On pense facilement qu’il y a d’un côté les produits de la techniques, outils et machines, et de l’autre l’homme. Et on en tire tout aussi facilement comme conséquence que les outils et machines ne sont rien d’autre que ce que l’homme en fait. Derrière cette affirmation, il y a l’idée que l’homme est invariant, que ce qu’il est ne dépend pas des circonstances et du monde dans lequel il se trouve. C’est cet a priori que Jacques Ellul, grand penseur du devenir technique de l’humanité, remet en question ici, en supposant qu’au contraire, l’homme dont on parle ici est un homme qui est lui-même le produit du monde technique dans lequel il est plongé. Conséquence de cette hypothèse : si l’homme voulait se libérer de la technique, il lui faudrait alors se libérer de lui-même.

On mesure ici encore combien il est difficile de continuer à affirmer que la technique rende l’homme libre, alors même que le monde technique dans lequel nous sommes produit un homme qui n’est pas conscient d’être lui-même le produit de cette technique. En l’absence d’un véritable dessaisissement de chacun, qui passe par une conscience et une connaissance accrues de qu’on est dans, et par la technique, il est probable que l’impression d’être libre remplace durablement la liberté réelle, qui impose désormais une prise de recul dont on voit bien qu’elle est coûteuse, pénible, et exigeante.

La lecture de ce chapitre des Exégèses des nouveaux lieux communs exige un peu d’attention, car à plusieurs reprises Ellul y développe un propos qui n’est pas le sien. Il s’agit donc de lire le chapitre en entier, et de reconnaître ce qui est son propos, et ce qui constitue la restitution, par lui, de la pensée qu’il critique, du lieu commun dont il cherche à discerner le fonctionnement, pour mieux le démonter.

Ici comme chez Anders, on sera surpris de constater que dès les années soixante, des penseurs mettaient le doigt sur des mécanismes dont nous voyons aujourd’hui, à grande échelle, les produits.

La Machine est un objet neutre dont l’homme est le maître

« La machine est un objet neutre dont l’homme est le maître ». Il est redoutable de s’attaquer à ce lieu commun, car il représente la base, la fondation, la pierre d’angle de toute la construction dans laquelle l’homme moyen à la suite des socio-penseurs (catégorie optimiste) prétend faire entrer la technique, ses pompes et ses œuvres, l’humaniser, et, par là, se rassurer. Or, si nous effritons si peu que ce soit ce moellon, l’édifice risque de nous tomber sur la tête, et comme il est construit d’arguments aussi gros que l’Arc de triomphe, on n’en sortira pas sans mal. Évidemment, l’on peut garder son sang-froid en considérant que ce lieu commun est inattaquable, ferme comme granit. Car enfin, quoi de plus certain ? Je suis dans une auto ; elle ne marche pas sans moi ; je suis le maître de la faire aller à droite ou à gauche, de l’arrêter ou de la pousser à la limite de ses possibilités ; et, suivant la belle et satisfaisante comparaison (et surtout originale) de l’auteur bien connu qui a élucidé ce problème, « l’homme est à la machine comme l’âme au corps ». L’idée de machines qui prendraient leur autonomie par rapport à l’homme, de ces robots qui deviendraient capables de conscience, ce n’est que science-fiction, et n’a aucune chance de se réaliser. Rappelons-nous l’espèce de crainte superstitieuse qui a saisi le bon peuple lorsqu’il fut en question de machine à penser. Quoi ! L’homme se voyait dépouillé de ce qu’il tenait pour sa plus haute prérogative, sa fonction éminente, qui le distingue de l’animal ! Être dépouillé par une machine ! Mais ce n’était là que cauchemar de primaires prêts à s’alerter. Car on sait maintenant que la machine ne pense pas. Elle résout des problèmes, elle traite des textes, elle calcule des probabilités, mais seulement à partir de l’énoncé qui lui est proposé par l’homme, à partir du programme établi par l’homme. Or, ce qui est l’opération intelligente, décisive, c’est justement de voir le problème, de poser correctement l’énoncé, de faire un programme de travail exact : le reste n’est plus qu’opération mécanique, et la machine n’entre en jeu qu’après la pensée, et au service de l’homme qui est le roi. Et, bien entendu, c’est encore plus évident si nous pensons à la neutralité morale ! Comment donc la machine pourrait-elle être orientée d’elle-même vers le bien ou vers le mal ? Comment la machine pourrait-elle décider du bien et du mal ? Elle n’est rien de plus qu’un outil, et l’homme qui s’en sert, le fait pour le bien ou pour le mal suivant ce qu’il est lui-même ! Est-il nécessaire de s’étendre sur ce qui paraît être raison convaincante, explication satisfaisante, mais qui n’est que truisme superficiel, ne tenant aucun compte d’une autre réalité ?

