;ampute lui même des membres qu&#8217;il ne reconnait plus comme siens. Et c&#8217;est peut être alors qu&#8217;il s&#8217;approche paradoxalement le plus de ce qu&#8217;il est essentiellement. Après tout, comment mieux arracher l&#8217;homme à sa condition, comme mieux constituer un &laquo;&nbsp;antidestin&nbsp;&raquo; que lorsque les oeuvres s&#8217;installent sur le versant nord de l&#8217;humanité, celui qui, particulièrement inhospitalier, est fui par les touristes de l&#8217;existence desquels l&#8217;artiste tente de s&#8217;éloigner ?</p>
<p style="text-align: justify;">On comprend mieux, alors, l&#8217;intérêt que peut avoir une telle exposition, s&#8217;ouvrant sur ce qui, faute d&#8217;avoir encore un usage, devient un étrange, et impossible ready made : la guillotine qui, jusqu&#8217;en 1977, décapita ceux dont on pensait que, de toutes façons, ils avaient déjà perdu la tête. De l&#8217;assassinat de Marat dans sa baignoire, peint par David, aux sérigraphies effectuées par Warhol à partir de photographies de la chaise électrique, ce sont plusieurs siècles de confrontation au mal que l&#8217;on observe, et c&#8217;est sans doute là un peu comme si on avait accroché le miroir de Blanche Neige à la porte interdite de Barbe Bleue. Et si cet art n&#8217;est pas agréable, on lui reconnaîtra cependant une certaine aptitude à faire émerger de la beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin de son passionnant ouvrage, <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Principes d&#8217;une esthétique de la mort</span></em></strong>, Michel Guiomar dessinait les grandes lignes d&#8217;un programme de recherche esthétique :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">&laquo;&nbsp;A travers les catégories historiques et stylistiques, il serait intéressant de rechercher si de telles tendances voilées n&#8217;ont pas animé quelques grandes époques de création, de sonder par exemple dans ce sens, le Baroque, le Clacissisme, le Romantisme, le Surréalisme&#8230;  (&#8230;) il semble que, historiquement, le franchissement d&#8217;un Seuil entre les deux Mondes se soit de plus en plus imposé comme la référence la plus sûre de la valeur de l&#8217;oeuvre, de la destinée de l&#8217;artiste, de sa justification; il semble que le Fantastique soit plus que jamais imminent dans les démarches, recherches, hésitation du créateur. Cette tentation <a href="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/elsa-wolinski.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1124" title="elsa-wolinski" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2010/03/elsa-wolinski.jpg" alt="" width="404" height="520" /></a>à elle seule consacrerait tout un courant héroïque, non d&#8217;oubli du Tragique par ivresse de l&#8217;irréel, mais de sublimation d&#8217;un affrontement de chaque instant à la Mort, affrontement dont la permanence permet d&#8217;entrevoir, au moins au titre d&#8217;une illusion, l&#8217;Au-delà des visions immédiates ; courant qui, décelable depuis les mythes primitifs, les tragiques grecs, le macabre médiéval, certains symbolismes de la Renaissance, la fièvre du Baroque&#8230; toutes attitudes atteintes par l&#8217;emprise métaphysique, se précipite, riche de cette emprise, du Romantisme au Surréalisme actuel qui, dernière exaspération et jusqu&#8217;à ce jour non dépassée d&#8217;une interrogation immémoriale et d&#8217;un Cri sans fin devant l&#8217;Absurde, trouve ainsi sans doute son entière justification&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exposition Crime et Châtiment peut être considérée comme liée à ce projet, poussé plus loin encore, puisqu&#8217;on y observe le regard de l&#8217;homme au moment où il franchit lui même ces frontières qui sont considérées comme infranchissables, au seuil de l&#8217;Interdit et de l&#8217;Absurde.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;emprunte, pour finir, une citation à l&#8217;ouvrage de Guiomar, extraite de son introduction :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">&laquo;&nbsp;La dernière image de notre vie, son dernier masque, est celle que nous dévoile la mort.<br />
Mais est on justifié de voir une image dans ce qui apparaît au contraire comme le terme de l&#8217;expérience et l&#8217;impossibilité de toutes les images ? A cela nous pouvons répondre aussitôt par l&#8217;affirmative, parce que nous savons que l&#8217;image est une tension de l&#8217;esprit vers ce qui se dérobe, que nous avons suivi es avatars de l&#8217;imaginaire jusqu&#8217;à concevoir la possibilité d&#8217;une image sans objet. Mais en prenant la question par l&#8217;autre bout, on peut montrer également que la mort ne se conçoit que sous la forme de l&#8217;imaginaire (&#8230;) la mort est bien une image parce qu&#8217;elle veut être connue; mais elle est aussi la plus vide des images parce que l&#8217;obstacle qui nous sépare de son objet est le plus définitif qui soit.&nbsp;&raquo;<br />
