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Eurythmics

  Il y a quelque chose de curieux à faire du film de Chaplin, Les Temps modernes, une référence automatique dans les dissertations portant sur le travail. Qu’un film qui envoie le personnage de Charlot à l’usine comme on verserait du sable dans les rouges des mécanismes d’une horloge, fasse à son tour l’objet d’une telle mécanique argumentative, ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Et à vrai dire, si cette illustration est encore possible, c’est qu’elle n’en est

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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Se faire avoir

  Il y a, dans le célèbre texte que Marx consacre au travail aliéné, une phrase un peu énigmatique, qui dit ceci : « Travail forcé, il n’est pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail » ( Manuscrits de 1844 ). De quoi s’agit-il ? D’un travail qui n’est pas effectué en vue d’obtenir ce qu’on y fait, une activité qui n’est qu’un intermédiaire pour obtenir, au-delà de ce qui est fait,

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A la même enseigne

  Il est bon que les élèves puissent constater que les problèmes que nous traitons avec eux sont les mêmes problèmes que ceux auxquels nous autres, leurs professeurs nous confrontons. Dans cette discipline, tout le monde est à la même enseigne. Si, lors de la session de juin, on proposait aux candidats au baccalauréat de composer sur le sujet « Travailler moins, est-ce vivre mieux ? », et si quelques dizaines d’élèves cheminent en ma compagnie depuis quelques heures sur les chemins sinueux

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Manuel de savoir-travailler

  S’il y a une malentendu à propos du travail, c’est parce que ce concept est, le plus souvent volontairement, mal délimité. A cause de cette ambiguïté entretenue, on pense que le produit du travail est l’argent, on est convaincu que la vie ne nous appartient pas a priori, et qu’il faut la gagner, les élèves ne travaillent pour certains que pour « la note », qui est envisagée comme un salaire.  Ainsi, si on veut mettre des mots précis sur cette confusion,

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Faire quelque chose « dans la vie » ? Ou bien faire quelque chose de sa vie ?

  En 1996, dans celui de ses livres qui porte, peut-être, le plus beau titre, Nous qui désirons sans fin, Raoul Vaneigem, propose, comme souvent le font les situationnistes, de régler son compte au travail, et de le congédier. Pourquoi ? On va le voir, parce que Vaneigem fait ce choix conceptuel d’appeler « travail » cette activité absolument contrainte qu’il oppose frontalement, ici, à cette autre activité consistant à créer. On pourrait objecter qu’il faut bien vivre, que certaines choses doivent bien

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En passant

  Puisque j’ai évoqué Louis Stettner dans l’article précédent, en évoquant l’exposition qui lui est consacrée au Centre Beaubourg (Louis Stettner, Ici ou ailleurs), et puisque son oeuvre est vraiment passionnante, profitons-en pour partager autre chose, bien que ce ne soit pas directement lié à la question du travail.  Un des paradoxes de ce photographe, c’est qu’il n’a, à ma connaissance, jamais délaissé la photographie argentique, et n’a pas cédé à la tentation de la photographie numérique. D’ailleurs, l’exposition précisait

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Sur le tas

Jusqu’au 12 septembre se tient, dans la galerie se trouvant au sous-sol du Centre Georges Pompidou de Paris, une exposition retraçant les grandes lignes du travail photographique de Louis Stettner (https://www.centrepompidou.fr). Il n’est peut-être pas le photographe le plus connu, et pourtant ceux qui s’adonnent aujourd’hui à la photographie auraient tout intérêt à rencontrer son oeuvre, tout particulièrement ceux qui se spécialisent dans le portrait, et plus encore ceux qui pratiquent la « street-photography » (qu’on pourra se permettre d’appeler « photographie de rue »),

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Rewind

En 1963, Jacques Demy ouvre son second film, La Baie des anges, sur une femme marchant sur la Promenade des anglais. Le regard de la caméra s’en éloigne aussitôt, instaurant avec elle la distance que le héros du film ne cessera, dès lors, de parcourir à l’endroit, le mouvement initial du cinématographe faisant, lui, le chemin à l’envers. C’est donc un travelling arrière qui ouvre La Baie des anges. Comme si on pouvait remonter le temps. Toute image porte en elle

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In extremis

On le sait, la plupart s’y prennent au dernier moment. On n’est pas certain que ce soit une très bonne idée, mais bon, une journée c’est court et long à la fois, et on peut apprendre ou saisir des choses, parfois, en très peu de temps, pour peu que la pression ne fasse pas perdre tous ses moyens. Si on a déjà l’habitude de penser, et si on a intégré quelques concepts pendant l’année, ce qui suit peut être un

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