Une discipline globalement inoffensive – La Culture générale et l’Expression en BTS

Ce qui suit est destiné aux élèves de terminale qui optent pour des études en BTS. Et le seul but poursuivi par cet article est de leur permettre d’aborder de façon informée, et donc un peu plus détendue, cette discipline particulière qu’est pour eux et dans leur cursus la Culture générale et l’Expression.

On reviendra dans un autre article sur l’intérêt et même l’importance d’une telle discipline dans ce cursus. Aujourd’hui on va se concentrer sur deux choses :

  • Les objectifs à atteindre en fin de deuxième année
  • Les thèmes étudiés

Et on proposera par la suite des contenus moins scolaires pour donner à cette discipline une introduction un peu plus sympathique !

1 – Les objectifs

A – L’épreuve

Très concrètement, ces deux années ont pour objet de se préparer à une épreuve écrite qui a lieu à la fin de la deuxième année, au mois de mai.

Cette épreuve dure quatre heures. Et elle comporte deux parties, et donc deux exercices différents, auxquels on a donc deux ans pour se préparer.

Premier exercice (sur 40 points) : une synthèse de documents.

Second exercice (sur 20 points) : Une écriture personnelle.

Et si vous faites bien votre travail, vous obtenez donc, à la fin, un 60/60, ce qui ramené sur vingt points nous donne donc le parfait 20/20. Vous souriez. Vous vous dîtes que c’est impossible. Et vous vous trompez. Mais bref.

Pour vous donner une idée de ce à quoi ressemble un sujet de Culture générale en BTS, je vous laisse télécharger vous-même le sujet donné en 2019, tel qu’il a été présenté aux étudiants qui ont passé l’épreuve l’année dernière :

B – Le contrôle continu

Tout au long de ces deux années, vous serez aussi évalué, et un dossier sera peu à peu constitué sur les quatre semestres que va comporter votre cursus, comme vous aviez un dossier au lycée. Il y aura des conseils de classe, comme au lycée. La seule différence, c’est qu’il n’y aura pas de réunion parents-professeurs. Vous êtes grands maintenant. Mais vous avez beau être grands, il sera important d’être régulier dans ces évaluations, d’abord parce qu’elles vous servent à vous entraîner, mais aussi parce que cette année a montré que, en situation exceptionnelle, ces notes peuvent devenir la note obtenue à l’examen, si celui-ci n’a pas lieu. Mieux vaut donc soigner sa moyenne semestrielle, au cas où elle se transforme en note d’examen.

Dans le cadre de cette évaluation continue, on va observer votre progression dans la maîtrise des capacités et techniques suivantes :

  • La communication orale
  • L’information – La documentation
  • L’appréhension et la compréhension d’un message
  • La réalisation d’un message (ce qui suppose entre autres le passage à l’écrit)
  • L’appréciation d’un message, ou d’une situation

Si vous voulez disposer du contenu intégral des capacités auxquelles l’enseignement de la Culture générale et de l’Expression vous préparera, vous pouvez consulter le document ci-dessous, qui reprend les éléments officiels de cet enseignement tels qu’ils sont définis par le Bulletin officiel n°47 du 21 décembre 2006 et développe chacun des points cités ci-dessus :

C – Au-delà de l’épreuve et de l’évaluation

L’objectif, de façon plus générale, c’est de gagner en aisance dans toutes les formes possibles de la communication, et d’avoir quelque chose à dire. C’est aussi d’être capable de recevoir correctement de l’information : être un lecteur averti, disposer de la culture nécessaire pour saisir le sens de ce qu’on lit, de ce qu’on voit, mettre en relation les informations qu’on reçoit, les évaluer, et être capable ensuite de les restituer honnêtement.

Ces qualités dépassent largement l’intérêt qu’on peut en tirer professionnellement et le mieux, pour les cultiver efficacement, c’est de les aborder pour elles-mêmes, au-delà de l’exploitation qu’on pourra en faire dans son activité professionnelle. Car la culture nourrit la vie toute entière, et celle-ci ne se réduit pas au monde du travail.

2 – Les thèmes

Chaque année, un nouveau thème national est étudié dans le cadre de l’enseignement de Culture générale et d’Expression. Et comme les études de BTS durent deux ans, ça signifie que sur ces deux années, deux thèmes sont étudiés. L’examen final peut porter sur l’un de ces deux thèmes, généralement celui qui a été annoncé l’année où se passe l’examen, mais il y a des exceptions, et comme l’épreuve de 2020 n’a pas eu lieu, il faut considérer qu’en 2021, tout peut arriver. L’idée, de toute façon, c’est d’être le plus cultivé possible, et d’être préparé à ces deux thèmes.

A – Thème paru en 2020 : A toute vitesse !

