Sujet traité : La vérité est elle soumise au temps ?

Mise en garde lancée aux petits malins qui cherchent sur le net le traitement intégral de sujets qui leurs sont donnés par leur professeurs, croyant ainsi berner le correcteur qui sommeille en celui-ci (et y parvenant d’ailleurs parfois) : ce que je mets en ligne ici n’est que le résultat d’un travail effectué en classe, de mise en ordre des idées à partir d’une réflexion menée sur l’idée de vérité. Que les filous s’inspirent donc plus de la méthode que du propos lui-même : beaucoup de sujets peuvent être traités en s’appuyant sur un travail effectué au brouillon, qui consiste à discerner deux ou trois grandes manières de définir le concept principal mis en jeu par la question posée. Ainsi, on va le voir, le mot « vérité » va avoir dans la réflexion qui suit trois sens différents. Bien entendu, il faut aller du moins précis, du plus vague, au plus approfondi. Voila ce que ça donne une fois rédigé :

Introduction :

Si on a pris la mauvais habitude de qualifier de « vrai » ou « faux » tout et n’importe quoi (on achète une fausse montre Cartier, avec de la fausse monnaie, on est convaincu de voir au Louvre un vrai Léonard de Vinci), et en particulier des objets, l’usage voudrait qu’on évite de recourir à cette idée lorsqu’il s’agit d’objets, et qu’on le réserve aux jugements : les objets seront alors dits « réels », ou pas, alors que tel discours, tel propos, telle connaissance seront dits « vrais » ou « faux ». Si cela permet d’ordonner un peu nos propos, néanmoins ce n’est pas suffisant. En effet, la vérité est définie selon deux critères qui ne sont pas toujours simultanément respectés : tout d’abord, est vrai un discours qui est conforme à ce dont il parle. Ensuite, ce qui est vrai ne peut pas être faux. En effet, la vérité est conçue comme étant éternelle : ceux dont les propos se contredisent tout le temps montrent par là que, soit ils ne possèdent pas la vérité, soit ils mentent. Ainsi, dans l’idéal, la vérité serait un discours semblable à la réalité, valable éternellement. Le problème, c’est que la manière dont nous pensons et disons la vérité n’est pas conforme à la définition qu’on en donne, à tel point qu’on peut être amené à remettre en question l’éternité et le caractère absolu de la vérité, pour la considérer finalement comme soumise au temps. Tout d’abord, on va time_by_natdatnlle voir, si la vérité change, c’est bien parce que la réalité elle même dont elle parle change aussi, et que nos discours doivent bien suivre ce mouvement. On verra que c’est ce qui caractérise ce premier degré de vérité qu’est l’opinion. Mais si la vérité change, aussi, c’est parce que nous mêmes évoluons dans nos connaissances, et que celles ci interagissent de telle manière que certaines sont parfois remises en question. C’est là le travail essentiel de la science. Enfin, nous pourrons confronter ces manières dont nous sommes concrètement en quête de vérité à l’idéal de vérité, qui demeure l’éternité.

1 – L’opinion, accord permanent à ce qu’on croit être le réel.

A – L’opinion est ce qui nous semble vrai

A moins d’être de mauvaise foi (mais on n’est pas de mauvaise foi sans le savoir soi-même), quand nous exprimons nos opinions, c’est que nous les considérons comme l’expression de la vérité. Ainsi, même si la tradition philosophique a fait de l’opinion un niveau de discours qui manque de fiabilité et de valeur, au quotidien, à chaque instant, c’est bien à l’opinion que nous confions le soin de constituer et exprimer ce que nous considérons comme relevant de la vérité. Ainsi, l’opinion est en quelque sorte pour nous la manière dont nous reconnaissons parmi l’univers des discours tenables, celui que nous tiendrons. Elle constitue par la même occasion notre connaissance et notre pensée, puisque l’une comme l’autre ne sont rien d’autre qu’un discours qu’on se tient à soi-même. C’est ainsi que nous mettons en accord le monde et notre pensée, et nous ne pouvons qu’accorder à ces propos la valeur de « vérité ».

