Revenu de tout

Certains,  parmi ceux qui ont déjà abordé en cours de terminale la notion du travail, ont peut-être remarqué que, pour une fois, les débats politiques suscités par la campagne présidentielle qui s’installe doucement font un peu écho aux éléments de réflexion qu’on tente de mettre en place quand on aborde cette épineuse question du travail.  Épineuse, car, en gros, tout en cherchant à échapper à l’effort qu’il réclame, on cherche cependant à en augmenter le fruit, c’est à dire le revenu.

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Il fait un temps à mettre une petite laine

Puisque décidément nous n’avons pas souvent cours ces jours ci, voici de nouveau de quoi alimenter un peu la réflexion, à propos de problèmes que nous avons traité un peu plus tôt dans l’année. Ce qui suit permettra aussi à ceux qui, quotidiennement, se demandent à quoi sert ce qu’ils font, à ceux qui souffrent parfois ou souvent, du sentiment que leur action, au boulot, est absurde, que c’est quelque chose qu’ils font parce qu’il faut bien « vivre », ce qui

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La grande classe laborieuse

On est habitué à voir la figure du travailleur peinte par le cinéma et la littérature. L’usine est un magnifique studio, sans doute parce que le cinéma est lui-même une machine, et la mine, peut-être parce qu’on en extrait le graphite dont on fait les crayons, demeure un haut-lieu de l’imaginaire littéraire. Pourtant, un autre art s’est fait, plus encore peut-être, compagnon du travailleur : la chanson. Parce qu’elle est le porte-voix des luttes sociales, parce que la protest-song est

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Grâce au chômage, ce n’est pas le travail qui manque

Parce que le travail ne se réduit pas à l’emploi, parce que l’emploi n’est même pas une sous-catégorie du travail, il n’est pas nécessairement contradictoire de considérer qu’une forte hausse de l’emploi puisse être non seulement le corollaire mais même la condition de l’apparition d’un travail plus essentiel, puisque non contraint. Car, justement, la confusion entre travail et emploi est idéologique, elle a pour objectif de faire croire que le travail est par essence une contrainte, ce qu’il n’est pourtant

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Touche pas à mon poste de travail

  Il faut toujours prendre les titres au sérieux. Quand une émission s’intitule Touche pas à mon poste, il faut le prendre comme un avertissement. De fait, si on s’aventure en classe à relativiser un tant soit peu l’importance que peut avoir cette émission pour la culture de l’humanité, on soulève chez bon nombre d’élèves (au hasard, ceux qui regardent) des vagues d’indignation. L’émission aurait des vertus secrètes qu’au-delà d’un certain âge on ne serait plus capable de discerner. Alors, évidemment,

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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Manuel de savoir-travailler

  S’il y a une malentendu à propos du travail, c’est parce que ce concept est, le plus souvent volontairement, mal délimité. A cause de cette ambiguïté entretenue, on pense que le produit du travail est l’argent, on est convaincu que la vie ne nous appartient pas a priori, et qu’il faut la gagner, les élèves ne travaillent pour certains que pour « la note », qui est envisagée comme un salaire.  Ainsi, si on veut mettre des mots précis sur cette confusion,

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Faire quelque chose « dans la vie » ? Ou bien faire quelque chose de sa vie ?

  En 1996, dans celui de ses livres qui porte, peut-être, le plus beau titre, Nous qui désirons sans fin, Raoul Vaneigem, propose, comme souvent le font les situationnistes, de régler son compte au travail, et de le congédier. Pourquoi ? On va le voir, parce que Vaneigem fait ce choix conceptuel d’appeler « travail » cette activité absolument contrainte qu’il oppose frontalement, ici, à cette autre activité consistant à créer. On pourrait objecter qu’il faut bien vivre, que certaines choses doivent bien

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Sur le tas

Jusqu’au 12 septembre se tient, dans la galerie se trouvant au sous-sol du Centre Georges Pompidou de Paris, une exposition retraçant les grandes lignes du travail photographique de Louis Stettner (https://www.centrepompidou.fr). Il n’est peut-être pas le photographe le plus connu, et pourtant ceux qui s’adonnent aujourd’hui à la photographie auraient tout intérêt à rencontrer son oeuvre, tout particulièrement ceux qui se spécialisent dans le portrait, et plus encore ceux qui pratiquent la « street-photography » (qu’on pourra se permettre d’appeler « photographie de rue »),

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C’est pas du travail (mise à jour)

C’est entendu, le travail est une pratique particulièrement désagréable, dont on apprécie les résultats, mais dont on se passerait volontiers de la phase d’éxécution, toujours pénible. Bien sûr, si nous travaillons, c’est qu’il y a une forme de réalisation personnelle dans cette activité, qui va sans doute au delà du simple moyen de se procurer le nécessaire, puisque nous travaillons bien au-delà de la stricte contrainte de la survie. Pour autant, pour contrer les théories glorifiant le travail comme le

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