Il suffit de disposer de ce titre, « A toute vitesse ! » pour comprendre que ces thèmes sont des invitations à explorer le plus largement possible une idée qui, au départ, est très générale. Elle est tellement générale, d’ailleurs, que le ministère accompagne l’annonce de ce thème de quelques pistes à suivre, qui permettent aux étudiants, mais aussi aux professeurs, de se faire une idée plus claire de ce qu’il faut entendre par « A toute vitesse ! ». Voici donc le texte officiel qui accompagne ce thème :

La vitesse permet de multiplier les possibles, de vivre avec intensité de nombreuses expériences. La vitesse est grisante, elle procure une ivresse qui nous ravit. Qu’il s’agisse du coureur, du cavalier ou du pilote, la quête du record nécessite exploits physiques et techniques. Le dépassement des limites qu’elle implique a quelque chose de fascinant.

La modernité et les progrès techniques modifient notre rapport au temps et à l’espace. La rapidité devient une compétence essentielle : il faut être réactif, prendre des décisions dans l’urgence, parfois au détriment de la réflexion et de la suspension du jugement. Les phénomènes d’accélération s’amplifient dans tous les domaines : moyens de transports toujours plus rapides, transmission des données en temps réel, gains de productivité, etc. Avec l’accomplissement quasi simultané de multiples tâches, notre perception de la réalité change et notre rythme de vie s’accélère. Il n’y a plus une minute à perdre.

Aller plus vite devrait permettre de dégager du temps. Nous avons pourtant souvent l’impression d’en manquer et d’être soumis à une permanente course contre la montre qui suscite pression et angoisse. Nous avons tendance à multiplier les activités ponctuelles qui n’apportent que des satisfactions éphémères. Comment ne pas céder à l’illusion du gain de temps ? La vitesse qui nous emporte incite à vivre dans un présent sans cesse renouvelé, dans une frustration perpétuelle. Comment, dès lors, garder le contrôle de nos vies sans nous laisser happer par la vitesse ?

La vitesse et l’intensité ont toujours été associées à des vies fulgurantes et exceptionnelles. Pratique de sports extrêmes, conduites à risque : certains choisissent de vivre vite et pleinement, quitte à mettre leur existence en danger. La lenteur semble être dévalorisée. Cependant de multiples activités humaines – création, recherche, artisanat, etc. – nécessitent patience et longueur de temps. Nombreux sont ceux qui refusent l’accélération constante de nos vies et prônent le retour à des rythmes plus lents, mieux ancrés dans les cycles de la nature et le respect des temps biologiques. Ne faut-il pas accepter de perdre du temps pour s’inscrire dans une durée épanouissante ? Comment trouver le bon tempo, le rythme qui convient ? Comment donc prendre le temps de vivre sans pour autant se priver de tous les possibles qu’offre la vitesse ?

B – Thème paru en 2021 : De la musique avant toute chose ?

Si vous êtes un tout petit peu attentif, vous avez remarqué que les signes de ponctuation, dans l’intitulé des thèmes, ont leur importance. L’année prochaine, donc, le thème est une interrogation sur la place que la musique a dans nos vies, sur son importance, ou sa nécessité.

De nouveau, le ministère accompagne l’annonce de ce thème d’un petit descriptif, que voici :

La musique accompagne nos vies : dès le plus jeune âge, avant même la naissance semble-t-il, l’être humain est sensible au son, au rythme, à l’harmonie et au silence. La musique est source de plaisir, d’enthousiasme, de sensations fortes qui marquent notre mémoire. Très présente dans notre quotidien, elle est liée à la fête et à la danse, aux rites, mais aussi aux moments plus douloureux de l’existence. Elle peut offrir un refuge, voire nous isoler du monde. On l’écoute avec attention à l’occasion d’un concert, parfois elle passe plus inaperçue : musique d’ambiance entendue par hasard, presque par accident, émission de radio suivie distraitement. Il arrive aussi qu’elle agresse et provoque des réactions de rejet et d’exaspération.

La musique est un art exigeant, qui demande habileté technique et connaissances théoriques. Elle impose souvent une formation longue, difficile, parfois même éprouvante, puis un entraînement sans fin. Pour autant, les logiciels de création musicale la rendent aujourd’hui plus accessible. La musique requiert également l’investissement de ceux qui l’écoutent : temps, disponibilité, sensibilité, culture. Cependant, les critères d’appréciation sont multiples, à l’instar de la diversité des musiques.

Aujourd’hui, les outils numériques facilitent l’accès à des millions d’œuvres. Pourtant, que l’on soit en France ou n’importe où dans le monde, on a tendance à écouter les mêmes musiques, les mêmes chansons ; on vibre aux mêmes rythmes, on adule les mêmes stars. Magie de la communication moderne qui facilite la circulation des biens culturels et le partage, ou standardisation qui fait disparaître les singularités nationales et régionales, la richesse et la diversité ? Comment même créer sa « play list », alors que les algorithmes sont capables d’anticiper nos choix ?

En tant qu’œuvres d’art, le morceau, la pièce ou la chanson peuvent aussi revêtir une dimension sociale ou politique. Hymnes nationaux, chants révolutionnaires, chansons engagées, morceaux emblématiques d’une génération, la musique prend différentes formes qui l’amènent à servir une cause. Elle devient dans ce cas la référence d’un groupe social, d’une époque, la clé d’un événement historique. Doit-on alors l’appréhender comme un art essentiellement fédérateur ? La mode, la pression du collectif et de la norme laissent-elles encore une place à la singularité des goûts musicaux ?