M-J. Lefebvre,<strong><em><span style="text-decoration: underline;"> L&#8217;Image fascinante et le surréel</span></em></strong>, Paris, Plon p. 253</p>
<p style="text-align: justify;">A la lecture de ces lignes, je me souvenais avoir noté dans la marge que cela me semblait tout aussi bien concerner la mort que le mal. Or l&#8217;exposition du musée d&#8217;Orsay me semble, précisément, permettre de croiser ces deux domaines, si proches en définitive, pour tracer une cartographie de l&#8217;art qui, contrairement à ce qu&#8217;on veut faire dire à Adorno (&laquo;&nbsp;Après Auschwitz, la poésie ne serait plus possible&nbsp;&raquo;), &laquo;&nbsp;est seul possible parce qu&#8217;il est le présent d&#8217;une absence&nbsp;&raquo;. La formule est de Rancière, et on la trouve dans un texte titré <strong><em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;inoubliable</span></em></strong>, extrait de <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Arrêt sur histoire</span></em></strong>, 1997.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour compléter cela, outre le livre de Michel Guiomar déjà cité, on conseillera la lecture de l&#8217;intéressant, mais éprouvant numéro hors série d&#8217;Art Press de Mai 2001, intitulé <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Représenter l&#8217;horreur</span></em></strong>, qui est sans doute l&#8217;un des recueils qui ose s&#8217;affronter au plus près à ce que l&#8217;art peut tenter de plus violent et de plus gênant quand il se tourne vers ce qu&#8217;on appeler, de manière générale, le mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Illustration :</p>
<p style="text-align: justify;">1 &#8211; photographie d&#8217;Alphonse Bertillon, <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Assassinat du Sieur Canon</span></em></strong>, 1914; collections historiques de la Préfecture de police. On précisera qu&#8217;on ne saurait trop s&#8217;intéresser au travail et à la vie de ce Bertillon. Bien qu&#8217;une telle étude réclame une certaine dose d&#8217;esprit critique, elle permettra cependant de plonger assez profondément dans l&#8217;esprit d&#8217;un dix-neuvième siècle épris de sciences, de classification, et séparation entre le normal, et le pathologique. Bertillon était fils de statisticien, et fut à l&#8217;origine de la toute première police scientifique (les ancêtres de tous les enquêteurs criminels dont la télévision abuse aujourd&#8217;hui). Il inventa l&#8217;anthropométrie judiciaire, qui n&#8217;est rien moins que le fameux système de portraits &laquo;&nbsp;face/profil&nbsp;&raquo; dont les mises en scènes carcérales sont si friandes. Il est aussi, comme on le voit ici, l&#8217;auteur de très nombreux clichés pris sur les &laquo;&nbsp;scènes de crime&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">2 &#8211; La série de photographie de Yann Toma, &laquo;&nbsp;<strong><em><span style="text-decoration: underline;">Crimes sur commande</span></em></strong>&nbsp;&raquo; s&#8217;inspire évidemment de ces clichés. Yann Toma demanda à des modèles de définir leur propre crime avant de le mettre en scène, la photographie n&#8217;étant qu&#8217;un aspect parmi d&#8217;autres d&#8217;un dispositif global qui comprenait de nombreux éléments associés, au sens large, à l&#8217;idée de crime. Davantage de précisions sur ce projet ici, avec le recueil des contrats déjà exécutés :<a href="http://ouestlumiere.free.fr/aa/c_crimes.html" target="_blank"> http://ouestlumiere.free.fr/aa/c_crimes.html</a></p>
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		<title>Mélopée</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 21:11:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Lieux :
jusqu&#8217;au 13 décembre 2009,
Maison de la Poésie :
157 Rue Saint Martin 75003 PARIS
75003 Paris
Tarif : 16€ pour les moins de 30 ans
http://www.maisondelapoesieparis.com/
le 7 Janvier 2010 :
Maison de la Poésie,
88, rue Saint-Denis
92700 Colombes
Tarif : 20€ pour les moins de 20 ans
On l&#8217;a abordé en cours (désolé pour ceux qui, sans doute majoritaires parmi les lecteurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: right;">Lieux :</p>
<p style="text-align: right;">jusqu&#8217;au 13 décembre 2009,<br />