La réalité c’est d’abord le fait qu’il n’y a pas une machine, mais des centaines qui entourent l’homme et créent autour de lui un monde nouveau. Si l’homme peut prétendre être maître d’une machine, et même de chacune des machines considérées successivement, peut-il prétendre être le maître de l’ensemble technique dont chaque machine est une pièce ? Le conducteur d’auto a un accélérateur, un débrayage, un frein, un volant, etc. à sa disposition. Il peut se dire qu’il est maître de l’un et de l’autre de ces instruments ; mais le problème n’est pas là : il s’agit d’être maître de la combinaison entre ces éléments, c’est seulement en manipulant l’un par rapport à l’autre que l’on conduit l’auto. Il en est de même pour la société technicienne : ce n’est pas une machine plus une, plus une, etc., c’est de leur combinaison qu’il s’agit. Or, cette combinaison, ce complexe mécanique et technique, qui le possède ? Lorsqu’un ouvrier est obligé de fournir tel rythme de travail et tel horaire à cause de la machine, peut-on dire qu’il en est le maître ? Peut-être pas ! Mais le patron… le patron ? S’il a adopté cette machine, c’est parce qu’elle est le dernier mot du progrès technique. Il n’est pas davantage maître de la choisir ni d’en modifier l’usage : cet usage est dicté par la structure interne de sa société et par l’apport en matière première venant d’autres machines et par l’appel d’emploi de la machine qui suit. L’enchevêtrement de toutes les machines, celles des usines et celles des transports, celles des bureaux et celles des distractions, celles de la nourriture, celles de l’hygiène et celles de l’information, fait que l’ensemble de la société en est modifié, que l’échelle des valeurs, les processus de jugements, les modes de vie, les comportements en sont modifiés, et qu’il n’est aucun centre exact où l’homme puisse prétendre se saisir en toute indépendance de la machine (laquelle?) pour l’utiliser à son gré ! De toute façon, si l’homme utilise la machine, c’est à l’intérieur d’une société déjà modifiée,transformée par la machine, indépendamment de la volonté, de la décision de l’homme. Qui plus est, prenons au moins conscience de ce que l’homme lui-même est déjà modifié par la machine. Ce ne sont pas seulement les formes sociales et les institutions et les rapports sociaux : l’homme dans sa vie affective, dans ses intentions et ses projets, dans ses jugements et préjugés, dans ses habitudes et comportements, dans ses besoins et sa pensée, est modifié, qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou non, du simple fait qu’il vit dans un milieu mécanique et en proie à la logique des machines. Il est absolument superficiel de dire : il y a d’un côté l’homme, chevalier sans peur et sans reproche, indépendant, autonome et souverain, de l’autre la machine, objet, aussi objet qu’un bâton. En réalité, ce qui existe, c’est un complexe constant et stable homme-machine : constant, car l’homme passe sa vie à aller d’une machine à une autre ; stable, car c’est la même relation qui s’établit sans cesse de l’homme à chaque machine. C’est cet homme vivant dans cette société (construite en fonction de la machine) et modifié lui-même par la machine qui utilise la machine. Mais comment pourrait-il prétendre la maîtriser et l’obliger à suivre ses propres voies, alors qu’avant même d’avoir pris conscience du problème, il est déjà transformé, adapté à la machine, et structuré par elle ? Si la machine reste un outil entre les mains de l’homme, c’est d’un homme conditionné par cet outil qu’il s’agit. Cela étant encore accentué depuis que les techniques psychologiques se sont précisément assigné comme objet ce conditionnement de l’homme !

« Peut-être ; mais quand même, pour le bien et pour le mal, c’est l’homme seul qui en décide ! » Ce n’est pas sûr du tout ! Car les critères du bien et du mal sont fluctuants selon les moments et les milieux. En fait, il apparaît de plus en plus clairement que le milieu technicien produit une morale nouvelle, avec une conception du bien absolument différente de celle des Grecs ou du Moyen Âge ou du XVIIIème siècle. Et c’est l’influence de la machine qui conduit l’homme dans une vision nouvelle de ce bien et de ce mal. D’ailleurs dire que la machine est neutre, et que par conséquent elle ne saurait rien décider, ne veut rien dire. Car il y a des choses parfaitement neutres qui pour l’homme sont nocives, et qui font non pas le mal mais du mal, indépendamment de tout usage volontairement mauvais. Le gaz carbonique est neutre moralement, pourtant s’il se répand dans une pièce, les effets n’en sont pas très heureux pour les occupants ! La machine moralement neutre peut ainsi avoir des effets vitaux (mais aussi moraux) qui ne le sont pas du tout. Je sais qu’ici la contestation la plus vive règne, qu’il y a des psychologues, des sociologues estimant l’effet bénéfique et des psychologues ni moins valeureux ni moins nombreux estimant l’effet néfaste. Je n’ai pas à en juger, mais seulement à retenir que si neutre soit-elle, la machine a en soi des effets psychiques et moraux, qui (en bien ou en mal n’en disons rien) ne sont absolument pas neutres !