B – L’opinion est l’expression de l’instant présent

Si l’opinion vraie décrit la réalité telle qu’elle est, alors on s’accordera à dire qu’à partir du moment où la réalité change, l’opinion doit la suivre dans ce mouvement. Ainsi, non seulement ne peut on pas reprocher à l’opinion d’être changeante, mais encore faudrait il voir dans une opinion immuable un signe d’erreur : le monde change, ce qu’on en dit maintenant ne sera plus vrai demain, il est donc nécessaire de réviser en permanence l’opinion afin de coller à la réalité. Et si l’opinion est un discours vrai, alors on est obligé d’admettre que la vérité change avec le temps. Ainsi, régulièrement, les manuels de géographie sont ils obligés de corriger l’altitude de tel ou tel sommet (y compris du plus élevé d’entre eux) afin de suivre les mouvements d’érosion ou de surrection qui modifient en permanence cette donnée.

C – L’opinion est la forme de vérité qui se caractérise par le relativisme et l’éphémère.

Dès lors, on peut admettre que la vérité, pour obéir à la nécessité de correspondance avec le réel, change au fil du temps. On peut même considérer que suivant le cadre dans lequel on se trouve, la réalité soit radicalement différente, et que la vérité s’exprimes alors en des termes, et selon des discours tout autant différents : constater, entre êtres humains, qu »on n’est pas du même monde », c’est deviner à l’avance qu’on sera en désaccord sur la plupart des terrains de discussion, y compris parmi les plus généraux et les plus essentiels, parce que les hommes ne vivent finalement pas dans LE monde, mais dans LEUR monde, et que dès lors chacun construit sur ce qui lui apparait comme « la réalité » un discours qui lui paraît vrai, bien qu’il soit relatif, particulier, et sans doute éphémère. Mais dans ce cadre là, on peut considérer que la vérité est bel et bien soumise au temps.

Transition.

Cependant, la pensée ne se réduit pas aux seules opinions. Sinon, aucun accord entre les esprits ne serait possible, et la discussion elle même serait sans doute rendue presque impossible, chacun demeurant dans un monologue auto-convaincu. De plus, nous avons jusque là évoqué la vérité comme une juste description du monde tel qu’il est. Or nous allons maintenant voir qu’on ne peut pas réduire la connaissance à ce simple rôle de « description » : loin de se limiter aux seuls cas particuliers (tel objet a telle caractéristiques ici et maintenant, tel autre objet a telle autre caractéristique ici et maintenant), la connaissance s’intéresse en fait aux généralités, et c’est sur ce terrain que travaille un degré de connaissance plus élevé que la simple opinion : la science.

2 – Le jugement prudent

A – La science tente d’aller au delà des apparences sensibles, là où l’opinion s’y fie.

Comme l’opinion, la science peut être considérée comme une description du monde, qui se donne pour objectif d’être aussi fidèle que possible à la réalité. Mais à la différence de celui qui se fie à ses impressions, le scientifique sait que l’observation est ce qui nous fait prendre des illusions pour la réalité : celle ci se trouve au delà de ce qui est observable, et nos sens ne nous donnent sur le monde qu’un point de vue particulier, limité, subjectif là où la vérité scientifique tente d’être générale, universelle et objective. Ainsi, par exemple, croyons nous voir des couleurs qui ne sont en fait que l’interprétation que notre cerveau effectue des longueurs d’ondes de la lumière quand celle ci frappe notre rétine : ainsi, la réalité ne comporte t elle pas de couleurs en dehors de la vision qu’en a l’homme. Cela ne signifie pas qu’il n’existe aucun phénomène physique derrière la perception des couleurs, simplement, ce phénomène ne se réduit pas à ce qu’on en voit, et la juste expression scientifique des couleurs se trouvera dans le résultat de la mesure de la fréquence de la lumière, grâce à un spectrographe, autrement dit, grâce à un dispositif qui va transformer l’impression subjective en donnée objective que même les daltoniens devront reconnaître (on constatera alors qu’une même mesure objective peut donner lieu à plusieurs impressions subjectives). Alors, on pourra dépasser l’opinion, puisque celle ci apparaitra comme l’expression de ceux qui se laissent guider par leurs premières impressions.