Maison de la Poésie :<br />
157 Rue Saint Martin 75003 PARIS<br />
75003 Paris<br />
Tarif : 16€ pour les moins de 30 ans</p>
<p>http://www.maisondelapoesieparis.com/</p>
<p style="text-align: right;">le 7 Janvier 2010 :<br />
Maison de la Poésie,<br />
88, rue Saint-Denis<br />
92700 Colombes<br />
Tarif : 20€ pour les moins de 20 ans</p>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;a abordé en cours (désolé pour ceux qui, sans doute majoritaires parmi les lecteurs de ce blog, ne sont pas en classe pour saisir l&#8217;origine de certains des articles développés ici même), la pièce de Shakespeare, <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Timon d&#8217;Athènes</span></em></strong>, est actuellement jouée, et donc visible, dans une mise en scène qui lui permet de se renouveler, et de mettre en valeur le caractère intemporel de l&#8217;écriture shakespearienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Timon d&#8217;Athènes, c&#8217;est une pièce qu&#8217;on pourrait intégrer à une bibliographie sur l&#8217;argent (notre thème du moment, en classe, et on fournira, à ce sujet une bibliographie et une filmographie qui intéresseront les étudiants en prépa cette année). Si on devait la résumer, on pourrait dire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un double <img class="alignright size-medium wp-image-691" title="l_5e8fc2c654fa4a71993841a1200a8a81" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2009/12/l_5e8fc2c654fa4a71993841a1200a8a81-213x300.jpg" alt="l_5e8fc2c654fa4a71993841a1200a8a81" width="213" height="300" />mouvement, ascendant, permis par l&#8217;influence sociale de l&#8217;argent, suivi d&#8217;un retour, à rebrousse-poils pour ainsi dire, lorsque l&#8217;argent vient à manquer et que les relations sociales se délitent. Philanthrope lorsqu&#8217;il est riche, ce qui lui permet d&#8217;avoir à sa botte toute la bonne société d&#8217;Athènes, Timon devient peu à peu misanthrope lorsque son entourage prend ses distances, attiré par une autre fortune, plus durable. Abandonnant la foule et l&#8217;urbanité, c&#8217;est dans la forêt qu&#8217;il trouvera refuge, loin des hommes qu&#8217;il ne fascine plus, conscient qu&#8217;il ne les a en fait jamais, par lui-même, attirés, qu&#8217;il était en retrait derrière sa façade monétaire; c&#8217;est là, au milieu des arbres, qu&#8217;il mourra.</p>
<p style="text-align: justify;">Razerka Ben Sadia-Lavant signe la mise en scène actuelle (en tous les sens du terme) de cette pièce, dans une version resérrée sur l&#8217;essentiel, réduite à une durée d&#8217;une heure et demie, soit la moitié de sa durée originelle. Sur scène, des spécialistes du texte dit, des experts de la transmission orale, avec tout ce que cela comporte de maîtrise des mots, mais aussi du ton, de la chaleur de la voix, de son intensité, de son rythme, de son aptitude à frapper, claquer, se détendre, carresser, suggérer, appeler, viser un spectateur qui redécouvre un texte, non pas comme il n&#8217;a jamais été, mais plutôt tel qu&#8217;on a oublié qu&#8217;il pouvait être. Sur scène, donc, des slameurs, des rappers, Casey (une des ces pratiquantes du rap qui fait passer son art avant sa petite personne, et qui ne doit sa notoriété qu&#8217;à sa pratique artistique, et non à quelque mise en scène médiatique de son &laquo;&nbsp;devenir pratiquante&nbsp;&raquo;), D&#8217; De Kabal (lyriciste talentueux, qui semble incarner le vieux slogan de Pathé-Marconi : &laquo;&nbsp;La voix de son maître&nbsp;&raquo;), qui prennent en charge les mots de Shakespeare, et leur redonnent vie. Sur scène, aussi, un corps, Denis Lavant, que certains connaissant comme personnage central du clip de UNKLE, <strong><em><span style="text-decoration: underline;">Rabbit in your headlight</span></em></strong>, et qu&#8217;on retrouve ici, parlant, mais toujours aussi physique. Sur scène, aussi, des musiciens qui appuient le rythem des textes, les soulignent pour les mettre davantage en valeur, encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que réussit ici Razerka Ben Sadia-Lavant, c&#8217;est à éviter de faire du slam et du rap des gadgets plaqués artificiellement sur un récit qui se trouverait alors simplement customisé selon la mode du moment. Au contraire, ce qui fonctionne, ici, c&#8217;est le caractère intemporel de ces dictions, comme si les voix prenaient soudainement racine dans des strates jusqu&#8217;ici méconnues de la parole, comme si se tenant à l&#8217;exacte frontière du chant et de la diction, les mélopées antiques trouvaient là leur souffle, leur raison, leur nature