Silent Night

  Si aujourd’hui on débat de l’opportunité de présenter des crèches de Noël dans les mairies, en 1951, le débat est ailleurs, et prend des formes un peu plus spectaculaires : c’est au Père Noël qu’on s’en prend, parce que l’Eglise voit en cette figure une sorte de fausse divinité qui fait concurrence au véritable esprit de Noël, censé être incarné par l’enfant Jésus. Ainsi, pour mieux édifier les consciences, les autorités religieuses, catholiques en l’occurrence, organisent avec les enfants

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A dangerous method

Un petit passage croisé dans la biographie de Jacques Derrida, écrite par Benoît Peeters. On est en 1955, Derrida est élève à Normale Sup’. On sait ce que c’est que les grandes écoles, quand on donne à ses professeurs les signes d’une aptitude à la pensée hors du commun : les cours n’y sont que la part émergée d’un iceberg intellectuel dont l’essentiel n’est pas proposé à tous. Ainsi, Maurice de Gandillac, un des professeurs de Derrida, l’invite aux réceptions

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Negan

Finalement, il se passe dans The Walking Dead un peu ce qui s’est peu à peu passé dans le western : peu à peu, l’ennemi se fait plus proche. Si au départ, pour les colons, l’ennemi c’était les indiens, peu à peu, ceux-ci disparaissent du paysage, pour ne laisser parfois d’eux-mêmes que quelques vestiges ou un souvenir des temps sauvages (Dans L’Homme qui tua Liberty Valance, à Capitol City, Peabody évoque en termes peu valorisants les indiens comme un équivalent

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Better have my money

  Supposons : C’est le jour J, vous n’avez pas les idées très claires, vous êtes ce genre de candidat que le simple  fait d’être assis derrière une table d’examen rend amnésique, et vous devez traiter  le sujet « Que gagnons-nous à travailler ? ». La seule chose qui vous vienne en tête, c’est cette série dont vous avez regardé les cinq saisons, Breaking Bad, et vous vous dîtes, « après tout, pourquoi pas ? ». On dira dans un autre article pourquoi il

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Touche pas à mon poste de travail

  Il faut toujours prendre les titres au sérieux. Quand une émission s’intitule Touche pas à mon poste, il faut le prendre comme un avertissement. De fait, si on s’aventure en classe à relativiser un tant soit peu l’importance que peut avoir cette émission pour la culture de l’humanité, on soulève chez bon nombre d’élèves (au hasard, ceux qui regardent) des vagues d’indignation. L’émission aurait des vertus secrètes qu’au-delà d’un certain âge on ne serait plus capable de discerner. Alors, évidemment,

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Les travailleurs de l’amer

  Pour compléter l’article précédent, puisque certains des lecteurs de ces lignes pourraient ne pas faire partie d’une de mes classes cette année, et appartenir en revanche à cette masse considérable, à cette multitude d’employés qui, quotidiennement, ont le sentiment de perdre leur vie à la gagner, se préparent chaque matin en se demandant s’il est digne de se plaindre de devoir se lever pour aller au boulot quand tant de personnes, elles, n’ont pas dormi de la nuit parce

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In extremis

On le sait, la plupart s’y prennent au dernier moment. On n’est pas certain que ce soit une très bonne idée, mais bon, une journée c’est court et long à la fois, et on peut apprendre ou saisir des choses, parfois, en très peu de temps, pour peu que la pression ne fasse pas perdre tous ses moyens. Si on a déjà l’habitude de penser, et si on a intégré quelques concepts pendant l’année, ce qui suit peut être un

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à la lettre

« Les livres sont de grosses lettres adressées aux amis. » Peter Sloterdijk; Règles pour le parc humain C’est sans doute un des conseils méthodologiques les moins pris au sérieux. Et pourtant, il est peut-être à la racine de tous les autres, qui n’ont de sens que si ce premier conseil est respecté, à la lettre. On n’écrit pas pour ne pas être lu. On n’écrit pas pour personne; et si on écrit peut-être pour savoir ce qu’on pense (et non pas

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One shot

Dans l’extrait de Ecologica que j’ai évoqué ces derniers jours, André Gorz cite cet autre ouvrage, dont il est l’auteur, Le Traitre. Aussi ai-je eu la curiosité de plonger un peu dedans ce week-end, dans une lecture un peu trop diagonale, sur laquelle il faudra que je revienne plus posément. Les dernières pages proposent sur le travail un regard assez différent de celui qui a été le nôtre ces derniers temps. Son propos peut semble au premier abord un peu obscur. L’analyse

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Alors on danse

Profitons de l’actuelle réflexion que nous menons, en cours, sur le désir. On sent bien, peu à peu, qu’on va en venir à cette alternative : soit on voit dans le désir une puissance qui suinte de notre être comme une sueur, une moiteur intime certes, mais étrangère aussi et dès lors dérangeante; soit on considère le désir comme ce mouvement initié au plus profond de son être, tellement proche de notre racine qu’on serait capable de ne pas s’y reconnaître, à

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