Escale à Beyrouth

Suite de notre tour du monde des sujets 2010 en philosophie, voici ceux qui ont été proposés aux élèves au lycée franco-libanais de Beyrouth.

On le verra, ça se confirme : les nouvelles notions au programme sont au coeur de certains sujets. Il fallait bien que ça arrive un jour !

Faut-il le rappeler ? Nécessairement, ce sont d’autres sujets qui seront proposés Jeudi 17. Néanmoins, ici encore, se confronter à ceux qui ont été proposés aux élèves des lycées français à l’étranger semble constituer une bonne manière de se préparer. Dans les jours qui précèderont le jour J, je mettrai ici même en ligne quelques pistes pour traiter certains d’entre eux, qui sont particulièrement intéressants.

Série L : Pas encore publiés, à suivre…

Série ES

Sujet 1 : La technique libère t-elle les hommes de la souffrance ?

Sujet 2 : Commémorer le passé, est-ce le connaître ?

Sujet 3 : Commentaire de texte

« dLa moralité consiste à réaliser des fins impersonnelles, générales, indépendantes de l’individu et de ses intérêts particuliers. Or, la raison, par sa constitution native, va d’elle-même au général, à l’impersonnel ; car elle est la même chez tous les hommes et même chez tous les êtres raisonnables. Il n’y a qu’une raison. Par conséquent, en tant que nous ne sommes mus que par la raison, nous agissons moralement, et, en même temps, nous agissons avec une pleine autonomie, parce que nous ne faisons que suivre la loi de notre nature raisonnable. Mais, alors, d’où vient le sentiment d’obligation ? C’est que, en fait, nous ne sommes pas des êtres purement rationnels, nous sommes aussi des êtres sensibles. Or, la sensibilité, c’est la faculté par laquelle les individus se distinguent les uns des autres. Mon plaisir ne peut appartenir qu’à moi et ne reflète que mon tempérament personnel. La sensibilité nous incline donc vers des fins individuelles, égoïstes, irrationnelles, immora-les. Il y a donc, entre la loi de raison et notre faculté sensible, un véritable antagonis-me, et, par suite, la première ne peut s’imposer à la seconde que par une véritable contrainte. C’est le sentiment de cette contrainte qui donne naissance au sentiment de l’obligation. »

Durkheim – L’éducation morale

Série S :

Sujet 1 : Faut-il se méfier de ses désirs ?

Sujet 2 : Peut-on ne pas adhérer à une démonstration ?

Sujet 3 : Commentaire de texte

 » Tout animal a des idées puisqu’il a des sens, il combine même ces idées jusqu’à un certain point, et l’homme ne diffère de la bête que du plus au moins. Quelques philosophes * ont même avancé qu’il y a plus de différence de tel à tel homme que de tel homme à telle bête ; ce n’est donc pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre. La nature commande à tout animal et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer, ou de résister ; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme : car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées ; mais dans la puissance de vouloir ou plutôt de choisir, et dans le sentiment de cette puissance on ne trouve que des actes purement spirituels, dont on n’explique rien par les lois de la mécanique. »

Rousseau -Discours sur l’origine et les fondements de l’Inégalité parmi les Hommes

Une petite remarque sur l’illustration. M’étant innocemment lancé dans l’idée d’illustrer chaque salve de sujets provenant de ces lointaines contrées par des images d’archive de l’histoire des compagnies aériennes, mettant en scène des équipages souriants, je n’avais pas réalisé que j’aurais du mal à trouver des photos commerciales de la Middle East Airways, la compagnie aérienne libanaise qui soient un peu calquées sur le modèle américain ou indien. Cette photographie a dès lors, mine de rien, une saveur un peu particulière : prise en 1967 sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth, on y voit un appareil (un Vickers VC10, pour ceux qui aiment les avions et les précisions) qui fait partie des 13 avions détruits en Décembre 1968 par un commando israélien, en représailles à l’attaque d’un vol d’El-Al (la compagnie aérienne israélienne El-Al, en hébreu, signifie « vers les hauteurs »)) deux jours plus tôt sur l’aéroport d’Athènes, revendiquée depuis le Liban. Les aéroports sont les pas de tir du dépaysement, mais l’histoire de leurs ouvertures et de leurs fermetures, ainsi que celle des compagnies aériennes qui y font, ou non, escale, sont un bon fil d’Ariane pour qui veut suivre l’hitoire du XXè siècle. Il n’est pas étonnant que les photographies de l’aéroport de Beyrouth soient moins festives que celles de Washington.

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