Prenons la question par l’autre bout. L’« homme », quand je prononce ce mot, je suis toujours plein de trouble, d’incertitude et d’anxiété. Qui vise-t-on ainsi ? Après tout, le premier homme que je connaisse, c’est moi. Est-ce de moi qu’il est question dans cette formule ? Mais qui suis-je et que puis-je, et comment pourrais-je maîtriser la-les machines, toutes les machines ? Et le complexe technique ? Comment puis-je agir sur la croissance des techniques ? et sur l’usage de l’énergie atomique ? et sur l’effet du développement industriel ? J’entends bien : « Vous, personnellement, n’avez certes à agir que sur les machines à votre disposition ! sur votre auto et votre télévision. Et si chaque homme agit ainsi, la partie est gagnée ? » Eh bien ! ici je dis que celui qui tient ce raisonnement est un hypocrite et un stupide ; un hypocrite, parce que tout homme qui réfléchit, sait la somme extraordinaire d’efforts, de prise de conscience, de volonté, de jugement nécessaire pour rester vraiment maître des machines usuelles qui nous envahissent, pour ne pas nous livrer à elles, et ne pas suivre le courant de leur facilité. Il est impossible de demander à chaque homme cet effort, il est impensable que chaque homme puisse y accéder. Jamais l’ensemble des hommes n’a pu être soumis à une vraie ascèse. Aujourd’hui plus que jamais ! Un stupide, parce que même si chaque homme devenait vraiment maître des machines à sa disposition, rien cependant ne serait résolu, car il resterait le problème de la maîtrise du progrès technique dans son entier, des structures globales de la société technicienne : or ceci échappe à tout le monde. En effet, un grand nombre d’appareillages n’appartiennent pas à un homme, et ce sont les plus importants : qui peut se dire maître de l’énergie atomique ? Non ! L’homme, dans ce lieu commun, ce doit être quelqu’un d’autre que le particulier individuel ! Mais qui ? Les hommes politiques, les chefs d’État, ceux qui exercent l’autorité ? Hélas ! nous savons à quel point, dans tous les pays du monde, l’homme politique reste sans prise et sans effet sur la technique, à quel point il est conditionné par la technique (avec l’État et l’administration même!). Nous savons bien que le politicien ne dirige rien en ces affaires, d’abord parce qu’aucun ne décide, mais qu’ils sont dix, cent à concocter ensemble ; parce qu’ensuite leurs motifs de décision sont définis par leur concurrence, et de ce fait qu’ils ne peuvent qu’obéir à la technique, celle-ci leur assurant plus de puissance et d’efficacité ; parce qu’enfin, aucun n’a l’envergure intellectuelle et spirituelle pour tenter de maîtriser le phénomène, que d’ailleurs généralement il n’ont même pas entrevu. Alors ? Les techniciens ? Mais le technicien ne peut maîtriser la technique, car il est ultra-spécialisé, ne discerne qu’un tout petit coin de l’affaire et ne met pas les pieds dans le champs du voisin. D’ailleurs, le technicien est moins capable que quiconque de maîtriser la technique, parce qu’il est entièrement habité par elle. Alors ? Les intellectuels ? les spirituels ? Parmi eux, certains sont les plus clairvoyants ; ils voient, comprennent et possèdent telles qualités nécessaires, mais ils ne sont investis d’aucun pouvoir. La société actuelle dans son entier les rejette sur les bords du courant, les place dans la situation de spectateurs et leur dénie toute compétence, à moins que… ils n’acceptent la civilisation technicienne, et renonçant à leur qualité, leur indépendance, ils se mettent à son service et deviennent statisticiens, et «Grands Justificateurs intellectuels et spirituels» de ce qui est. Non, décidément, aucun homme n’est apte à remplir la fonction assignée par notre lieu commun à l’homme. Heureusement, la question se tranche aisément grâce à l’idéalisme. Il est bien évident que l’homme dont il s’agit, ce n’est ni vous ni moi (ouf ! Je l’ai échappé belle!), mais l’Homme. Bien sûr. Cet excellent prototype, archétype, monotype, antitype (mais point type tout court!). Cet excellent abstrait. Cet Universel, Absolu, Tout-Puissant ; mais insaisissable et inconnaissable qui existe bien (peut-être seulement à l’état de concept mais quand même!) depuis le temps qu’on nous l’affirme. Où est-il ? je n’en sais pas davantage, et n’ai jusqu’ici rencontré personne qui puisse me renseigner. Comment est-il fait ? Quel est son caractère ? Assurément nez moyen, front bas,menton ordinaire, yeux indéfinissables… Mais encore ? Rien. Peu importe, ce qui compte, c’est que ce soit lui qui soit chargé de l’opération la plus difficile, la plus surhumaine (et c’est évidemment pour cela qu’on l’ennoblit d’une majuscule!), la plus décisive qui ait jamais été proposée depuis le début de l’histoire. Maintenant que je sais quel est le responsable, je puis me tranquilliser et me tourner vers d’autres affaires. Vous comprenez bien… la vie n’est pas facile, le travail, l’argent, les enfants, ah ! là là ! S’il fallait encore se compliquer l’existence avec ces histoires… Puisqu’il y a un responsable de la chose, qu’il se débrouille. C’est l’Homme qui sera appelé à comparaître devant le tribunal de l’Histoire et non pas moi, s’il loupe son affaire. Je lui tire mon chapeau d’ailleurs, puisque grâce à lui je peux m’occuper de mes affaires tranquillement.