B – Mais la science dépend néanmoins des moyens d’observation et d’étude dont elle dispose.

Dès lors, la science semblerait bien être en possession de vérités qu’on pourrait considérer comme éternelles. Pourtant, ce n’est pas si simple : la science demeure tributaire des moyens qu’elle met en oeuvre pour observer et décrire le monde. Ainsi, quand un nouvel appareil d’observation apparait, c’est comme si la réalité elle même changeait, puisque c’est un tout nouveau monde qui apparait aux yeux du scientifique. Le microscope, la lunette astronomique vont être le point de départ d’autant de découvertes qui vont bouleverser la vision que l’homme a de l’univers tout entier (on pense, par exemple, à la découverte des satellites de Jupiter par Galilée). Ainsi, avant que la lunette astronomique ne soit inventée, l’univers est certes tel qu’il est encore aujourd’hui, mais les hommes n’ont sur lui qu’un regard limité par un horizon technique restreint, qui les pousse à penser que la Terre est une planète spécifique, puisqu’elle dispose d’un satellite, la Lune. Tous les grands scientifiques sont ceux qui ne se contentent pas de dire quelque chose de nouveau sur une réalité qui serait déjà observée par d’autres, mais qui bouleversent totalement ce qu’on entend derrière le mot « réalité ». Qu’on pense en particulier à la manière dont, depuis l’antiquité, on sait que la Terre est ronde, et dont néanmoins, on va continuer à faire comme si elle était plate pendant encore des siècles : c’est que, tout simplement, il n’y a au quotidien aucun témoignage de la rotondité de la Terre qui puisse permettre de voir dans cette forme quoi que ce soit qui corresponde à la « réalité ». Il faudra attendre de disposer de moyens de déplacements susceptibles de mettre en évidence cette description pour que ce discours devienne « vrai ».

C – Cette dépendance aux moyens d’étude est commune à toute entreprise de connaissance.

Ainsi, même si la science poursuit bel et bien une vérité qui soit universelle, et évite le plus possible les simples déclarations d’opinions, elle doit constater qu’il y a entre son idéal et ce à quoi elle parvient une distance considérable, qui est due au fait que les moyens mis en oeuvre par l’homme pour connaître la réalité modifient peu à peu la définition même de ce qu’on appelle communément la réalité, à tel point que si on demandait à deux hommes, dont un seul serait scientifique, en ce début de XXIè siècle, de definir ce qu’il nomme « réalité », on constater à quel point leur définition différerait, puisque nous appelons communément « réel » ce qui peut être constaté par l’expérience, alors que la science actuelle s’occupe d’objets qui, pour la plupart, échappent à toute observation possible. Ainsi, contrairement à ce qu’on pouvait penser, la science n’étudie pas un monde qui serait posé, indépendant, immuable, et auquel nos discours devraient s’accorder. Au contraire, c’est la connaissance qui, en progressant, constitue le monde qu’elle cherche à connaître, de telle sorte que, bien que la proposition soit étonnante, on puisse affirmer que l’homme du XXIè siècle ne vit pas du tout dans le même monde que ses ancêtres qui habitèrent la Terre dans l’Antiquité. Les sciences humaines sont un terrain sur lequel ces phénomènes sont particulièrement sensibles, dans la mesure où les objets qu’on y observe (les échanges, les classes sociales, les déplacements de population, les orientations sexuelles, la banlieue, les pratiques culturelles, etc.) n’apparaissent comme objets que lorsque la science s’y intéresse. Ainsi, dans la science, même si c’est pour des raisons tout à fait différentes, la vérité semble bel et bien soumise au temps.

Transition.

