Prendre fait et cause

On poursuit notre promenade dans les sujets de Pondichéry avec cet intéressant, mais exigeant, texte de Francis Bacon, qui va nous fournir l’occasion de réviser quelques connaissances d’épistémologie, sous un angle nouveau.

Les consignes du baccalauréat sont claires : on n’est pas censé connaître la pensée de l’auteur du texte qu’on va expliquer. C’est le texte lui-même, et lui seul, qu’il s’agit d’expliquer. En revanche, mieux vaut connaître les références plus ou moins implicites qu’on croise dans le texte lui-même. Ici, on peut se permettre de ne pas connaître Francis Bacon. En revanche, mieux vaut s’y connaître un peu en matière de philosophie scolastique, parce que sinon, on pourrait croire que c’est à Platon que le texte s’oppose, ce qui n’est pas tout à fait suffisant pour en comprendre la démarche. Pour autant, comme on peut le penser, on a intégré cette possibilité dans le commentaire qui suit, mais on l’a complété avec l’évocation de la pensée d’Aristote, qui est en fait la cible de ce plaidoyer empiriste.  Si on veut construire la réflexion en deux temps, dont le premier serait l’explication linéaire du texte, ce qui suit est cette première partie. Il s’agira, ensuite, de proposer une mise en perspective de l’empirisme proposé par Bacon, en se demandant s’il est possible de concevoir une expérience qui ne devrait elle-même, rien à l’entendement : peut-on connaître les faits eux mêmes ? Ne sont-ils pas, eux mêmes, « faits » ? Et la notion de cause est-elle, elle-même, observable en tant que telle, n’est-elle pas un concept que Bacon lui-même plaque sur les êtres pour les comprendre ? Ce seront des questions qu’on posera dans un prochain article, qui complétera donc cette explication linéaire.

« La vanité de l’esprit humain l’écarte et le retarde dans sa marche. Il craint de s’avilir dans les détails. Méditer sur un brin d’herbe, raisonner sur une mouche : manier le scalpel, disséquer des atomes, courir les champs pour trouver un caillou, quelle gloire y a-t-il, dans ces occupations mécaniques ; mais surtout quel profit, au prix de la peine ? Cette erreur prend sa source dans une autre qui part du même orgueil, et c’est la persuasion, où l’on s’entretient, que la vérité est comme innée dans notre entendement, qu’elle ne peut y entrer par les sens, qui servent plutôt à le troubler qu’à l’éclairer. Cette prévention, ou plutôt cette aliénation de l’esprit, est fomentée par les partisans mêmes des sens ; car en prétendant que nous recevons toutes les vérités par ce canal, ils n’ont pas laissé de perdre leur temps à la spéculation, et d’abandonner l’histoire de la nature, pour suivre les écarts de l’imagination.

L’entendement crée des êtres à sa façon, c’est-à-dire, des êtres imaginables. Ses conceptions lui représentent la possibilité, et non pas l’existence des choses. De là le règne des idées abstraites, ou le monde fantastique des intellectuels, tellement accrédité par une espèce de superstition pour les choses outrées, que leurs rêves sont devenus un délire général. Tel est l’abus de cette métaphysique qui, supposant des images sans modèles, et des idées sans objet, fait de cet univers une illusion perpétuelle, et comme un chaos de ténèbres palpables.

Le dégoût pour ce qu’on appelle les petites choses dans l’observation, est la marque d’un esprit étroit, qui n’aperçoit pas l’ensemble des parties et l’unité des principes. Tout ce qui entre dans l’essence des causes, est l’objet de la science de l’homme ; car la science n’est elle-même que la connaissance des causes. »