décapée de tous les ornements trop riches dont on aime les voir afublées, au point de considérer aujourd&#8217;hui que le rappeur est un chanteur amputé de la mélodie. Erreur : c&#8217;est souvent le chant qui est une voix alourdie d&#8217;effets grandiloquents qui parasitent l&#8217;élan originel. La mélopée, ce n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;un chant (mélos), qui se fait (Poia). Retour aux sources, à la pauvreté essentiel, expérience ascétique de l&#8217;absence d&#8217;effets gonflants, nettoyage à sec de Shakespeare, qui accompagne parfaitement, les yeux et les oreilles en sont témoins, cette impression que donnent bien souvent les textes de Shakespear, qu&#8217;ils n&#8217;ont pas été écrits en un temps particulier, mais qu&#8217;ils accompagnent les hommes, depuis toujours, comme des esprits attentifs, lucides, clairvoyants dans ce monde habitué à faire &laquo;&nbsp;beaucoup de bruit, pour rien&nbsp;&raquo;.</p>
<p><object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/YcWBSFraDcQ&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;hl=en_US&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/YcWBSFraDcQ&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;hl=en_US&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Cette pièce est proposée, jusqu&#8217;au 13 Décembre, à la Maison de la Poésie. Elle sera jouée, ensuite, le 7 janvier 2010, à l&#8217;Avant-scène, théâtre de Colombes. Etant donnés les projets respectifs de chacun des acteurs de cette pièce, il est peu probable qu&#8217;on puisse, ensuite, voir de nouveau Timon d&#8217;Athènes dans cette mise en scène.</p>
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		<title>Une autre foi</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 13:20:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Harry</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Lieu : Théâtre de la Commune d&#8217;Aubervilliers
2 rue Edouard Poisson
93304 Aubervilliers
pour s&#8217;y rendre : http://www.theatredelacommune.com/index.php/acces
Tarif : 11€ pour les lycéens/étudiants &#8211; 22 € pour la plupart des autres.
Dates : jusqu&#8217;au 24 Octobre
Là où je travaille, rares sont les séances avec les élèves qui ne se connectent pas, à un moment ou à un autre sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"></p>
<p style="text-align: right;">Lieu : Théâtre de la Commune d&#8217;Aubervilliers<br />
2 rue Edouard Poisson<br />
93304 Aubervilliers<br />
pour s&#8217;y rendre : <a href="http://www.theatredelacommune.com/index.php/acces">http://www.theatredelacommune.com/index.php/acces</a><br />
Tarif : 11€ pour les lycéens/étudiants &#8211; 22 € pour la plupart des autres.<br />
Dates : jusqu&#8217;au 24 Octobre</p>
<p style="text-align: justify;">Là où je travaille, rares sont les séances avec les élèves qui ne se connectent pas, à un moment ou à un autre sur la question religieuse, que je laisse cette connexion s&#8217;installer, ou que je la reporte à plus tard, selon la nécessité du moment et l&#8217;énergie dont je dispose pour maintenir les conditions d&#8217;un débat apaisé. Sans doute y a t-il là un effet géographique, mais c&#8217;est alors un effet de révélation : le lien des questions philosophiques avec cette dimension religieuse est quasi permanent; simplement, par endroits, on l&#8217;oublie, pour deux raisons : soit le &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; en est éloigné, et on traite des questions en dehors de cette dimension, soit les élèves y sont particulièrement sensibles et on évite de s&#8217;approcher excessivement de ce territoire, autant pour gagner du temps que pour faire cours de manière artificiellement sereine, pratiquant la philosophie comme une sorte de divertissement, si on prend ce mot au sens que lui donnait Pascal. Mais on rate alors une expérience intéressante : pouvoir, parfois, aborder cette question en compagnie de pratiquants, dans le dialogue, l&#8217;ouverture, et la quête commune. Et éveiller à la philosophie, tout simplement.