Rewind

En 1963, Jacques Demy ouvre son second film, La Baie des anges, sur une femme marchant sur la Promenade des anglais. Le regard de la caméra s’en éloigne aussitôt, instaurant avec elle la distance que le héros du film ne cessera, dès lors, de parcourir à l’endroit, le mouvement initial du cinématographe faisant, lui, le chemin à l’envers. C’est donc un travelling arrière qui ouvre La Baie des anges. Comme si on pouvait remonter le temps. Toute image porte en elle la disparition de ce dont elle est image. L’image, dans sa présence, est image d’une absence. Elle est un envers. Il en va de même du mouvement au cinéma, or le cinéma est, avant tout, mouvement. C’est donc un mouvement qui est l’envers d’un autre. Mise en présence et mise en absence tout à la fois. Approche et éloignement. Si proche, si loin.

On y reviendra.

Pour le moment, on peut simplement faire cette expérience, parce qu’elle est radicale : l’image en marche arrière, qui est dans le film comme le mouvement d’une clé qu’on remonte pour que la mécanique démarre, et qui devient, aujourd’hui, le rêve d’un retour en arrière impossible, que le cinéma pourtant parvient à montrer.

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