Francis Bacon (1561 – 1626), Pensées et vues générales, ou récapitulation

La philosophie, quand elle pense la science, est probablement tentée de plier celle-ci à sa propre tradition : le mépris de ce qui peut être observé, et la préférence pour les idées générales, dont le monde sensible ne serait qu’un dérivé imparfait. C’est que la connaissance, depuis qu’on veut l’établir sous d’autres formes que celle du mythe, met en concurrence deux facultés : les sens Francis_Bacon,_Viscount_St_Alban_from_NPG_(2)d’un côté, qui permettent une connaissance fondée sur l’observation, dont on pourrait craindre qu’elle ne soit qu’une longue liste d’observations déconnectées les unes des autres; la raison de l’autre, qui est habile dans la construction de connaissances générales, de grands concepts rassemblant sous leurs énoncés une masse la plus grande possible de phénomènes, dont on peut se demander toutefois si les magnifiques constructions sont encore en rapport avec ce que nous appelons « réalité ». Ces deux manières de concevoir la démarche scientifique ont longtemps été considérées comme opposées, l’une, idéaliste, localisant la vérité dans le domaine des idées à la façon dont on pouvait la penser chez Platon;  l’autre, empiriste, considérant que les idées livrées à elles-mêmes peuvent égarer l’esprit dans des territoires qui ont plus à voir avec l’imaginaire qu’avec le réel, considérant que c’est la réalité que la science doit connaître, et que ce sont les sens qui le permettent. Francis Bacon est connu pour avoir été celui qui a pensé les fondements de l’empirisme, cette tradition philosophique et épistémologique qui a été un temps assimilée à la science elle-même, et si on ne le savait pas, cet extrait des Pensées et vues générales permettrait d’en prendre connaissance. On se doute donc que l’extrait que nous allons travailler développe la thèse empiriste. Sa stratégie consiste tout d’abord à montrer quelles sont les deux arguments qui s’opposent à l’empirisme. Le mépris pour les détails du monde, et pour les sens qui permettent de les observer d’une part; mais aussi d’autre part la dérive des observateurs de la matière vers une pratique purement spéculative qui oublie ses propres principes. Ensuite, il reste à exposer les raisons pour lesquelles on ne peut pas fonder la connaissance scientifique sur la seule Raison, dans la mesure où celle-ci ne connait en définitive que les objets qu’elle crée elle-même. Bacon peut alors définir la science comme une recherche des causes. Reste à savoir si le concept de cause peut être tiré, lui-même, de la seule observation du monde, si en somme on peut suivre Bacon dans l’hypothèse d’une expérience qui ne devrait rien à quoi que ce soit d’autre qu’elle-même.

Tout d’abord, donc, l’entreprise de Bacon consiste à observer la manière dont la science s’établit selon une méthode qui, à ses yeux, est erronée. Et pour mieux le montrer, il s’ingénie à décrire la façon dont on caricature volontiers ce qui constitue, pour lui, la méthode véritable, c’est à dire l’attention portée aux détails. « Méditer sur un brin d’herbe, raisonner sur une mouche », on constate avec plaisir que le seizième siècle finissant a déjà une idée précise de ce qu’on fait subir aux mouches quand on commence à examiner scientifiquement, méticuleusement, des objets dont le sens commun s’accorde à considérer qu’ils n’en valent pas la peine. Aller jusqu’au plus intime des êtres qu’on étudie, les disséquer, aller jusqu’aux atomes, voila les exigences, pour Bacon, de la prudence, de la méticulosité, de la méthode. Ici, on reconnaît les signes avant coureurs de la méthode cartésienne, lorsque celle-ci recommande, dans la deuxième partie du Discours de la méthode, de « diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre ». Précision, exhaustivité des analyses, découpage des être en autant de parties qu’on peut en observer, voici un travail lent, pénible, interminable sans doute, à l’échelle de l’univers, dont on devine bien qu’il est peu gratifiant, dans la mesure où il ne s’agit que d’additionner une multitude d’infinitésimales observations, dont aucune n’a la puissance ou le caractère spectaculaire des grandes découvertes. « Courir les champs pour trouver un caillou », autant chercher une épingle dans une botte de foin. C’est l’image même de celui qui cherche « la petite bête », qui fouille obsessionnellement des données, là où la plupart des autres se contenteraient d’un extrait, d’une synthèse, d’un échantillon représentatif. Sauf que pour être considéré comme représentatif, il faut qu’on sache déjà ce qu’on veut faire dire à l’échantillon, ce dont il est censé être la représentation; ce qui signifie qu’il n’est plus que l’illustration d’une pensée déjà constituée, d’un concept qui lui préexiste, qu’il n’est donc pas ce à partir de quoi la connaissance se constitue. D’où vient ce qui constitue, pour Bacon, une erreur ? De la préférence que nous avons pour l’entendement, c’est à dire, pour ainsi dire, pour la raison, et – c’est le même principe erroné -, du mépris avec lequel nous regardons les sens, que nous considérons comme source d’erreur : ils nous troublent, là où la raison est réputée être une lumière, la lumière même si on en croit Platon, qui nous éclaire. Nous sommes persuadés que la vérité est déjà là, dans notre entendement, et qu’il suffit de plonger en lui pour l’y trouver. On retrouvera cette référence à l’idéalisme platonicien, plus claire, dans quelques lignes.