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est des milieux où on peut sans doute laisser de côté la question religieuse, parce qu&#8217;on y est simplement passé à autre chose (mais on peut se demander s&#8217;il ne serait pas nécessaire, ici, de poser de nouveau une question qui a souvent été laissée de côté <em>a priori</em>, sans autre raison que celle qui consiste justement à affirmer d&#8217;emblée que ce n&#8217;est plus une question), il en est d&#8217;autres où la vie quotidienne est encore rythmées par les textes reconnus comme sacrés, et où beaucoup de questions philosophiques sont posées en classe à des élèves qui connaissent, dans leur géographie spirituelle, des sources auxquelles ils ont l&#8217;habitude d&#8217;aller puiser des réponses. Bien entendu, ils sont vite confrontés au fait que le professeur, lui, ne va pas reconnaître ces sources, ne serait ce que pour la simple raison que sa fonction le lui interdit dans la mesure où s&#8217;il y a bien un prérequis du cours de philosophie, c&#8217;est l&#8217;accord sur le principe selon lequel, justement, on ne reconnaîtra comme s&#8217;approchant de la vérité que les discours sur lesquels on puisse se mettre d&#8217;accord. Or, sur le terrain religieux, de fait, il n&#8217;y a pas d&#8217;accord possible, sauf à imaginer qu&#8217;on n&#8217;échange qu&#8217;avec ceux qui partagent la même foi; mais d&#8217;une part, on le sait bien, on n&#8217;est jamais pleinement dans cette situation, à moins de se couper des autres, ce qui ne caractérise plus la religion, mais bel et bien la secte (sectare, en latin, désigne l&#8217;acte de séparer, à l&#8217;inverse de la religion, dont l&#8217;une des étymologies fait référence au lien tissé entre un dieu et les hommes, et entre les hommes eux mêmes (je dis l&#8217;une des étymologies, car, en fait, si celle ci est très répandue, elle demeure pourtant contestée, on y reviendra dans un autre article)), et d&#8217;autre part, au sein d&#8217;une même foi, les interprétations divergent et on doit rapidement, comme en philosophie, faire usage de la raison.<br />
Ainsi, la diversité des cultures coexistant dans les sociétés contemporaines, et plus particulièrement dans nos quartiers désignés comme devant être prioritairement éduqués, rend d&#8217;autant plus nécessaire la philosophie qu&#8217;elle n&#8217;est pas la première source à laquelle beaucoup vont s&#8217;abreuver quand il s&#8217;agit de faire sienne la vérité et que la confrontation de ces sources donne lieu à une compétition de véracité qui ne pourrait trouver de vainqueur qu&#8217;au prix de l&#8217;écrasement des concurrents, ce que la situation de cours interdit, et ce que le monde ne reconnait jamais universellement.<br />
Alors, c&#8217;est autrement qu&#8217;il faut penser la confrontation des différentes orientations que peut prendre la foi.<br />
Or, la question, forcément, n&#8217;est pas nouvelle. Et même si des problématiques identitaires peuvent ponctuellement rendre les rapports entre les différentes positions métaphysiques épineux, on doit reconnaître qu&#8217;ils paraissent en fait aujourd&#8217;hui malgré tout apaisés dès lors qu&#8217;on regarde loin en arrière dans les liaisons dangereuses qui ont jadis opposé les trois grandes religions et les courants internes qui les agitent. Ainsi, au dix-huitième siècle, Gotthold Ephraim Lessing s&#8217;attaqua frontalement à la question en écrivant <strong><em>Nathan le sage</em></strong>, une pièce de théâtre dont cette confrontation constitue le motif central.<br />
A regarder les différents axes autour desquels tourne notre monde, il est possible de penser qu&#8217;un des points d&#8217;équilibre de ce mobile aux mouvements parfois violents se trouve à Jérusalem. Quelle que soit la manière dont on imagine cet équilibre, nombreux sont ceux qui pensent qu&#8217;en définitive, à moins que l&#8217;économie soit devenue, pour de bon, la seule expression spirituelle en laquelle l&#8217;humanité puisse se reconnaître, c&#8217;est le statut nécessairement unique de cette multi-capitale qui peut fournir à l&#8217;humanité une voie vers l&#8217;apaisement, à la mesure du risque de guerre qu&#8217;elle génère aujourd&#8217;hui. Cette conviction n&#8217;est pas nouvelle : on n&#8217;attendit pas l&#8217;établissement problématique de l&#8217;état d&#8217;Israel pour placer là, précisément, le noeud des tensions métaphysiques des hommes, parce que pour opposées qu&#8217;elles soient, ces trois religions n&#8217;en demeurent pas moins soeurs. On le sait, c&#8217;est au sein des familles que les distances, bien que parfois réduites, forment aussi de douloureuses blessures.<br />
Lessing va mettre en scène cette tension, à travers, donc, une intrigue se déroulant dans la Jérusalem de la troisième croisade, celle du douzième siècle, alors que l&#8217;Occident concevait encore son centre de gravité au sein de la ville sainte déjà déchirée. Le récit met en relation des hommes fidèles à des fois différentes, mais se devant mutuellement la vie. Très vite, la foi en l&#8217;homme va venir troubler les nécessaires oppositions entre ceux qui croient en des conceptions différentes d&#8217;un même dieu.<br />