Si la vérité est à ce point malléable et changeante, devons-nous alors considérer la connaissance comme étant fondamentalement relative, chacun pensant le monde tel qu’il l’entend, au moment où il le fait et selon les modalités que sa culture lui permet ? Ne faut il pas, alors, abandonner toute référence à l’idée même de vérité, pour privilégier l’idée d’un discours diversifié dans lequel tout le monde aurait, à sa façon, et pour son propre compte, raison ? Nous allons voir qu’on peut éviter un tel écueil à partir du moment où on repère de manière plus précise ce dont il s’agit quand on parle de « vérité ».

3 –

A – Les mathématiques, modèle de toute connaissance indépendante du temps.

Le problème auquel nous nous confrontons n’est en fait pas nouveau : dans l’Antiquité déjà, alors que les physiciens tentent tous de trouver dans la matière la quintessence de celle ci, c’est à dire le principe qui l’unifie et qui permettrait de dire quelque chose d’absolument certain sur le monde, en ramenant tout à ce principe unique, Socrate va réaliser que ce principe ne peut pas être cherché dans le monde matériel, précisément parce que celui ci est en perpétuel mouvement, et que nous mêmes ne parvenons pas à trouver de juste point de vue pour l’observer. Il proposera alors de considérer que la vérité n’est pas de « ce monde » matériel auquel notre corps appartient, mais qu’il s’agit de la chercher dans ce qui, en nous est immuable : les idées. En effet, si la matière n’est pas du tout le même objet pour un physicien de l’antiquité et pour un scientifique actuel, il n’en demeure pas moins que l’idée de « matière » sur laquelle ils travaillent demeurent la même. Evidemment, la science qui révèle le mieux le caractère universel et éternel de la vérité, c’est celle qui est totalement indépendante de toute forme d’observation de la matière : les mathématiques. En effet, définir aujourd’hui une droite, c’est dire exactement la même chose que les géomètres antiques, et participer à une vérité qui traverse les siècles, intouchable, à tel point qu’on est certain que dans les millénaires qui viennent, s’il y a encore des humains pour partager des connaissances avec leurs descendants, ils leur enseigneront des mathématiques conformes à celles que nous pratiquons aujourd’hui. Pour les autres disciplines, on ne peut pas avoir les mêmes certitudes, (et ce d’autant moins que depuis des décennies, nous transmettons la physique newtonienne alors même que le relativisme et la physique quantique l’ont invalidée). Ainsi, il y aurait dans les mathématiques le coeur de la connaissance, c’est à dire cette vérité qui se présente, au dessus des opinions et des hypothèses changeantes, comme éternelle, absolue, universelle.

B – Ce modèle peut-il être appliqué dans d’autres domaines que les mathématiques ?

Doit on alors considérer que ce domaine des sciences hypothético-déductives est alors le terrain de la vérité éternelle là où les sciences expérimentales seraient vouées aux énoncés éphémères ? Par forcément, car bien que la connaissance progresse, et que certains discours soient reconnus comme faux après avoir été pourtant reconnus pendant des siècles comme vrais, tout discours ne peut pourtant pas être vrai, et le relativisme ne peut pas devenir universel. En effet, pour qu’une thèse soit scientifiquement reconnue, il faut qu’elle soit conforme à la logique, qui n’est rien moins que la structure même du raisonnement mathématique. Ainsi, il y a bien quelque chose de constant dans le discours scientifique, au delà de ses revirements apparents : la colonne vertébrale des théories est la raison elle même, dont les règles sont immuables. Et c’est bien le respect de ces règles, dont la première est le refus de la contradiction (un propos ne peut pas être simultanément vrai, et faux, on ne peut pas en même temps affirmer une chose et son contraire), qui légitime les changements de théories scientifiques. C’est la contradiction des faits qui va venir contraindre à passer d’un discours à un autre, sans changer pour autant le fondement de la connaissance, c’est à dire la raison. Et Socrate a simplement ce génie d’appliquer à l’ensemble des connaissances cette méthode : se demander ce qu’est le Beau, le Bien, la Justice, le Courage, c’est toujours mener une investigation éloignée des considérations matérielles trop relatives, pour essayer, grâce à la raison, d’aller vers des discours qui concernent ces Idées en elles mêmes, désincarnées, tout comme les propriétés géométriques de la droite valent pour toute droite possible, et non pour tel ou tel cas particulier.

