Que la joie demeure

  «Suite  à des problèmes de type grec, je ne pourrai être votre obligé à Cannes. Avec le festival, j’irai jusqu’à la mort, mais je ne ferai pas un pas de plus. Amicalement. Jean-Luc Godard.» 2010 Petite remise à jour d’un article vieux de trois ans. Puisque l’occasion nous était donnée, hier, d’entrécouter l’Ode à la joie, qui est un extrait de la Neuvième symphnie de Beethoven. Il se trouve que, se questionnant sur l’essence de l’Europe (c’est un questionnement récurent

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Silent Night

  Si aujourd’hui on débat de l’opportunité de présenter des crèches de Noël dans les mairies, en 1951, le débat est ailleurs, et prend des formes un peu plus spectaculaires : c’est au Père Noël qu’on s’en prend, parce que l’Eglise voit en cette figure une sorte de fausse divinité qui fait concurrence au véritable esprit de Noël, censé être incarné par l’enfant Jésus. Ainsi, pour mieux édifier les consciences, les autorités religieuses, catholiques en l’occurrence, organisent avec les enfants

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A dangerous method

Un petit passage croisé dans la biographie de Jacques Derrida, écrite par Benoît Peeters. On est en 1955, Derrida est élève à Normale Sup’. On sait ce que c’est que les grandes écoles, quand on donne à ses professeurs les signes d’une aptitude à la pensée hors du commun : les cours n’y sont que la part émergée d’un iceberg intellectuel dont l’essentiel n’est pas proposé à tous. Ainsi, Maurice de Gandillac, un des professeurs de Derrida, l’invite aux réceptions

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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Manuel de savoir-travailler

  S’il y a une malentendu à propos du travail, c’est parce que ce concept est, le plus souvent volontairement, mal délimité. A cause de cette ambiguïté entretenue, on pense que le produit du travail est l’argent, on est convaincu que la vie ne nous appartient pas a priori, et qu’il faut la gagner, les élèves ne travaillent pour certains que pour « la note », qui est envisagée comme un salaire.  Ainsi, si on veut mettre des mots précis sur cette confusion,

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One shot

Dans l’extrait de Ecologica que j’ai évoqué ces derniers jours, André Gorz cite cet autre ouvrage, dont il est l’auteur, Le Traitre. Aussi ai-je eu la curiosité de plonger un peu dedans ce week-end, dans une lecture un peu trop diagonale, sur laquelle il faudra que je revienne plus posément. Les dernières pages proposent sur le travail un regard assez différent de celui qui a été le nôtre ces derniers temps. Son propos peut semble au premier abord un peu obscur. L’analyse

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Alors on danse

Profitons de l’actuelle réflexion que nous menons, en cours, sur le désir. On sent bien, peu à peu, qu’on va en venir à cette alternative : soit on voit dans le désir une puissance qui suinte de notre être comme une sueur, une moiteur intime certes, mais étrangère aussi et dès lors dérangeante; soit on considère le désir comme ce mouvement initié au plus profond de son être, tellement proche de notre racine qu’on serait capable de ne pas s’y reconnaître, à

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Superflu pour superflux

Mes élèves connaissent déjà pour la plupart André Gorz, parce que nous avons évoqué son poignant livre Lettre à D., quand nous avons tenté de saisir un peu mieux ce dont il s’agit lorsque nous parlons d’amour. Mais comme je l’avais précisé, Gorz est avant tout un penseur ayant une place de choix dans la tradition marxiste; on trouve dès lors dans son oeuvre bon nombre de textes mettant en oeuvre une réflexion assez incisive sur le travail, distinguant ce

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Ramasse miettes

On l’a vu en classe et dans les derniers articles ici même, la réflexion sur le travail peut difficilement être tout à fait séparée de la dimension économique, parce que le travail étant nécessairement spécialisé, son produit fait l’objet d’échanges qui, peu à peu, provoquent des gains divers, engendrant des richesses inégales. Quand le travail devient lui-même une marchandise, et qu’on comprend qu’il est bon que certains soient si proches de la misère qu’ils n’auront d’autre choix que d’accepter de

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Photosynthèse

L’allégorie de la caverne apparaît ccomme une telle évidence qu’on en viendrait presque à ne plus l’étudier en cours, considérant que ce texte est trop proche du B.A.BA philosophique, craignant aussi que son caractère narratif empêche les élèves de s’élever jusqu’aux concepts. Crainte étrange, car c’est un peu comme si on se disait que, demeurant à une altitude trop basse, les pistes de décollage empêchent les avions de voler. On a déjà proposé dans ces colonnes quelques lectures de cet

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