Au centre de cette pièce, un mythe célèbre, la parabole des trois anneaux, qui propose l&#8217;image exacte de la manière dont les religions sont en même temps liées et opposées, sans que rien ne puisse venir, d&#8217;en haut, les départager : un homme, lui-même héritier d&#8217;un anneau qui a le pouvoir d&#8217;attirer sur celui qui le porte l&#8217;amour des hommes et de Dieu, doit à son tour le transmettre à son fils préféré, mais ne parvient pas à décider, de ses trois fils, lequel il désignera comme le succédant dans la chaine de la transmission. Pour ne pas avoir à choisir, pour ne pas être injuste, et pour multiplier l&#8217;amour au lieu de le diviser, il fait faire par un orfèvre deux anneaux supplémentaires, copies si exactes que lui même ne sait plus lequel est l&#8217;original, ce qui lui permet de remettre à chacun de ses fils le pouvoir d&#8217;être aimé de tous. Bien sûr, le beau projet de concorde concocté par le père va sombrer dès l&#8217;instant où le père mourra, et que chaque fils revendiquera pour lui seul l&#8217;héritage du précieux, et unique, anneau. S&#8217;en remettant à un juge pour décider lequel possédait l&#8217;anneau original, il fut décidé d&#8217;attendre que son effet soit visible : son propriétaire devait être celui des trois frères qui serait le plus aimé des hommes. Ainsi firent ils tous trois en sorte d&#8217;être aimés de tous. Ainsi, à partir d&#8217;une querelle égocentrique, la parabole des trois anneaux conclut à une contagion vertueuse et à une invitation à générer l&#8217;amour, non pas par le charme d&#8217;un anneau, mais par l&#8217;attitude qu&#8217;on aura adoptée face aux hommes. La véracité du discours religieux aurait alors son fondement au sein de ce que les hommes vivent entre eux, et non dans une élection dont l&#8217;heureux gagnant serait d&#8217;autant plus suspect de la simuler qu&#8217;il en tire, il faut bien l&#8217;avouer, un avantage non négligeable. Ainsi, si la source de la religion pensée demeure nécessairement transcendante, le fondement de la religion vécue deviendrait paradoxalement, mais tout aussi nécessairement, immanent.</p>
<p style="text-align: justify;"> <object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/Qbu_uLtJxB4&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Qbu_uLtJxB4&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Cette pièce de Lessing, il est possible, pour quelques jours encore, d&#8217;y assister, puisque le théâtre de la Commune d&#8217;Aubervilliers la programme jusqu&#8217;au 24 Octobre. Mise en scène, dans une version un peu raccourcie, par Laurent Hatat, la pièce gagne un déracinement temporel (nous ne sommes plus au douzième siècle, ni au dix-huitième, les costumes sont contemporains, les décors sont principalement constitués de signes atemporels) qui propulse ce récit dans une uchronie universelle. Le texte, qui a perdu ses points d&#8217;accroche avec les polémiques contemporaines de l&#8217;auteur (la pièce fut écrite en 1779) et les débats qu&#8217;a pu connaître le siècle des lumières sur l&#8217;universalité spirituelle et la théologie,  trouve là une dimension qui, si elle n&#8217;est pas pleine, résonne néanmoins de manière particulièrement étonnante avec notre époque.</p>
<p style="text-align: justify;">En supplément de l&#8217;extrait que le théâtre de la Commune d&#8217;Aubervilliers a mis en ligne, visible ci-dessus, il est intéressant, si on veut aller à l&#8217;essentiel plus rapidement que je ne l&#8217;ai moi-même fait ci-dessus, de jeter un coup d&#8217;oeil sur la présentation de cette pièce par le théâtre du Nord, à Lille, qui l&#8217;avait  lui aussi mise à son programme. On saisit bien, à la lumière de cette présentation, l&#8217;importance que peuvent avoir ces méditations qui nous précèdent pourtant de plusieurs siècles, et plongent elles mêmes leurs racines plus profondément encore dans cette mémoire qui, bien qu&#8217;extrêmement lointaine et obscure, n&#8217;en finit pas de provoquer dans notre actualité les échos de ses propres soubresauts. Or, on le verra, ce qui pourrait apparaître comme un choc de civilisations est aussi la condition de réalisation de leur dialogue. Et il est peut être important de se confronter à des oeuvres qui nous rappellent que sur ce terrain, tout espoir n&#8217;est peut-être pas perdu.</p>
