Demeurer dans le doute

Les choses étant ce qu’elles sont, il nous faut attendre que les cours puissent reprendre. Afin de patienter et ne pas mettre pour autant les neurones en sommeil définitif, voici de quoi les occuper un peu.

Puisque nous étions en train de défricher les raisons qu’on pourrait avoir de mettre en doute la totalité de nos connaissances, afin d’examiner tout d’abord si c’est possible, et ensuite si ça pourrait avoir un quelconque intérêt, voici une vidéo qui permettra de remettre le pied de l’esprit à l’étrier du scepticisme, qu’il soit méthodique ou total. 

Cette émission d’arte est nettement moins méthodique que celle que propose Raphaël Enthoven. Elle est aussi plus ouverte, moins verrouillée sur des connaissances à maîtriser et sur un discours écrit à l’avance. Street Philosophy est moins magistrale et didactique, et elle se paie le luxe de ne pas rencontrer des spécialistes des questions évoquées. Il s’agit plutôt d’une conversation libre avec des personnes qui sont intéressées par la question traitée, sans en avoir fait pour autant le coeur d’une carrière universitaire. Ca donne des propos dans lesquels il faut faire un certain tri, mais qui ressemblent fort à ce qu’on peut se permettre d’échafauder un peu au hasard, au début d’une réflexion, avant même d’avoir analysé plus précisément les concepts sur lesquels on travaille. 

Ici, sur le doute, l’émission constitue une bonne mise en jambes, puisqu’à aucun moment le propos ne se fait suffisamment dogmatique pour qu’on puisse y adhérer sans aucune réserve. Il est d’ailleurs tellement peu sûr de lui qu’on ne pourrait même pas le définir correctement en l’assimilant à un scepticisme tel qu’il a pu être pratiqué dans l’antiquité. En revanche, on pourrait y voir un exercice urbain de la philosophie, une quête qu’on aurait pu appeler « socratique », si on débarrassait Socrate de toute intention de mise en évidence de l’ignorance de certains de ses interlocuteurs.

Illustration : Photographies de l’exposition de Robert Stadler, dans l’Eglise Saint-Paul, lors de la nuit blanche 2007. L’œuvre est intitulée « ? »,

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