La pensée en dehors

S’il s’agit de présenter un philosophe, le mieux est sans doute de passer la main à un autre philosophe. C’est d’ailleurs pour cette raison entre autres qu’on apprécie particulièrement le recueil de textes dirigé par Denis Huisman et André Vergez (Histoire des philosophes illustrée par les textes)  puisqu’il propose, pour chaque auteur cité, une introduction rédigée par un autre philosophe, tissant des liens parfois fort distants entre des penseurs dont on discerne ainsi combien ils dialoguent ensemble, comment ils constituent,

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La connaissance commune n’est-elle qu’une erreur communément considérée comme vraisemblable ?

Il était tentant de proposer une énième introduction à la philosphie, les bonnes intentions de début d’année scolaire trouvant commode de se trouver ce genre de marronnier pour se donner du coeur à l’ouvrage. Cependant, un élève m’a donné ces derniers jours l’occasion de bifurquer sur d’autres voies, et d’entamer l’année comme si elle n’avait pas auparavant pris fin, c’est à dire comme si ce n’était pas la rentrée. Il aura suffi de demander, alors que nous évoquions la remise

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Fondu au noir

Paul Valery appartient à cette lignée d’auteurs français un peu exaltés qu’on préfère lorsqu’ils s’attachent à commenter les autres artistes. Penseurs inquiets, un peu trop sûrs d’être les fers de lance d’une civilisation qui a donné tout ce qu’elle pouvait (en somme, eux), ces écrivains auront cependant développé un véritable art du commentaire, qui se traduit chez Valery par une somme importante de textes s’intéressant aussi bien à la littérature, qu’à la philosophie, à la musique ou à la peinture.

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The Misfits

Maitres rhéteurs, on devine les philosophes grecs habiles embrouilleurs. Et si la philosophie se donne comme mission la recherche de la vérité, son premier moment, la prise de conscience de l’ignorance dans laquelle nous sommes, peut être considéré comme une illumination si on en fait une ouverture vers une connaissance à découvrir, ou comme une brusque extinction de toutes les lumières s’il s’agit juste de faire perdre le nord à tout le monde en recourant à ces caractéristiques nécessairement ambiguës

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Badiou en homme des cavernes

On avait promis, en classe, une relecture de l’allégorie de la caverne par Alain Badiou. L’exercice est amusant, mais surtout il vient aussi confirmer ce que certains élèves avaient évoqué : la caverne de Platon fait singulièrement penser à une salle de cinéma (même s’il faut se méfier, en revanche, de la ressemblance que certains films semblent entretenir avec elle, parce qu’il s’agit souvent d’une analogie sur le plan du récit, mais d’un contresens sur le fond (et on pense

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L’envers luisant

Il n’y a pas de meilleure voie, afin d’initier à la nécessité de la lumière que de plonger dans l’obscurité. Mais ce serait trop simple, de couper la lumière à ceux qu’on veut voir prendre le chemin de la lucidité, car ils seraient alors persuadés que pour s’en sortir, il suffit d’appuyer de nouveau sur l’interrupteur de l’éclairage artificiel. C’est là le paradoxe de la caverne socratique : ceux qui en sont prisonniers pensent y voient très clair. Ce n’est

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Pour quelques kilomètres/seconde de plus.

Il est rare que des découvertes scientifiques fassent la une des journaux. Les neutrinos pris en flagrant délit d’excès de vitesse ont connu leur quart d’heure de gloire warholien, surprenant tout de monde par leur vélocité, mais aussi par leur aptitude à détruire, à eux seuls, une bonne partie de la théorie de la relativité telle qu’Einstein l’avait constituée. Pour autant, il ne faudrait pas en déduire que ce qu’il y a de révolutionnaire dans cette découverte, ce soit le

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La vie est faite de morceaux, qui ne se joignent pas

Fenêtre sur cour, ça pourrait commencer comme un film d’Aménabar. « Ouvre les yeux. » Trois rideaux s’ouvrent sur une cour, sur laquelle donnent trente et un appartements. Tant qu’ils ne sont qu’une toile de fond, ce sont des anonymes indifférents qu’on aperçoit derrière leurs fenêtres. Mais dès que le regard traverse la fenêtre pour s’intéresser précisément aux scènes qui s’y jouent , ce sont des situations beaucoup plus identifiables qui se donnent à voir, partageant toutes un caractère commun : l’intimité.

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« Ce qui périt par un peu plus de précision est un mythe »

Répondant à une inconnue, à une femme absente en somme, qui pourrait tout aussi bien n’être que le fruit de l’imagination (pour le lecteur, elle devra le rester), Paul Valery développe dans sa Petite lettre sur les mythes un point de vue original sur ces récits qui, bien qu’imaginaires, tiennent dans de place dans nos vies dites ‘réelles’. Son interlocutrice invisible s’inquiète de la relation qu’entretient Valery avec Dieu et l’amour. Il lui répondra en plaçant ce dont il est

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Deus in fabula – Commentaire à partir d’un texte de Lucrèce

« Regarde maintenant en arrière, et vois quel néant fut pour nous cette vieille période de l’éternité qui a précédé notre naissance. Voilà donc le miroir où la nature nous présente ce que nous réserve l’avenir après la mort. Y voit-on apparaître quelque image horrible, quelque sujet de deuil ? N’est-ce pas un état plus paisible que n’importe quel sommeil ? De même assurément tous les châtiments que la tradition place dans les profondeurs de l’Achéron, tous, quels qu’ils soient,

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