Exemple d’introduction : « En quel sens peut on dire de l’homme qu’il est un être inachevé ? « 

Ghost in the Shell Depuis que Michel Foucault a, au vingtième siècle, montré que la figure de l’homme était une invention récente, depuis qu’au dixneuvième siècle Nietzsche a créé le concept de surhomme, nous avons pris l’habitude de considérer l’homme comme une créature provisoire, qui a surgi dans le monde, et s’en retirera nécessairement un jour ou l’autre quand la date de sa péremption aura été atteinte, ce que Foucault évoquait dans les dernières lignes de son livre phare « les mots et les choses » : « on peut bien parier que l’homme s’effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable. » Cette conception de l’homme comme créature limitée, tant dans ses ambitions que dans sa durée, même si elle est courament étudiée dans la sphère philosophique, heurte néanmoins le sens commun, qui imagine volontiers sur les traces de Descartes que l’homme, en tant que « maître et possesseur de la nature » a une place centrale dans ce monde, et qu’il est en quelque sorte de nature infinie. Par dessus Descartes, l’humanisme dans son ensemble va considérer l’homme comme un objet identifié, dont on cerne les contours et les caractéristiques essentielles, ce qui permet de le Ghost in the Shell« normer ». C’est d’ailleurs sur une définition précise de l’homme que se fonderont ce qu’on appellera les « droits de l’homme ». Nous sommes donc habitués à penser à l’homme comme à un objet clairement identifié, alors que la philosophie, depuis le dix-neuvième siècle, semble prendre des distances par rapport à cette conception claire et distincte de l’homme. On pourrait en déduire qu’il s’agit là d’une querelle opposant les classiques et les modernes, et ce sera l’un des axes de notre réflexion, car l’abandon des sources religieuses d’explication de ce qu’est l’homme ne peut que provoquer des ruptures avec l’image classique de l’humanité. Mais il faudra dépasser cette opposition historique, en s’intéssant aux germes d’inachèvement de l’homme que l’on peut trouver dans l’antiquité, par exemple à travers l’étude qu’Aristote fait du sens qu’a pour l’homme le fait d’avoir des mains. Ainsi pourra t-on déterminer en quoi on peut considérer l’homme comme un être véritablement inachevé.

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