Mais cette erreur a une autre source, qui est plus paradoxale, car elle vient de ceux là même qui pensèrent que la connaissance vient des sens. L’argument est difficile à comprendre sans savoir quel destin a eu la pensée aristotélicienne dans l’histoire, et quel écho le temps de Bacon en perçoit. En effet, Aristote est souvent présenté comme celui qui observe la matière, là où Platon regardait le ciel. La fameuse fresque de Raphael, L’Ecole d’Athènes, nous les montre ainsi, celui-ci le doigt montrant le ciel, celui-là la main tendue vers le sol; deux pensées diamétralement opposées, deux démarches se tournant le dos. On pourrait penser alors que, s’opposant à l’idéalisme, Aristote soit le créateur de l’empirisme, puisqu’il semblerait chercher la vérité dans la matière. Mais aux yeux de Bacon, Aristote va trop vite en besogne pour pouvoir être considéré comme empiriste. En effet, tout se passe comme s’il cherchait dans les êtres le signe de quelque chose qu’il établit immédiatement comme principe de ceux-ci, et à partir de ce moment il s’intéresse beaucoup plus à ce principe qu’à l’observation. Ainsi, il n’hésite pas à affirmer que s’il a des mains, c’est parce que l’homme est intelligent. Un tel propos n’a l’air de rien, mais il relève d’une logique très particulière, qui n’est pas celle de l’empirisme, quand bien même Aristote semble bien partir d’une simple observation : Ce qu’Aristote déduit de la présence, chez l’homme, des mains, c’est qu’il doit bénéficier de ces deux membres, parce qu’il est intelligent.  On a là une illustration possible de cette caractéristique étonnante que présentent la connaissance de la nature chez Aristote : le finalisme. En effet, observant les êtres, il considère que la cause de leur forme, de leur organisation, c’est la fin vers laquelle ils tendent. Selon cette logique, les enfants naîtraient sans dents parce qu’ils doivent pouvoir têter le sein de leur mère sans la faire souffrir. On ne peut pas dire qu’un tel énoncé soit indifférent à l’observation du monde. Cependant, on ne peut pas dire non plus qu’elle soit empiriste, parce qu’en réalité, elle met l’observation au service d’un principe plus grand qu’elle, et c’est de nouveau l’entendement, c’est à dire l’aptitude à mettre en ordre la diversité observée qui est à la commande du savoir. Bacon en est d’autant plus persuadé que, ce qu’on connait d’Aristote en son temps, ce sont surtout ses travaux logiques, qui mettent en avant la nécessité de la cohérence interne des énoncés. Dès lors, tout en étant ce philosophe qui n’est pas idéaliste, il est cependant considéré à la Renaissance (et c’est ainsi que Descartes, par exemple, le considère aussi) comme le maître d’une pensée qui tourne à vide, qui se perd dans la gratuité d’une spéculation sans fin, ergotant sur des arguments logiquement raffinés, qui ont cependant le défaut d’être de plus en plus oublieux de l’observation du monde. Ainsi, dans cette fin de premier paragraphe, c’est à une critique de la pensée scolastique que se livre Bacon, dans un style qui n’est pas sans annoncer, de nouveau, le propos de Descartes dans son Discours de la méthode, à la sixième partie, lorsqu’il écrit : « Au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. » Ce que vise ici Descartes, à son tour, c’est cet héritage aristotélicienne qu’on appelle « scolastique », cette fameuse pensée apprise, en ce temps là, à l’école (schola en latin, σχολή (skolé ) en grec), qui concentre son attention, exclusivement, sur l’analyse logique des énoncés, et sur leur commentaire, au mépris de toute forme d’observation. Si Descartes critique cette attitude, c’est parce qu’elle est purement spéculative, c’est à dire qu’elle est étrangère à toute forme d’action. Si Bacon la critiquait avant lui, c’est parce qu’elle est tout à fait étrangère à la démarche empiriste qu’il cherche à fonder.

