Touche pas à mon poste de travail

  Il faut toujours prendre les titres au sérieux. Quand une émission s’intitule Touche pas à mon poste, il faut le prendre comme un avertissement. De fait, si on s’aventure en classe à relativiser un tant soit peu l’importance que peut avoir cette émission pour la culture de l’humanité, on soulève chez bon nombre d’élèves (au hasard, ceux qui regardent) des vagues d’indignation. L’émission aurait des vertus secrètes qu’au-delà d’un certain âge on ne serait plus capable de discerner. Alors, évidemment,

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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In extremis

On le sait, la plupart s’y prennent au dernier moment. On n’est pas certain que ce soit une très bonne idée, mais bon, une journée c’est court et long à la fois, et on peut apprendre ou saisir des choses, parfois, en très peu de temps, pour peu que la pression ne fasse pas perdre tous ses moyens. Si on a déjà l’habitude de penser, et si on a intégré quelques concepts pendant l’année, ce qui suit peut être un

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à la lettre

« Les livres sont de grosses lettres adressées aux amis. » Peter Sloterdijk; Règles pour le parc humain C’est sans doute un des conseils méthodologiques les moins pris au sérieux. Et pourtant, il est peut-être à la racine de tous les autres, qui n’ont de sens que si ce premier conseil est respecté, à la lettre. On n’écrit pas pour ne pas être lu. On n’écrit pas pour personne; et si on écrit peut-être pour savoir ce qu’on pense (et non pas

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One shot

Dans l’extrait de Ecologica que j’ai évoqué ces derniers jours, André Gorz cite cet autre ouvrage, dont il est l’auteur, Le Traitre. Aussi ai-je eu la curiosité de plonger un peu dedans ce week-end, dans une lecture un peu trop diagonale, sur laquelle il faudra que je revienne plus posément. Les dernières pages proposent sur le travail un regard assez différent de celui qui a été le nôtre ces derniers temps. Son propos peut semble au premier abord un peu obscur. L’analyse

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Alors on danse

Profitons de l’actuelle réflexion que nous menons, en cours, sur le désir. On sent bien, peu à peu, qu’on va en venir à cette alternative : soit on voit dans le désir une puissance qui suinte de notre être comme une sueur, une moiteur intime certes, mais étrangère aussi et dès lors dérangeante; soit on considère le désir comme ce mouvement initié au plus profond de son être, tellement proche de notre racine qu’on serait capable de ne pas s’y reconnaître, à

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Outre-ronde

« A blonde belief beyond, beyond, beyond,  No return, no return » David Bowie, I’m deranged « Look up here, I’m in heaven » David Bowie, Lazarus « L’art est un anti-destin » André Malraux En 2006, alors que Johnny Cash sortait Hurt, reprise crépusculaire, selon son propre style,  d’une chanson carrément nocturne de Nine Inch Nails, on avait publié un texte qu’on va reprendre ici, un peu modifié aujourd’hui, pour accompagner la façon dont David Bowie a, à son tour, envoyé au monde l’écho anticipé de sa

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Photosynthèse

L’allégorie de la caverne apparaît ccomme une telle évidence qu’on en viendrait presque à ne plus l’étudier en cours, considérant que ce texte est trop proche du B.A.BA philosophique, craignant aussi que son caractère narratif empêche les élèves de s’élever jusqu’aux concepts. Crainte étrange, car c’est un peu comme si on se disait que, demeurant à une altitude trop basse, les pistes de décollage empêchent les avions de voler. On a déjà proposé dans ces colonnes quelques lectures de cet

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Prendre fait et cause

On poursuit notre promenade dans les sujets de Pondichéry avec cet intéressant, mais exigeant, texte de Francis Bacon, qui va nous fournir l’occasion de réviser quelques connaissances d’épistémologie, sous un angle nouveau. Les consignes du baccalauréat sont claires : on n’est pas censé connaître la pensée de l’auteur du texte qu’on va expliquer. C’est le texte lui-même, et lui seul, qu’il s’agit d’expliquer. En revanche, mieux vaut connaître les références plus ou moins implicites qu’on croise dans le texte lui-même.

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