Ici encore, si vous vous voulez consulter l’annonce de ces thèmes dans leur intégralité, vous pouvez lire le document officiel en suivant ce lien :

https://www.education.gouv.fr/bo/20/Hebdo11/ESRS2003433N.htm

3 – Pas de panique !

Ce dernier point, pour aujourd’hui, est le plus important.

Les étudiants qui se lancent dans un Brevet de Technicien Supérieur viennent d’horizons très divers. Certains ont déjà commencé des études supérieures dans d’autres domaines, d’autres ont obtenu un baccalauréat. On se doute bien que, selon qu’on a suivi sa scolarité secondaire dans un lycée d’enseignement général et technique, ou qu’on a préparé un baccalauréat professionnel, on n’a pas forcément la même aisance vis à vis de l’expression écrite. Et le risque, c’est d’aborder le BTS en se disant « La Culture générale, c’est pas fait pour moi1« .

Alors, précisons d’emblée ceci : la Culture générale n’est faite pour personne en particulier. Sinon, elle ne serait pas « générale ». Et personne en particulier n’est fait pour elle non plus. Donc, chacun a vocation à s’épanouir dans cette discipline.

Evidemment, si vous avez d’énormes problèmes pour vous exprimer à l’oral ou à l’écrit, il faudra travailler cela, et combler peu à peu les lacunes qui sont les vôtres. De même, si vous n’avez pas acquis d’habitudes de lecture, si vous avez du mal à vous concentrer, ça ne va pas vous simplifier la vie. Mais il n’y a là rien d’irrémédiable.

Et, pour faire une dédicace spéciale aux étudiants qui viennent des baccalauréats professionnels : Laissez de côté l’éventuel complexe d’infériorité intellectuelle que vous pourriez ressentir face à la Culture générale : vous êtes cultivés vous aussi. Les connaissances liées au monde professionnel appartiennent à la culture, comme toutes les autres, et le fait qu’elles ne soient pas valorisée par la bourgeoisie intellectuelle doit uniquement vous indiquer ceci : ce n’est pas à la bourgeoisie de décider seule de ce qui est culturel, et de ce qui ne l’est pas. Ce que vous maîtrisez, c’est ce que les autres ne connaissent pas. Chacun arrive donc en première année de BTS avec son propre bagage culturel, et tout l’objectif du travail mené pendant ces deux années dans cette discipline consiste à prendre soin de ce bagage, et d’y ajouter patiemment de nouveaux contenus, et surtout d’en faire quelque chose.

A suivre

Puisque vous avez été sages pendant cette présentation, je vais vous mettre en ligne, dans les jours qui viennent, d’autres contenus qui s’intéresseront à ce qu’est la culture générale au sens large, afin d’entrouvrir pour vous un peu plus largement la porte qui donne accès à cet univers un peu singulier dans les études de Technicien supérieur.

Et surtout, je vais vous proposer de collaborer un peu à ces contenus.

Surveillez-donc les prochains articles. Si ça vous dit.

Et si ça vous dit d’en lire immédiatement davantage, scrollez cette page jusqu’à son sommet, et sous le titre, cliquez sur la catégorie « BTS – Culture générale« , et vous tomberez sur les articles déjà publiés dans ce domaine.


Notes :

1 – En fait, on ne devrait pas dire « C’est pas fait pour moi »; on devrait plutôt formuler ça ainsi : « Ce n’est pas fait pour moi ». Certes, à l’oral, on relâche un peu la cravate de la syntaxe et on parle de façon un peu plus débraillée. Mais il y a des règles grammaticales de l’expression de la négation quand-même…

Petit supplément :

La culture générale, c’est entre autres ce qui permet de déceler le moment où celui qui écrit fait un clin d’oeil à ceux qui pourraient partager avec lui une référence commune. Ici, deux fois, j’ai glissé ce genre de signe caché – un peu comme ce que font ensemble les coéquipiers au Kems -, destiné à ceux qui savent. « Pas de panique » et « Globalement inoffensive » sont des expressions connues par ceux qui ont lu la série de romans de science-fiction très, TRES délirante, mais aussi très TRES riche écrite par Douglas Adams, et dont le premier volume s’intitule Le Guide du voyageur galactique, paru en 1978. Ca n’a quasiment aucun rapport avec les thèmes étudiés, mais c’est une référence culturelle très largement répandue, sans être pour autant très officielle. Entre autres, si vous ne connaissez pas ces livres, vous ne pouvez pas comprendre pourquoi l’Ecole 42, qui forme de futurs informaticiens, s’appelle Ecole 42.

Bref, si vous avez du temps libre, dévorez Le Guide du voyageur galactique, ce n’est pas un devoir, mais si vous ne le faîtes pas, vous allez rater un bon moment de rigolade, et pas mal de choses intéressantes aussi.

Et ne regardez pas le film, il est vraiment raté, et surtout il va vous gâcher la lecture ! Ce qui ne m’a pas empêché d’y piocher les images d’illustrations mettant en scène Marvin, le robot neurasthénique, icône de la culture geek et héros de cette série de romans.

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