L’histoire du mépris pour les faits étant établie, et l’entendement étant identifié comme le coeur du problème, Bacon peut désormais s’intéresser à celui-ci, dans une démarche critique qui s’oppose autant à l’idéalisme platonicien qu’à la pensée aristotélicienne : renvoyant les deux pères de la philosophie dos à dos, Bacon reproche à toute démarche faisant prévaloir l’entendement sur les sens, de produire une pensée qui se prend elle-même pour objet, c’est à dire une pensée qui oublie le monde, et préfère s’accomplir dans un espace imaginaire, créant des objets qui lui conviennent, qui lui assureront de produire des énoncés cohérents. Le second paragraphe est d’ailleurs frappant, dans sa manière d’appliquer à l’univers idéaliste de Platon (les « images sans modèles, et des idées sans objet ») un vocabulaire typiquement aristotélicien (la « métaphysique », tout particulièrement, mais aussi l’intérêt marqué pour le « possible », et donc le dédain pour « l’existence des choses »). Cette démarche qu’il critique, permet d’établir un monde d’énoncés qui sont cohérents entre eux, et qui peuvent n’avoir plus aucun lien avec l’univers physique que cherche à connaître la science. On pourrait trouver une forme d’illustration à ce que dénoncé ici Bacon dans la tendance qu’ont les scientifiques à refuser l’enseignement de l’expérience, quand celle-ci ne confirme pas les théories qu’ils pensent établies. Ainsi, quand Ptolémée, au deuxième siècle, tente de proposer une description totale d’un système solaire qu’il imagine être géocentré, l’expérience semble lui donner raison, puisque le ciel, la nuit, semble tourner autour de la Terre; cependant, les sens eux mêmes indiquent que quelque chose cloche dans ce beau système : les planètes, elles, , vues depuis la Terre, ne donnent pas cette impression. On a là ce qu’on appelle un « fait polémique », c’est à dire une observation qui ne confirme pas la théorie qui est censée en rendre compte. Mais au lieu de faire confiance en l’observation, Ptolémée s’entête; c’est à dire qu’il préfère la logique interne à sa pensée que la conformité de cette pensée avec le monde qu’on lui demande d’expliquer. Ainsi conçoit t-il un complexe mouvement des planètes, qui décrivent selon lui des petites révolutions autour d’un axe imaginaire, tout en dessinant une révolution circulaire autour de la Terre, ce qui expliquerait qu’elles semblent « rebrousser chemin », quand on les observe depuis la surface terrestre.  A vrai dire, des épicycles, la Lune en décrit autour du soleil, puisque tout en acompagnant la Terre dans sa révolution autour du soleil (dans le modèle héliocentriste), elle effectue de petites rotations autour de la Terre. Le mouvement créé par Ptolémée n’est pas aberrant. Il n’est même pas irréaliste. Et pourtant, Ptolémée se trompe. Et il aurait pu éviter cette erreur, si il avait respecté un principe épistémologique que Bacon va maintenant exposer.

