Avoir un gros coeur, ou avoir le coeur gros…

Parce que par ailleurs, pour d’autres publications, je travaille quelques uns des courts métrages de Philippe André, je retombe sur ce bref article, publié il y a presque 10 ans. Et si la musique de Roger Sanchez a peut-être pris un petit coup de vieux, le clip, lui, a conservé toute sa puissance mélancolique, osant mettre en scène le trop plein du vide amoureux. Il y a un lien entre le percept, l’affect et le concept. On peut donc regarder

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Désirer sans faim

On peut en parcourir, en vingt minutes, des territoires de la pensée. La durée télévisuelle n’est pas tout à fait la même que celle que nous connaissons en cours. Le talent de cette émission, c’est de rendre vivante une pensée qui, au moment où elle est mise en scène, n’est plus en mouvement. C’est d’ailleurs une bonne manière de comprendre ce qu’est une dissertation, ou un dialogue platonicien : c’est une mise en scène d’une pensée qui a déjà eu

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Alors on danse

Profitons de l’actuelle réflexion que nous menons, en cours, sur le désir. On sent bien, peu à peu, qu’on va en venir à cette alternative : soit on voit dans le désir une puissance qui suinte de notre être comme une sueur, une moiteur intime certes, mais étrangère aussi et dès lors dérangeante; soit on considère le désir comme ce mouvement initié au plus profond de son être, tellement proche de notre racine qu’on serait capable de ne pas s’y reconnaître, à

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Prévention des fusions acquisitions

Absence, présence, soif, élan, on a croisé ces relations à l’être nécessaire qui n’est pas là dans les articles précédents. Des esprits malins y avaient vu la forme même du transcendantal, on y verra ici celle du désir en général, et de l’amour en particulier. On a déjà creusé, dans de lointains articles sur le désir, l’inaccessibilité de son objet. Comme avec (et sans) dieu, toute l’ambiguïté du désir tient à cette aspiration de soi dans l’élan vers l’objet hors

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Foinction

Lieu : Le Lieu du design 74 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris Dates : jusqu’au 21 Août. Renseignements : www.lelieududesign.com Coût : Gratuit On a appris à reconnaître les objets d’art à ceci : ils sont inutiles, ne répondant à aucun besoin. Ainsi, sur les pas de Kant, on distingue d’un côté les objets issus d’un déterminisme qui conduit l’homme à les produire (un besoin, un système économique qui réclame en permanence de la nouveauté pour alimenter le marché

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« L’homme est comme le lapin, il s’attrape par les oreilles » (Mirabeau)

Comme promis à mes élèves, voici mises en ligne les émissions proposées par France Culture, en 2009 et 2010, destinées à préparer les élèves à l’épreuve de philosophie du baccalauréat. Le principe en est simple : un professeur est invité, et on lui soumet un sujet, à moins que ce ne soit l’inverse, et qu’on soumette le professeur à un sujet; à vrai dire, si l’exercice est réussi, on pourrait dire que le mouvement est double : il s’agit de

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Retiens : la nuit

Autre promesse, d’un tout autre ordre que celle qui a été précédemment respectée; j’avais fait, en classe, référence à Pascal Quignard pour illustrer ce besoin que nous autres, êtres humains, avons de faire le point sur nos existences, et de trouver des repères, particulièrement du côté de nos origines. Nous avions repéré dans les mythes ce caractère paradoxal qu’ils masquaient tout autant qu’ils révélaient leur propre objet. S’ils fonctionnent ainsi, c’est que les cultures dont ils sont issus avaient saisi

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Sens uniques

Comme promis il y a quelques jours, je mets ici en tension le court métrage de Philippe André, intitulé « The Rope » et un extrait de « l’Etre et le Néant« , de Sartre. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de repérer toute l’ambiguïté de la démarche amoureuse, qui doit être une marche sans être une intention personnelle. On se trouve là sur ce territoire où les catégories de liberté, d’intention se trouvent comme « court-circuitées ». On peut voir là une instabilité

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Faut-il se libérer du désir, ou libérer le désir ?

Un plan en deux parties seulement ? Pourquoi pas. Le sujet suggère une construction en miroir, cédons à cette invitation. L’argumentation permet, ici, de proposer une conception du désir nettement plus intéressante en seconde partie, ce qui permet de redéfinir la liberté elle même. Dès lors, la fin de la seconde partie permet de conclure, car elle n’est pas la simple contradiction de la première, mais bien son dépassement. Le contrat est alors assez bien rempli (même si l’exerice d’auto-évaluation

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Peut on désirer sans souffrir ?