Et tel est bien l’objectif du lieu commun ! Surtout ne nous tracassons pas trop. Ce serait d’ailleurs malsain psychologiquement et dangereux pour l’efficacité. « Ne voyez-vous pas que le pauvre homme à coté de vous a bien assez d’ennuis comme ça ! C’est réellement mauvais de soulever encore des difficultés, des questions, surtout aussi insolubles que celles que vous vous obstinez à poser! Ce dont il a besoin, cet homme, c’est d’être calmé, rassuré. Lui refuser ce dont il a si profondément besoin, c’est de la cruauté mentale, et pas chrétien du tout. De plus,soyons sérieux, n’oubliez pas que ce bonhomme est employé des P. et T, et qu’il faut trier 6 000 lettres à l’heure. Ça, c’est du concret. Vous ne pouvez pas le nier. Et vous savez bien que si vous lui mettez martel en tête avec vos histoires de machines, il ne fera plus son travail avec cœur, avec joie, avec sérieux et rapidité. Or, ce sera mauvais pour lui (il finira par se faire renvoyer), mauvais pour les destinataires (vous serez bien avancé, hein ! si vous recevez vos lettres avec deux ou trois jours de retard, et vous serez le premier à vous plaindre à l’administration!), et mauvais pour la société. Au contraire, si vous le rassurez sur la machine et la technique, tout fonctionnera bien. Et c’est seulement dans cette mesure que l’on pourra sans doute un jour résoudre le problème que vous posez, et que nous ne négligeons pas, soyez-en assuré ! Et puis quand même ! n’oubliez pas ce que l’homme a fait jusqu’ici ! Ses grandes et hautes œuvres ! Il s’est bien souvent trouvé dans des situations aussi critiques, aussi difficiles et il s’en est toujours tiré. Non ? Alors ? Il a toujours su dominer l’adversaire, pourquoi (si tant est que la machine soit un adversaire, ce que nous ne croyons nullement) ne pourrait-il pas aussi diriger la machine ? Nous sommes maîtres de la situation indiscutablement. La grandeur de l’homme ne saurait être mise en question pour si peu. Bien au contraire, cette maîtrise assure à l’homme le plein développement de ses facultés qui étaient jusqu’ici entravées par manque de moyens et par un ensemble de médiocres préoccupations qui seront désormais écartées. Ce serait quand même trop triste de penser que l’homme n’emploierait pas pour le bien ses plus grandes inventions, ce serait trop triste et inadmissible, car vous savez bien que l’homme choisit le bien ; la preuve, n’est-ce pas, c’est que nous puissions justement discourir ainsi. L’homme choisit le bien et la liberté : et c’est parce que vous êtes libre, malgré toutes les machines, que vous procédez justement à la critique de la technique. Vous-même, agissant ainsi, êtes la preuve du contraire de ce que vous voulez démontrer ! »

Ce petit discours que j’ai entendu cent et quelques fois nous exprime ingénument la vraie raison de notre lieu commun. Cette formule n’a aucun fondement d’observation ni de réflexion, aucun contenu intelligible surtout quand elle est le fruit de nos grands philosophes, mais elle a une fonction psychologique et morale éminente, une fonction de cure d’âme. Elle est là pour satisfaire la vanité de l’homme, qui ne peut pas admettre d’être mis en question par l’objet et qui se donne toujours le panache, le brevet et les gants d’être maître de lui comme de l’univers (y compris des machines). Elle est là pour garantir l’homme de toute quiétude, pour lui assurer bonne conscience et lui attester qu’il n’a vraiment pas à s ‘en faire. Elle est là pour assurer le bon fonctionnement de la technique et pour empêcher que ne se ternissent, par de mauvais sentiments, soupçons, et négation, ni la clarté cristalline de l’âme ni le cristal lumineux des épures mécaniques. »

Exégèse des nouveaux lieux communs, Jacques Ellul, 1966

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