Pourquoi Ptolémée se trompe t-il ? Parce qu’il veut que l’univers en général, et le système solaire en particulier, respecte le principe géocentrique. Dès lors, c’est ce principe qui commande, et tout doit s’y plier. Puisque tout tourne autour de la Terre, alors il faut montrer que même si certains objets ne semblent pas être géocentrés, en fait, il est possible qu’ils le soient. Mathématiquement, on peut décrire le mouvement des planètes qui tourneraient autour de la nôtre tout en étant elles-mêmes en rotation autour d’un autre axe, décrivant une orbite plus petite que la première. On l’a dit, ça n’a rien de théoriquement impossible. Après tout, la Lune décrit bien des épicycles tout en accompagnant l’orbite de la Terre autour du Soleil. Mais il y a une grande différence entre cet épicycle ci, et ceux qu’invente Ptolémée : l’orbite réelle de la Lune autour de la Terre a une cause. Les épicycles des planètes, inventés par Ptolémée, n’en ont aucune : ses planètes tourne autour du vide, et ce vide n’est pas susceptible de générer leur mouvement, alors que la Lune tourne autour de la Terre, dont la force gravitationnelle est, avec la vitesse même de cet astre, l’une des deux causes de son mouvement. Les épicycles de Ptolémée offrent donc plus de satisfaction à sa pensée qu’avec le monde. En d’autres termes, en sciences, c’est quand on cesse de chercher des causes qu’on commence à se tromper. Or les causes se doivent d’être elles-mêmes observables, et ceux qui s’affranchissent de ce principe sont plus soucieux de cohérence que de vérité; c’est à dire qu’ils sont prêts à créer des parenthèses imaginaires au sein de l’univers observable, au sein desquelles les phénomènes ont lieu comme ils les conçoivent, puisque l’univers, lui, ne daigne pas confirmer leurs vues. Ainsi, on « n’aperçoit pas l’ensemble des parties » (n’observant plus les êtres, on passe à côté de ceux qui nous fourniraient les causes permettant d’établir des énoncés cohérents), et on perd aussi « l’unité des principes » (on constitue des théories incompatibles entre elles, afin de sauver des principes locaux, des théories partielles et partiales, et on abandonne l’exigence d’universalité des connaissances en science).

On comprend alors où veut en venir Bacon, et en quoi sa pensée est une rupture avec les méthodes de son temps. On comprend aussi ce qu’est l’empirisme : un attachement à une explication des phénomènes par une juste observation des mécanismes qui les lie entre eux. C’est à dire une patiente recherche des causes des phénomènes, une dissection scrupuleuse des êtres, qui permettra d’en mettre à jour les rouages, en évitant soigneusement d’ajouter à l’observation quoi que ce soit qui ne puisse être observé. C’est à dire un abandon radical de toute forme de compréhension immédiate des phénomènes, tentation dont l’esprit humain, impatient et présomptueux, est spontanément client. Finies les théories finalistes, selon lesquelles l’univers est tel qu’il est parce que « la nature est bien faite ». Abandonnées les théories issues de l’imagination qu’aucune observation ne permet de vérifier, (le fait que la nature ait horreur du vide, le phlogistique qui serait la part « combustible » de ce qui se consume), et bienvenues les causes qui permettent de saisir la totalité d’un phénomène, et de le lier à l’ensemble de l’univers physique (les rapports de pression, et l’action de la pression atmosphérique sur la matière, la consommation de l’oxygène dans les phénomènes de combustion, qu’il s’agisse du feu, de la rouille ou de la respiration). Il s’agit en somme d’en finir avec la métaphysique, dès lors qu’il s’agit de physique, et de ne plus mélanger les genres de connaissance.

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