Mise en ligne d’une proposition de traitement de ce sujet, « tombé » en juin 2008 sur les candidats de la section ES. Sujet attirant, comme tout ce qui a trait à la souffrance, sujet délicat, comme tous les sujets a priori attirants. Le traitement proposé est ici un prétexte à aborder une référence assez rarement abordée : la pensée cyrénaïque, souvent délaissée parce que sa thèse centrale semble un peu superficielle, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un certain intérêt, et

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Sur-vie

Puisque nous sommes dans une séquence dont le désir est l’attracteur étrange central, et puisque les cours sont censés augmenter l’aptitude de ceux qui les suivent à aborder des textes jusque là inconnus, on peut soliciter les neurones en les confrontant à des auteurs qui ne sont pas au programme (du moins pas encore). Les quelques lecteurs du blog qui sont aussi mes élèves savent que cette année le nom de Bruce Bégout est régulièrement cité en classe. C’est simplement

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Vaut-il mieux changer nos désirs que l’ordre du monde ?

Le monde est un fait accompli devant lequel nous somme placés. Nous sommes bien obligés de l’accepter tel qu’il est, puisque c’est à ce monde ci que nous sommes confrontés, et pas à un autre. Pour autant, l’homme est le seul être connu, parmi ceux qui peuplent ce monde, à concevoir l’idée du monde tel qu’il n’est pas, et tel qu’il serait s’il comblait l’ensemble de ses manques, qu’ils soient nécessaires comme le sont les besoins, ou apparemment dispensables tels

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Sommes-nous maîtres de nos désirs ?

Introduction Face à la puissance du désir, il est tentant de tenir un discours prudent, visant à maîtriser cette orientation dont nous sommes facilement victimes, qui se manifeste par une certaine tendance à ne plus tout à fait nous maîtriser, puisque ce sont des objets, plus ou moins abstraits, qui semblent orienter nos comportements, parfois jusqu’à semer dans nos vies de véritables désordres. Pourtant, on est aussi assez spontanément réticents devant les discours qui condamnent totalement le désir : après

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Half life

Puisque j’ai lancé mes élèves sur la lecture de ce passage du banquet au cours duquel Aristophane fait à son tour l’éloge de l’amour en reprenant le mythe des androgynes, profitons en pour montrer que ce mythe, comme bien d’autres d’ailleurs (et cela participe sans doute du fait qu’encore aujourd’hui, ce qu’en disait Aristote dans sa Métaphysique (« aimer les mythes est, en quelque manière se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux« ) demeure valable), vit encore en nous

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Images du Banquet

On l’a déjà abordé à plusieurs reprises : si Platon accorde une place aux artistes dans la Cité, c’est à la condition que ceux ci se plient à une discipline dont la première règle veut qu’ils renoncent à la prétention de reproduire le monde sensible tel qu’il se présente, d’une part car cela n’a aucun autre intérêt qu’une fierté mal placée dans la prouesse technique (or, la fierté mal placée a souvent pour nom « orgueil »), et d’autre part car c’est

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Pourquoi peut on affirmer que le désir est un triangle isocèle ?

En terminale, l’étude du désir passe beaucoup par la question de la gestion des désirs, sur un modèle principalement antique visant à mettre en ordre les tendances pour atteindre une ataraxie, un détachement assimilable au repos du sage. Il faut admettre qu’une grande partie de l’histoire de la pensée occidentale a consisté à poser la question de la condamnation du désir et des multiples moyens de lui échapper pour se préserver. Peu à peu cependant est apparue cette contre-hypothèse qui

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Le désir est-il la marque de la misère de l’homme ?

Si on tente de classer les manques auxquels est soumis l’homme, une distinction classique consiste à séparer les besoins des désirs. Les besoins ont pour caractéristique d’être nécessaires, que ce soit pour des raisons biologiques (manger, dormir, boire, respirer…) ou pour des raisons sociales (dans notre société, il est nécessaire d’avoir accès à l’électricité, à un logement, à l’eau courante, à des moyens de communication, de déplacement). Si on ne les satisfait pas, on tombe dans une situation où le

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