C – Ainsi, l’homme peut il espérer, par delà les compromissions au temps, s’approcher de la vérité

On le voit, quand il semble tomber dans l’incohérence parce qu’il change d’avis et de discours, l’homme semble errer sans but et sans orientation. Ceux qui raillent l’usage de la raison, l’attitude scientifique et la quête de vérité, préférant pour les uns l’ignorance, et pour les autres la Révélation ont d’ailleurs souvent attaqué la science et la connaissance humaine précisément à partir de l’argument de la relativité des connaissances humaines, du manque d’universalité qui les caractérise. Certes, l’ignorance a ceci d’intéressant qu’en s’y prenant bien, elle peut demeurer égale à elle même. Mais on voit bien qu’il s’agit d’un abandon, et d’une facilité. Quant à ce qui se présente à certains comme La Révélation, toute observation extérieure ne peut qu’y voir Une révélation parmi d’autres, qui n’a de valeur universelle que pour ceux qui y adhèrent. Il n’y a là, pour ceux qui s’attachent à la lettre des messages transcendants hypothétiquement adressés aux hommes, qu’une promesse de vérité partagée en comité restreint (des millions de fidèles de forment jamais une humanité universellement convertie), et toujours limitée aux dates d’apparition historique du message, et de dilution de celui ci dans l’oubli. En revanche, dans la foi religieuse peut se lire la tension de l’homme entre un monde matériel reconnu comme ne suffisant pas, comme éphémère et incapable de proposer une connaissance échappant aux lois du temps. L’homme qui se tourne vers l’au delà adopte une position qui, s’il ne prend pas cet outre-monde pour une copie plus plaisante de ce monde ci, est proche de celle que Socrate pratique lui même. Le scientifique lui même, quand il est conscient qu’il n’observe qu’un monde que sa science elle même produit au fur et à mesure qu’elle apprend à le connaitre, sait bien qu’il n’y a pour l’homme, aucune autre réalité que ce que son esprit génère, au delà de la matière sensible.

Conclusion

Ainsi, on l’a vu, l’homme est porteur d’un double système de connaissance, capable de reconnaître deux niveaux de vérités. L’un consiste simplement en ce qu’il est nécessaire de savoir, au quotidien, pour parvenir à se comporter de manière cohérente par rapport au monde tel qu’on croit le connaître. C’est ce qui permet à nos ancêtres de vivre sur une Terre plate sans se prendre les pieds dans le tapis de leur propre territoire : aussi étrange que cela puisse nous sembler, leur terre est réellement plate, puisqu’il n’y a pour eux aucune autre réalité que celle dans laquelle ils vivent, du jour de leur naissance jusqu’à leur mort. L’autre consiste dans cette aptitude typiquement humaine, qui lui permet de savoir que ce qu’il sait peut être considéré comme vrai sans l’être absolument. L’homme est capable de se dire « pour le moment, contentons nous de ça », c’est à dire de reconnaître comme vrai ce dont il sait bien que ce n’est qu’une connaissance provisoire. Ainsi distinguons nous la vérité telle que nous l’exprimons, qui respecte des règles d’énonciation dictées par la logique, et La Vérité en tant qu’idéal, dont on est bien conscient de ne pas l’avoir atteinte, et qui justifie précisément qu’on révise en permanence nos connaissances trop provisoires. La Vérité n’est donc soumise au temps que lorsqu’elle est pratiquée et connue par les hommes. Au delà, il est possible de concevoir une vérité qui soit indépendante de toute autre forme qu’elle même, temps ou espace. Mais de fait, les hommes qui prétendent l’avoir atteinte, ou l’avoir reçue, et pensent pouvoir se contenter de la reproduire telle qu’elle, à la lettre, oublient précisément qu’ils ne sont qu’hommes, et qui ni eux ni leur connaissance ne peuvent échapper à la loi du temps, qui fait que tout passe en lui, et que ce qui demeure constitue pour l’homme, au sens strict, un « au-delà » dont il ne peut observer que des aperçus successifs.

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