Touche pas à mon poste de travail

  Il faut toujours prendre les titres au sérieux. Quand une émission s’intitule Touche pas à mon poste, il faut le prendre comme un avertissement. De fait, si on s’aventure en classe à relativiser un tant soit peu l’importance que peut avoir cette émission pour la culture de l’humanité, on soulève chez bon nombre d’élèves (au hasard, ceux qui regardent) des vagues d’indignation. L’émission aurait des vertus secrètes qu’au-delà d’un certain âge on ne serait plus capable de discerner. Alors, évidemment,

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Eurythmics

  Il y a quelque chose de curieux à faire du film de Chaplin, Les Temps modernes, une référence automatique dans les dissertations portant sur le travail. Qu’un film qui envoie le personnage de Charlot à l’usine comme on verserait du sable dans les rouges des mécanismes d’une horloge, fasse à son tour l’objet d’une telle mécanique argumentative, ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Et à vrai dire, si cette illustration est encore possible, c’est qu’elle n’en est

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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Manuel de savoir-travailler

  S’il y a une malentendu à propos du travail, c’est parce que ce concept est, le plus souvent volontairement, mal délimité. A cause de cette ambiguïté entretenue, on pense que le produit du travail est l’argent, on est convaincu que la vie ne nous appartient pas a priori, et qu’il faut la gagner, les élèves ne travaillent pour certains que pour « la note », qui est envisagée comme un salaire.  Ainsi, si on veut mettre des mots précis sur cette confusion,

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En passant

  Puisque j’ai évoqué Louis Stettner dans l’article précédent, en évoquant l’exposition qui lui est consacrée au Centre Beaubourg (Louis Stettner, Ici ou ailleurs), et puisque son oeuvre est vraiment passionnante, profitons-en pour partager autre chose, bien que ce ne soit pas directement lié à la question du travail.  Un des paradoxes de ce photographe, c’est qu’il n’a, à ma connaissance, jamais délaissé la photographie argentique, et n’a pas cédé à la tentation de la photographie numérique. D’ailleurs, l’exposition précisait

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Sur le tas

Jusqu’au 12 septembre se tient, dans la galerie se trouvant au sous-sol du Centre Georges Pompidou de Paris, une exposition retraçant les grandes lignes du travail photographique de Louis Stettner (https://www.centrepompidou.fr). Il n’est peut-être pas le photographe le plus connu, et pourtant ceux qui s’adonnent aujourd’hui à la photographie auraient tout intérêt à rencontrer son oeuvre, tout particulièrement ceux qui se spécialisent dans le portrait, et plus encore ceux qui pratiquent la « street-photography » (qu’on pourra se permettre d’appeler « photographie de rue »),

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Rewind

En 1963, Jacques Demy ouvre son second film, La Baie des anges, sur une femme marchant sur la Promenade des anglais. Le regard de la caméra s’en éloigne aussitôt, instaurant avec elle la distance que le héros du film ne cessera, dès lors, de parcourir à l’endroit, le mouvement initial du cinématographe faisant, lui, le chemin à l’envers. C’est donc un travelling arrière qui ouvre La Baie des anges. Comme si on pouvait remonter le temps. Toute image porte en elle

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One shot

Dans l’extrait de Ecologica que j’ai évoqué ces derniers jours, André Gorz cite cet autre ouvrage, dont il est l’auteur, Le Traitre. Aussi ai-je eu la curiosité de plonger un peu dedans ce week-end, dans une lecture un peu trop diagonale, sur laquelle il faudra que je revienne plus posément. Les dernières pages proposent sur le travail un regard assez différent de celui qui a été le nôtre ces derniers temps. Son propos peut semble au premier abord un peu obscur. L’analyse

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Désirer sans faim

On peut en parcourir, en vingt minutes, des territoires de la pensée. La durée télévisuelle n’est pas tout à fait la même que celle que nous connaissons en cours. Le talent de cette émission, c’est de rendre vivante une pensée qui, au moment où elle est mise en scène, n’est plus en mouvement. C’est d’ailleurs une bonne manière de comprendre ce qu’est une dissertation, ou un dialogue platonicien : c’est une mise en scène d’une pensée qui a déjà eu

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Alors on danse

Profitons de l’actuelle réflexion que nous menons, en cours, sur le désir. On sent bien, peu à peu, qu’on va en venir à cette alternative : soit on voit dans le désir une puissance qui suinte de notre être comme une sueur, une moiteur intime certes, mais étrangère aussi et dès lors dérangeante; soit on considère le désir comme ce mouvement initié au plus profond de son être, tellement proche de notre racine qu’on serait capable de ne pas s’y reconnaître, à

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