Vortex

L’un des premiers gestes de cinéastes de Maurice Pialat fût un court métrage, réalisé sous la forme d’un magnifique essai visuel, intitulé L’Amour existe [http://www.harrystaut.fr/2016/01/filmer-ou-faire-lamour/]. Les derniers mots du texte écrit par Pialat affirmaient qu' »un simple changement d’angle suffit« , ouvrant une perspective qu’on aurait pu croire, jusqu’à cet instant, impossible. Alors, trouant le désespoir, on se disait que oui, peut-être, l’amour pourrait exister, et qu’il consisterait en ce décalage, en ce mouvement circulaire qui consiste à contourner tout ce qui

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Quelques kilomètres de trop à l’écart

Pour compléter l’article précédent, et offrir à ceux qui le désirent la possibilité de lire le texte de Pialat, dont le film n’est cependant pas une illustration, en voici la retranscription. Mais il ne prend véritablement son sens qu’accompagné par sa mise en image, et la musique de Georges Delerue : « Longtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire

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Filmer ou faire l’amour

De Maurice Pialat, on connait surtout les longs métrages, réputés pour engager entre fiction et réalité une relation complexe qui serait comme un dévoilement, dévoilement progressif de ce dont le film est l’image, mais aussi dévoilement de ce qu’est le film, lui-même, et de ce que sont tous ceux qui y participent; on connait moins ses courts métrages, réalisés alors qu’il passe progressivement de la peinture, son premier art, au cinéma. On retrouve, dans le premier court qu’il réalisera professionnellement le rapport

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Rome, ville déserte

Un peu perdue au milieu de l’exposition que la Cinémathèque consacre ce printemps au réalisateur Michelangelo Antonioni, cette critique du film l’Eclipse (1962), rédigée pour le Nouvel Observateur par Jean-Louis Bory, un de ceux dont on a un peu oublié le regard porté sur l’écran, et les mots par lesquels il parvenait à redoubler cette expérience. On pourra y être sensible à la peinture du monde déshumanisé par la technique, pas seulement les machines, mais aussi l’apparition de la ville

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Go west

« Je cherche Dieu sait qui Dieu sait quoi » Etienne Daho, Sortir ce soir   Plusieurs fois, ces jours ci, nous avons été amenés à évoquer en cours les road-movies des années 70, et parmi eux les plus archétypiques d’entre eux; le plus célèbre, Easy Rider (Dennis Hopper, 1969), qui est une sorte d’Odyssée de l’asphalte, et le trop peu connu Vanishing Point (Richard C. Sarafian, 1971). Deux longs métrages errant dans des paysages taillés, à l’horizontale, pour le cinémascope, l’un à

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Toute fin a été précédée d’un commencement – Ouvrir les yeux

Dernier partage, avec mes élèves de seconde (mais les autres ont le droit de jeter un oeil par dessus leur épaule, pour découvrir à leur tour ce secret bien gardé) : voici le dernier court métrage projeté en classe, à propos duquel nous avons eu le temps de partager quelques mots. Vie) 1993, constitue avec La Fin, un diptyque; comme les deux côtés d’une même médaille, qui ne vont pas l’un, sans l’autre, mais ne peuvent se rencontrer ni se

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Transport en commun – Fermer les yeux

  This is the end, my only friend, the end It hurts to set you free But you’ll never follow me The end of laughter and soft lies The end of nights we tried to die This is the end The Doors ; The End Second article consacré aux courts métrages de Pelechian, le second sur lequel nous avons travaillé lundi avec les élèves de seconde qui sont en pleine exploration du langage cinématographique. Si Au Début était un exercice de pure virtuosité technique mise

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Il y a Un Début à tout

Hier, l’occasion s’est présentée pour moi de faire entrer toute une classe de seconde dans le cercle fermé des connaisseurs d’un réalisateur que je considérerais volontiers, et je ne suis pas le seul, comme un acteur majeur du cinéma du 20ème siècle, quand bien même il n’est l’auteur d’aucun long métrage et malgré le fait que son nom soit inconnu, encore aujourd’hui, du plus grand nombre : Artavazs Pelechian; réalisateur arménien dont la filmographie s’étend, chronologiquement, des années 60 à la

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Monolithique

Faut-il insister sur la chance que nous avons, cette semaine, de pouvoir faire cette expérience sans réelle commune mesure, au cinéma ? 2001, L’Odyssée de l’Espace, de Kubrick, passe en salle, dans le cadre de la programmation « UGC Culte », pendant une semaine. Que dire pour inviter à se lancer dans le vide de l’espace, et dans les ellipses du temps ? On peut évoquer tant de choses : l’émergence de la technique au cours d’une transe collective autour d’un monolithe noir,

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