<p><object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/hl0YvHOCn2A&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/hl0YvHOCn2A&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Et pour compléter tout en dépassant et de loin le terrain classique sur lequel on a placé cette invitation à rencontrer Lessing, et afin de tisser un lien avec l&#8217;article précédent, qui faisait référence et citait Peter Sloterdijk, je vais ici encore utiliser ses mots. En effet, en 2007, il publiait un ouvrage consacré à ce dialogue entre les religions, sous le titre, en français, <strong><em>La Folie de Dieu</em></strong>. Si le titre pouvait laisser craindre un ouvrage de plus qui dresserait à l&#8217;avance un tableau forcément apocalyptique de ce vingt-et-unième siècle qu&#8217;on nous a annoncé, de manière incertaine et ambiguë comme &laquo;&nbsp;spirituel&nbsp;&raquo;, à la lecture de l&#8217;ouvrage, on découvre au contraire une pensée qui tente de cerner ce qui, dans l&#8217;histoire des religions, permet de leur prédire un autre destin. Or, le chapitre 7 porte précisément sur la parabole de l&#8217;anneau, et donc sur Lessing. Bien sûr, autant pour un français cela semble relever du hasard des références, autant pour un allemand, qui a forcément rencontré cette parabole tout au long de sa scolarité, cela relève tout simplement de l&#8217;évidence (un signe de plus que la culture européenne est loin d&#8217;être construite, quand des racines culturelles aussi fortes ne sont pas partagées par des voisins aussi proches que le couple franco-allemand). Le chapitre en question s&#8217;intitule <strong><em>Les paraboles de l&#8217;anneau</em></strong>.</p>
<p style="PADDING-LEFT: 30px; TEXT-ALIGN: justify">&laquo;&nbsp;Le programme d&#8217;une domestication des monothéismes à partir de l&#8217;esprit de la bonne société ne s&#8217;exprime nulle part avec plus de suggestivité que dans la parabole de l&#8217;anneau, dans le poème dramatique de Lessing <strong><em>Nathan le Sage</em></strong>, de 1779. (&#8230;) Ce qui frappe, depuis notre perspective actuelle, dans cette parabole que l&#8217;on célèbre à bon droit comme le &laquo;&nbsp;sermon sur la montagne&nbsp;&raquo; des Lumières, c&#8217;est sa postmodernité achevée. elle unit le pluralisme primaire, l&#8217;exploitation <img class="alignright size-full wp-image-627" title="peter_sloterdijk" src="http://www.harrystaut.fr/wp-content/uploads/2009/10/peter_sloterdijk.jpg" alt="peter_sloterdijk" width="295" height="295" />positive de la simulation, la suspension pratique de la question de la vérité, le scepticisme civilisateur, le passage entre les motifs et les effets, et la priorité de l&#8217;approbation externe sur les prétentions internes. Même le lecteur le plus blasé ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;admirer l&#8217;intelligence de la solution de Lessing : en repoussant l&#8217;ultime jugement jusqu&#8217;à la fin des temps, elle incite les candidats à la vérité à ne pas se montrer trop sûrs de leur élection. Le scepticisme empreint de piété prend ainsi les religions au sérieux en leur adressant un signal afin qu&#8217;elles ne se prennent pas trop au sérieux non plus.<br />
(&#8230;)L&#8217;histoire des deux anneaux dupliqués à partir de l&#8217;original ne nous apprend pas seulement que le merveilleux sort d&#8217;un atelier ; elle donne aussi à comprendre, sans prendre beaucoup de gants, que la question de l&#8217;authenticité est sans importance à côté de l&#8217;intérêt porté aux effets. Seuls des fétichistes incorrigibles s&#8217;intéressent encore aux originaux et aux certificats d&#8217;origine. Dans le monde de l&#8217;actualité, en revanche, seuls les effets ont une importance.<br />
(&#8230;)Quand on admet la possibilité d&#8217;acquérir des connaissances essentiellement nouvelles, on reconnaît une chose que l&#8217;ancienne métaphysique religieuse n&#8217;aurait pu concéder à aucun prix : le fait que la vérité elle-même connaît une évolution et qu&#8217;il faut voir dans la succession des connaissances plus qu&#8217;une simple série fortuite. Il est dans la nature de la vérité elle-même de ne pouvoir être d&#8217;emblée totalement dévoilée, mais de se révéler de manière consécutive, par fragments, comme le résultat cumulatif des résultats de recherches à durée indéterminée. L&#8217;indétermination de la durée de la recherche constitue le fond ontologique de l&#8217;histoire.<br />
