Better have my money

  Supposons : C’est le jour J, vous n’avez pas les idées très claires, vous êtes ce genre de candidat que le simple  fait d’être assis derrière une table d’examen rend amnésique, et vous devez traiter  le sujet « Que gagnons-nous à travailler ? ». La seule chose qui vous vienne en tête, c’est cette série dont vous avez regardé les cinq saisons, Breaking Bad, et vous vous dîtes, « après tout, pourquoi pas ? ». On dira dans un autre article pourquoi il

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La grande classe laborieuse

On est habitué à voir la figure du travailleur peinte par le cinéma et la littérature. L’usine est un magnifique studio, sans doute parce que le cinéma est lui-même une machine, et la mine, peut-être parce qu’on en extrait le graphite dont on fait les crayons, demeure un haut-lieu de l’imaginaire littéraire. Pourtant, un autre art s’est fait, plus encore peut-être, compagnon du travailleur : la chanson. Parce qu’elle est le porte-voix des luttes sociales, parce que la protest-song est

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Grâce au chômage, ce n’est pas le travail qui manque

Parce que le travail ne se réduit pas à l’emploi, parce que l’emploi n’est même pas une sous-catégorie du travail, il n’est pas nécessairement contradictoire de considérer qu’une forte hausse de l’emploi puisse être non seulement le corollaire mais même la condition de l’apparition d’un travail plus essentiel, puisque non contraint. Car, justement, la confusion entre travail et emploi est idéologique, elle a pour objectif de faire croire que le travail est par essence une contrainte, ce qu’il n’est pourtant

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Touche pas à mon poste de travail

  Il faut toujours prendre les titres au sérieux. Quand une émission s’intitule Touche pas à mon poste, il faut le prendre comme un avertissement. De fait, si on s’aventure en classe à relativiser un tant soit peu l’importance que peut avoir cette émission pour la culture de l’humanité, on soulève chez bon nombre d’élèves (au hasard, ceux qui regardent) des vagues d’indignation. L’émission aurait des vertus secrètes qu’au-delà d’un certain âge on ne serait plus capable de discerner. Alors, évidemment,

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Eurythmics

  Il y a quelque chose de curieux à faire du film de Chaplin, Les Temps modernes, une référence automatique dans les dissertations portant sur le travail. Qu’un film qui envoie le personnage de Charlot à l’usine comme on verserait du sable dans les rouges des mécanismes d’une horloge, fasse à son tour l’objet d’une telle mécanique argumentative, ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Et à vrai dire, si cette illustration est encore possible, c’est qu’elle n’en est

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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Manuel de savoir-travailler

  S’il y a une malentendu à propos du travail, c’est parce que ce concept est, le plus souvent volontairement, mal délimité. A cause de cette ambiguïté entretenue, on pense que le produit du travail est l’argent, on est convaincu que la vie ne nous appartient pas a priori, et qu’il faut la gagner, les élèves ne travaillent pour certains que pour « la note », qui est envisagée comme un salaire.  Ainsi, si on veut mettre des mots précis sur cette confusion,

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En passant

  Puisque j’ai évoqué Louis Stettner dans l’article précédent, en évoquant l’exposition qui lui est consacrée au Centre Beaubourg (Louis Stettner, Ici ou ailleurs), et puisque son oeuvre est vraiment passionnante, profitons-en pour partager autre chose, bien que ce ne soit pas directement lié à la question du travail.  Un des paradoxes de ce photographe, c’est qu’il n’a, à ma connaissance, jamais délaissé la photographie argentique, et n’a pas cédé à la tentation de la photographie numérique. D’ailleurs, l’exposition précisait

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Sur le tas

Jusqu’au 12 septembre se tient, dans la galerie se trouvant au sous-sol du Centre Georges Pompidou de Paris, une exposition retraçant les grandes lignes du travail photographique de Louis Stettner (https://www.centrepompidou.fr). Il n’est peut-être pas le photographe le plus connu, et pourtant ceux qui s’adonnent aujourd’hui à la photographie auraient tout intérêt à rencontrer son oeuvre, tout particulièrement ceux qui se spécialisent dans le portrait, et plus encore ceux qui pratiquent la « street-photography » (qu’on pourra se permettre d’appeler « photographie de rue »),

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Rewind

En 1963, Jacques Demy ouvre son second film, La Baie des anges, sur une femme marchant sur la Promenade des anglais. Le regard de la caméra s’en éloigne aussitôt, instaurant avec elle la distance que le héros du film ne cessera, dès lors, de parcourir à l’endroit, le mouvement initial du cinématographe faisant, lui, le chemin à l’envers. C’est donc un travelling arrière qui ouvre La Baie des anges. Comme si on pouvait remonter le temps. Toute image porte en elle

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