De cette réflexion découle une nouvelle définition du sens des religions de la révélation : les textes saints de ce type ne peuvent être légitimés que comme des interruptions catastrophiques ou des accélérations extrêmes de l&#8217;histoire humaine de la recherche. Dans la mesure où ils se réfèrent à une intervention divine dans les explorations des êtres humains, chacun d&#8217;entre eux reste un organe de la sainte impatience. Ils expriment le fait que la vérité est trop importante pour que l&#8217;on puisse attendre la fin de la recherche. Aussi vénérables que puissent paraître ces religions dans notre perspective actuelle, elles sont toutes par nature arrivées prématurément et ont apporté à la foi ce que la connaissance, en leur temps, n&#8217;était pas encore en mesure de produire par ses propres moyens.<br />
Le concept de &laquo;&nbsp;révélation&nbsp;&raquo; lui-même fait apparaître cette prématurité dans la mesure où il recèle un propos sur le niveau d&#8217;intellectualité humaine : celle-ci doit présenter un degré de développement suffisamment élevé pour pouvoir être interpellée par une révélation de style monothéiste, mais se trouver dans un état suffisamment non développé pour avoir besoin d&#8217;une aide depuis le haut. De fait, toute révélation serait superflue si elle ne transmettait pas quelque chose que l&#8217;esprit humain, dans le statu quo, ne puisse encore exploiter par ses propres moyens. C&#8217;est dans ce pas-encore qu&#8217;est contenue  toute la signification des religions de la révélation. Ce qu&#8217;elles ont en commun, c&#8217;est la détermination quasi-putschiste à sortir de l&#8217;ouverture de la vie encore à l&#8217;état d&#8217;expérimentation avant de devancer la fin de tous les procès et de toutes les erreurs de jugement. De par leur position dans le processus mondial, les religions monothéistes historiques doivent être comprises comme des interpellations pétrifiées au coeur du vécu, interpellations où coïncident expérimentation et apocalypse. Elles tirent leur autorité de la détermination avec laquelle elles affirment parler depuis la vraie fin. Elles incarnent la tentative d&#8217;anticiper, au coeur de l&#8217;expérimentation mondiale, le résultat de tout ce que pourra atteindre un jour la vie qui apprend &#8211; du moins sous l&#8217;angle moral et eschatologique. C&#8217;est avec ce risque que commence et s&#8217;arrête son existence, c&#8217;est sur lui seul que repose sa légitimité.<br />
(&#8230;) Le nouvel intérêt pour les grandes religions s&#8217;explique avant tout par le fait qu&#8217;après l&#8217;autodémenti de la politique communiste et socialiste de l&#8217;humanité, on ne dispose pour l&#8217;instant que des codes religieux traditionnels lorsqu&#8217;on cherche des formes plus englobantes de la conscience du &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo; collectif &#8211; au moins tant que nous ne disposons pas de formulations convaincantes du point de vue transculturel, d&#8217;une théorie universelle de la civilisation.<br />
Retenons ceci : le jury qui statue sur les succès des religions zélatrices est forcé, au cours de son travail, de comprendre à quel point l&#8217;on a manqué de critères pour évaluer les universalismes exclusifs, que leur code soit religieux ou profane. Ainsi vient à l&#8217;ordre du jour un programme d&#8217;explicitation qui, outre la philosophie, la théologie et la science de la religion, engage avant tout la théorie culturelle. S&#8217;il est exact qu&#8217;au stade actuel de la civilisation, les hommes sont plongés dans la perplexité lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de prononcer des jugements-provisoires-définitifs sur des résultats provisoires-définitifs de l&#8217;apprentissage historique, y compris ces shortcuts dans l&#8217;éternité qui prennent la forme des religions de la révélation, on devrait au moins faciliter leur mission par des aides au jugement correspondant à l&#8217;état actuel du savoir-faire.&nbsp;&raquo;<br />
Peter Sloterdijk &#8211; La Folie de Dieu; P.145 sq</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne livre là que quelques extraits. Ils ont pour but de provoquer la soif d&#8217;en lire davantage car s&#8217;attaquer ainsi à la prétention à la vérité monovalente qui caractérise tous les grands systèmes de pensée en général, et les religions monothéistes en particulier, c&#8217;est finalement se trouver au coeur des problèmes qui agitent notre temps, et au coeur de ce qui peut aussi constituer une ouverture nouvelle. J&#8217;ai sauté, pour raccourcir dans la mesure du possible les évolutions que Sloterdijk fait subir à la parabole des trois anneaux, particulièrement quand il émet l&#8217;hypothèse d&#8217;un quatrième anneau, fondu à partir des trois autres. Cela explique que le titre du chapitre soit au pluriel, cela explique aussi que la lecture du chapitre entier soit nécessaire, ainsi que du livre qui lui donne sens.</p>
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